MÉTAMORPHOSES
ble de^n emblème ; car l'esprit ne peut encore se dégager ici de la forme naturelle. Les métamorphoses, au contraire, font la distinction expresse de l'existence naturelle et de l'esprit, et, sous ce rapport, marquent le passage du symbole mythologique à la mythologie proprement dite. La mythologie, comme nous la comprenons, part, il est vrai, des objets réels de la nature, comme le soleil, la mer, les fleuves, les arbres, la fertilité de la terre, etc. ; mais, ensuite, elle leur enlève leur caractère physique, en les individualisant comme puissances spirituelles, de manière à en faire des dieux ayant l'âme et la forme humaines. C'est ainsi, par exemple, qu'Homère et Hésiode ont donné les premiers à la Grèce sa véritable mythologie, c'est-à-dire, non pas simplement des fables sur les dieux, ou des conceptions morales, physiques, théologiques et métaphysiques sous le voile de l'allégorie ; mais le commencement d'une religion de l'esprit, avec le caractère anthropomorphique.
Dans les métamorphoses d'Ovide, on trouve, outre la manière moderne de traiter les mythes, des éléments hétérogènes mêlés ensemble. Ainsi, à côté des métamorphoses qui peuvent être regardées comme un genre particulier defables mythologiques, on voit disparaître le caractère spécifique de cette forme. C'est particulièrement dans les récits où les personnages qui sont ordinairement considérés comme symboliques ou mythiques, subissent des métamorphoses, et où les éléments qui ailleurs étaient réunis, sont séparés au point que Tidée