DE L OEUVRE DRAMATIQUE
II* — De rœowre dramatlaoe.
En ce qui regarde, maintenant, le drame comme œuvre d'art d'une espèce particulière, les points principaux que je me propose de traiter brièvement sont les suivants :
l"" Son unité comparée b celle de l'épopée et du poëme lyrique ;
2* Son mode d'organisation et de développement;
3° Le côté extérieur de la diction et de la mesure du vers.
La première règle et la plus générale que l'on puisse établir sur Funité du drame se rattache à la remarque déjà faite plus haut : que la poésie dramatique, par opposition à Tépopée, doit se resserrer dans des bornes plus étroites. Car, quoique l'épopée ait aussi son centre et son unité dans une action individuelle, avec celle-ci se déroule, sur un terrain tout autrement vaste et varié, une large existence nationale. Aussi, l'action épique peut-elle se prêter à l'introduction de divers épisodes qui en semblent indépendants. La même apparence d'une liaison peu étroite était permise, par
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le motif opposé, à quelques genres de la poésie lyrique. Hais, comme, d'une part, dans le poème dramatique, cette large base épique, ainsi que nous l'avons vu, disparattt et que, d'un autre côté, les personnages, au lieu d'exprimer simplement leur pensée solitaire et individuelle, à la manière lyrique, entrent en relation les uns avec les autres,|se mettent en opposition de caractère et de but; à tel point que ce trait individuel constitue précisément la base de leur existence dramatique, on peut déjà en conclure la nécessité d'une plus fermé unité dans l'œuvre tout entière. Cette coordination étroite de toutes les parties est d'une nature à la fois objective et subjective, objective parce que le but que poursuivent les personnages a un côté substantiel et général, subjective parce que ce but, vrai en luimême, apparaît dans le drame comme leur passion particulière et personnelle ; de sorte que le bon ou le mauvais succès, le bonheur ou le malheur, la victoire ou la défaite appartiennent essentiellement aux personnages.
Comme règles plus précises s'offrent ici, les préceptes connus sur les trois unités de lieuj de temps et à'actian.
r La loi qui défend de changer de local pendant tout le cours d'une même action dramatique est une de ces règles étroites que les Français ont extraites de la tragédie ancienne et des observations d'Àristote.
Or, Àristote dit seulement de la tragédie {Poét. c. 5)