DE LA SATIRE
dantes, bons mots adressés au public et aux auteurs, a Nous pétrissons en silence le salpêtre, le charbon et le soufre... Le feu d'artifice vous plait-il?... Quelques-unes de nos fusées montent comme des boules brillantes, et d'autres s'enflamment. Nous en lançons aussi plusieurs simplement pour amuser et pour réjouir la vue. »
Beaucoup de ces petites pièces de vers sont^ en e£fet, comme les fusées d'un feu d^artifice. Elles ont causé un vif déplaisir à ceux contre qui elles étaient dirigées, et cela au grand amusement de la meilleure partie du public. On se réjouissait de voir cette tourbe de mauvais ou médiocres auteurs, qui, longtemps, s'étaient posés fièrement et avaient eu le verbe haut, bien et duement souffletés et devenus l'objet de la risée générale.
imi. — De la Satire*
Dans les théories ordinaires, on a été fort embarrassé desavoir dans quel genre on devait faire rentrer la sa* tire, car elle n'a rien du poème épique, et elle n'appartient pas, à proprement parler, à la poésie lyrique, puisqu'elle n'exprime pas les sentiments de l'àme, mais l'idée générale du bien, de ce qui doit être, en y mêlant, il est vrai, des particularités individuelles. Ce n'est pas non plus une poésie inspirée par la jouissance intérieure qui accompagne le sentiment de la libre beauté