POÉSIE DESCRIPTIVE
sont représentées, dépeintes ou décrites, telles qu'elles s'offrent ordinairement à nos regards. Un pareil sujet de représentation n'appartient, absolument parlant, qu'à un côté de l'art. Or ce côté, qui est celui de la réalité extérieure, n'a droit d'apparaître dans l'art que comme manifestation de l'esprit, ou comme théâtre de son développement, destiné à recevoir des personnages, mais non pour son propre compte, comme simple réalité extérieure séparée de l'élément spirituel.
La poésie descriptive offre plus d'intérêt lorsqu'elle fait accompagner ses tableaux de l'expression des sentiments que peuvent exciter le spectacle de la nature, la succession des heures du jour et des saisons de l'année, ou une colline couverte de bois, un lac, un ruisseau qui murmure, un cimetière, un village agréablement situé, une paisible chaumière. Elle admet aussi, comme le poème didactique, des épisodes qui lui donnent une forme plus animée, particulièrement lorsqu'elle dépeint les sentiments et les émotions de l'âme, une douce mélancolie ou de petits incidents empruntés à la vie humaine dans les sphères inférieures de l'existence. Mais cette combinaison des sentiments de l'âme avec la description des formes extérieures de la nature peut encore être ici tout à fait superficielle ; car les scènes de la nature conservent leur existence propre et indépendante. L'homme, en présence de ce spectacle, éprouve, il est vrai, tel ou tel sentiment ; mais entre ces objets et sa sensibilité, s'il y a sympathie, il n'y a pas une union, une pénétration intimes. Ainsi, lorsque je jouis d'un clair de
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Wné, lorsquQ je contemple les bois, les vallées, les cam« peignes, je ne suis pas alors Finterprète enthousiaste de la nature ; je sens seulement une v^ague harmonie entre la disposition intérieure où me jette ce spectacle, et l'en-' semble des objets que j'ai sous les yeux. Pour nous aû-r tres Allemands, cette forme de poésie a toujours , été notre genre de prédilection. Nous aimons extrêmement les 46seriptions de la nature, où chacun prend occasioi^ en même temps d'exprimer tout ce que de pareille^ scènes font naître daiis son âme de.bëaux sentiments et de jouissances délicieuses. C'est là un chemin battu de lia foule- ejt où tout le monde peut entrer; ce caractère est même celui cpii*. domine dans plusieurs odes de KJc^tock- ; • : ; .
IHU -:: lie U Fftiilë*
La fable' est la .'descrij^on d'une scène de la xteir toie, prise Gommésymbok^^ exprime une idée géné^ rfide -dans le cerclé de la vie et de la conduite Jiu-? rû^inékf et -d'où J'on tire utie leçbh morale", un pré* cepfe dj^ sagesse pratiqué.îd, ce n'eè^tpas,^^^ jaiâiUeJi^ïthologique, fe volonté divine ^ui semanifestè à l'hotoînè ^ar des signes naturels et leur jsens rel W giéùk i îê'esi. "une ' miçêessiôn. ordinafre de . phénomènes d'ôùie^l^e-ibstçâire;/^ loçt hu^kiile et
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totite rationnelle, un principe moral, un avertissement, ufteleoori;^ 4ine règle de prudence, et qui/ à cause de cète, nous est proposée et mise sous les yeux. . Telle ]est la place que nous devons donner ici au genre de fables auquel Ésope en particulier a donné son nom. La fable ésopiquè, en effet, dans sa form.e primitive, est une semblable conception. Elle naît de Toïsërvation d'un rapport entre un fait; un événement pris dans la nature, particulièrentrent dans te règne animalVet un fait anjilogue de la vie htimaijie. Ce rapport, saisi dans son caractère général, acquiert iin sens/une signification pburrhômîïié. * *.'...
' Ccinfôfmémént S ce principeVla Vraie fable ésopîque est la représentatiofv d'une* sbène' dé fa nature înahimée ou animée, d'un acqdejït dé la vie des animault , qui n est pas inventé, à plaisir, mais recliieilli. avec son caractère original et vraiy.par une o.bservation fidèle; et, • e'ùsuitpj ce fait est raconté dé tellesorte-que, niis..en rapport avec là- vie humaine et son 'côté pratique^' la prudence eu4ijc*e uaë rèjgle^deçoflduite et/une- leijbn'mo-
ïjà j^remièré condition $ exiger', é'est'qUe te faU' determîriiê[,' qui doit fournir .ce' qu*bâ appelle l.à rhoraié] ^tie soii pas imaginé à plaisir, et surtout dao&unçenstfpposé à'k-mânièfe dont" de pareils* incidiBh^^ se pâssèn^t réel-letoàent'dans^la nature. ' • • ^'. • - .' ' : '
'En sécoiîd lieu, lé récif doit l'apporter le fait, non dans:sa àeiîéralîté, niais! avec* -sQ'n èaractèré d^'divjdualil^, icomtne évéhemènt réeiéthètoriquê, ce qlii tr^Qîii-'
DE JLA FABLE. iAt
pêche pas qu'il ne soit pris pour type de tout événetneot tlu mêine genre. . • '
Cett0 fofme primitive de la fable lui donne pour caractère la plus grande naïveté, parce que le but didactique, lé développement d'idées générales, utiles tf apparais que tardivement, et non comme quelque chose de prémédité, de cherché de longue main*. Aussi, parmi les fables attribuées à Ësope, celles qui. offrent le plus d'attrait sont celles qui présentent les caractères précédents. Mais, il est facile de s'apercevoir que le fabula doeet ôte déjà de la vie au tableau et îè rend plus pâle ; ou bien alors là morale est si peu :d'acèord avec la fable, que, sQuyent, elle en est le contré-pîéd; quelquefois pu peut tirer plusieurs lé'çQns meilleures que celle qui. esjt donnée. . '
• Quelques execo^ples serviront à éclaircir cette définition dérla fahlè ésopéenne.
Ité. Chêne et le Roseau, isbnt assaillis par rerage; le faible -roséaupliej le chêne robuste eét bri«é : c'est une chûsie qui s'est offerte très-souvent à nos yeiixj pendant un- orage, violeui.' Au; point de vue mopal,\c'est un homme fier, inflexible, en présence d'un autre homiùe d'un.e.' condition humble, qui sait se conserver,. par sou habileté, dans des raptw)rts de subordinatioii ;. tandis queràutre* par sOn opiniâtreté, est entraîné à sa perte. Il en estdQ même de la fable de /'jBKrQwiicIfe, conservée par Phèdiik Les^hîroridèHes voient, a vfeo lè^ autres èiseanx, un lâbourepr semer- là gràihè dii chanvre, avec lequel on* fera, plus^ taf d^ dés filets .pour Içs prendre*