DE LA FABLE
Les prévoyaniea hirondelles quittent la contrée, les autres oiseaux iie veulent pas suivre leur exemple : inspuciants, ils restent et tombent dans les filets. Ici, encore, un phénomèiie réel, emprunté à la nature, est donné comme principe de la fable. On sait; que les hirondelles, en automine, parlent pour les régions du sud, et, par conséquent, ne se trouvent plus dan» le même pays à l'époque où l'on prend.les oiseaux. On peut en dire autant nie la .fable delà Chauve-souris. qwie&t méprisée le jour et ia nuity parce qu'elle n'appartient ni au jour ni à îa nuit. On prête un sens général à de pareils incidents- prosaïques en eui^-mêmes, quand on en fait l'application k la vie humaine. C'est ainsi qu^ il y .à de^ bravos ^ens qui savent tirer de tout ce qiie leur offre le spectacle de la nature des leçons édifiantes ; mais là, il n'est pas nécessaire que Iç phénomène naturel proprement dit saute, pour ain^i.dire, aux yeu^. Par exemple, dans la îable^xi Renard et du Corbeau^ \e fait réeln'est piaô facile à réconnaître .au prenaier cdup d'&iij quoiqu'il jie soit pas hors de toutB. vraisemblance. JLes corbeaux et leç corneilles x)nt -coutume de pous^r un croassenienty loisqu'ite aperçoivent. quelque objet étranger, un tiomme, ou uiianimdv.Unaimreille.aïmibgîese trouve dans la fable de rÉptne'qm arrache de la jine aux passants^ ou blesse ïe renard qui^ cjierche ^n elle un aj^ri; dans celle du Paysan qm réchaûfife une (7oi*fetttn^e.dâû&son sein. D'autres rèpi'éseiatent .d»- incidents qui-pfeuvent bien, en effet, se çeûcontrer dans Jà vie des ànhnaux : ^anjme dans la preipiète.fjibrle d'Ésope,.^ o^
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fiéïjjffe jénlèvô les petits du reitard eteinpôrte, avec un moBcéau de viande dérobé au sacrifice , un charboti arden l q[ui met le feu à son nidj etc. D'autres enfin renferment des traits 'd« ^ancienne mythologie, comme Içi fable de VEscaripiy de V Aigle et de JupUer. Ici, la circonstance vraie ou non, empruntée à l'histoire naturelle, savoir : la . différence du temps de la ponte de l'aigle et de celle de l'escarbot, appâtait aussi bien que lïmpôrtance traditionnelle du scarabée. ;^ et le vieux symbole est. déjà présenté sous une forme con^ique, comme il le fut plus tard bien plus encore par Aristophane. Combien de ces fables appartiennent à Ésope lui-même , c'est ce qu'il est impossible de déterminer. On sait seulement qu'un petit nombre, celle de l'aigle et de l'escarbot, par exemple, sont ésopéénnes, ou que, du moins, elles sont assez anciennes pour pouvoir être attpibuéeç à Ésope. .
Quant à ce persotnnage lui-même, on raconte qne c'était un esclave difforme et bossu. Il vivait, dit-on, en Phpygie,^ans une contrée qui marqué la transition du symbolisme réel, <ï' est-à-dire d'un état Où l'homnic est encore rétenu dans les liens de la nature, à une cîvilisation^plus avancée ou l'homme commence à comprendre la liberté de Tesprit et ^ l'apprécier. Aussi, loin dé ressembler aux Indiens et aux Égyptiens, qui regardent comme quelque chose d'élefvé et de divin tout ce qui appartient au règne animal et à la nature en gébéralj^^ te fabuliste consiçi^ère toutes ces chpsé& avec dea yeux pFol^aiques^ Il n'yToit que des phéno-
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mènes dont l'analogie avec ceux du monde moral sert uniquement à Féclairer sur la conduite qu'il doit, tenir. Toutefois, ses idées ne sont que des traits d'esprity sans énergie ni profondeur^ sans inspiration^ sans poésie ni philosophie. Ses réflexions et ses enseignements sont pleins de sens et de sagesse ; mais ils ont quelque chose de recherché et d* étroit. Ce ne sont pas les'créations libres d*un esprit qui se déploie librement : il se borne à saisir dans l«s faits que lui fournit ellemême Ja nature, dans les instincts et les mœurs des animaux, dans dé petits incidents journaliers , quelque côté immédiatement applicable à la vie humaine, parce qu'il n'ose pas exposer ouvertement la leçon, en elle-même. II se contente de la voiler, de la donner à i^tendre ;.c'est comme une énigme qui serait toujours accompagnée de sa solution. La prose. commence dws la bouche d'un esclave ; aussi le genre tout entier est prosaïque.
Néanmoins, ces anciennes productions deFesprit humain ont parcouru presque tous les âges et tous les peuples; et quel que soit le nombre des fabulistes dont puisse se vanter une nation qui possède la fable dans sa^ littérature^ ces poésies rie sont, pour la plupart, que des reproductions des premières fables traduites seulement dans le goût de chaque époque .Ce ,que les fabulistes ont ajouté à la souche héréditaire et ce qui peut être considéré comme de leur invention est resté bien en arrière des conceptions originales. "*
Parmi les fables ésopéenn'es, nous en trouvons heâa-