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n*a plus aucune prise sur lui, tandis qu'elle lui fait sen* tir toute sa dépendance, s'il entreprend de lui résister.. NéaiuDoins, la véritable beauté ne peut se trouver ni dans cette liberté purement ab^raite, ni dans une lutte sans résultat.
Un autre cas intimement lié au précédent^ et qui ne s'écarte'pas moins de l'idéal, est celui qui se préseiite lorsque'' des individus, à qui leur naissance, en vertu d'institutions religieuses ou politiques, a donl^tl^une pré^*rogative" mji^^e^ entreprennent delà soulènir et de la mettre en vigueur.Tel est 4e*poti voir du maître sur l!e§clave, lorsqu'il es(>cpnsacré par les lois, le droit d'eritever à l'ennemi sa liberté ou (^ le sacrifier aux dieu^. Ce prétendu à*pit est celui d'une époque dp barbarie^< car ceux-là sont à nos yeux pour le moins des barbares, qui décrètent. «t font exécuteivune loi manifestement injuste. Il y a plus, ce peut bien n'être qu'un prétexte qui serve de voile à l'intérêt personnel et à des passions égoïstes, ce qui à la barbarie ajoute la perversité du caractère.
On a souvent cherché à exciter, par de pareilles collisions, la terreur et la pitié, d'après la règle d'Âristote^ qui donne la terreur et la pitié comme le but de la tragédie ; mais nous n'éprouvons ni une véritable frayeur, ni une crainte mêlée de respect devant la puissance d'une loi qui a son principe dans la bar))arie et le malheur des temps. La pitié que nous ressentons alors se change en horreur et en dégoût.
Le seul véritable. dénoûment d'un tel conflit^ consiste tu é ^ î*
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à ne pas laisser de pareilles lois obtenir leur exécution eomplète. Iphigénie, par exemple, ne doit pas être samfiée en Âulide, ni Oreste en Tauride*
Un dernier aspect sous lequel se présentent les coUisians appartenant à l'ordre de la nature, c'est la pasmn elle-même, lorsqu'elle est un effet des diqpositionsnaturelles du tempérament. On peut citer, comme exemple, la jalousie d'Othello. L'ambition, l'avarice, Tamour mèro^, sous un rapport, se raqgent dans cette cat^orie. ^.Ges* ][^a5sîons Be peuVëst détermiqei; 4» cotisions, queutant quJqUês sont, pour'lesindividus soumis à leur empire, l'occasion de se mettre en fif^position contre les ^^itables principe» de V^rdre morale et par là, les en- Gainent dans des conflits d'une nature plus profonde. Ce qui nous conduit à l'examen de la trœsième espèce de collision, celle qui a^on principe dans Jes puissances morales et dans la liberté humaine.
â« Toutes les collisions précédentes, eeUes de la deuxième comme de la première classe, ne sont que des préparations à de plus hautes oppositions. Elles fournissent l'occasion aux puissances de la vie qui appartiennent au monde moral de se poser en face les unes des autres, dans leur différence réciproque, et de se combattre.
Puisque nous sortons du domaine des collisions qui ont leur principe dans la nature, le premier d^ré, qui s'an écarte, doit néanmoins s'y rattacher encore. Mais si l'activité humaine doit produire ici la collision, ce
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que l'homme accomplit à la manière des forces de la nature, et non comme esprit> ne peut consister qu'en ce seul point : qu'il aura fait, sans le savoir et sans le vouloir, ce qui plus tard 2q>parait comme une violation des lois morales essentiellement respectables et sacrées. On peut citer V exemple d' Œdipe. L'action ti'Œdipe, telle qu'elle lui apparaît et telle qu'il l'a voulue, consiste à avoir tué, dans une dispute^ un homme qui n'était pour lui qu'un étranger. Ce. qu'il ne sait pas, la réalité du fait, c'est qu'il a tué son père.
La véritable collision, au degré où nous sommes parvenus, consiste dans la violation volontaire et intentionnelle des puissances morales. Le point de départ peut encore être néanmoins une passion, un acte de violence ou de folie. La guerre de Troie a pour origine l'enlèvement d'Hélène. Agamemnon immole ensuite Iphigénie, et par là outrage l'amour maternel. Clytemnestre se venge en assassinant son époux. Enfin Oreste venge luimême le meurtre d'un père et d'un roi en égorgeant sa mère. De même^ dans Hamlet, une perfidie met le père au tombeau, et la mère de Hamlet outrage les mânes du mort, en convolant sur4e*champ à un nouvel hyménée avec le meurtrier.
Dans ces sortes de collisions, le point principal est que la lutte s'engage contre quelque chose de réellement moral, de vrai, de sacré en soi dont l'homme soulève ainsi contre lui la puissance. Autrement, le conflit manque de dignité et de véritable intérêt. Dans les poèmes indiens, par exemple, souvent l'action roule sur
la violation d'un usage consacré par la religion, mais qui est en lui«mème absurde ou insignifiant et ftiéril. Enfin, il n'est pas nécessaire que la violation soit directe, ç'est-à-dire que l'action prise en elle-même heurte un principe ou un intérêt moral. Il.su^que cela soit un résultat nécessaire des circonstances senties ou connues au milieu desquelles ce fait s'accomplit. Juliette et Roméo s'aiment ; cet amour en soi n'a rien que d'innocent; mais ils savent que la haine divise leurs familles et que leurs parepls ne permettront pas leur union. Ils soulèvent donc une collision et entrent ainsi dans une voie semée de discordes et de malheurs.
Ces considérations générales sur les situations dramatiques peuvent suffire. Si Ton voulait examiner le sujet sous toutes ses faces, en étudier toutes les nuances et les variétés, déterminer, en un mot, chaque espèce de situation, cet article fournirait matière à un nombre infini d'observations et de développements.
En général, trouver des situations est un point important qui, ordinairement, cause beaucoup d'embarras aux artistes. On les entend souvent se plaindre, aujourd'hui surtout, de la difficulté de découvrir des sujets convenables qui fournissent des circonstances et des situations heureuses. Sous ce rapport, au premier coup d'o&il, il peut paraître plus digne du poète d*être original et d'inventer lui-même ses situations. Cependant ce genre d'originalité n'est pas l'essentiel ; car la situation
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ne constitue ni l'idée que représente l'œuvre d'art, ni la forme artistique originale. Ce n'est là quelle fond matériel sur lequel doit se dessiner et se développer un caractère, un sentiment, une passion. C'est seulement dans la mise en œuvre de cette donnée extérieure, pour en tirer une action ou un caractère, que se révèle le véritable talent de l'artiste. On ne doit donc savoir aucun gré au poëte d'avoir créé lui-même un sujet qui n'est pas poétique, et il doit lui être permis de puiser sans cesse de nouveau aux sources déjà existantes de l'histoire et des traditions.
On a souvent dit à la louange de l'art moderne, en l'opposant, sous ce rapport, à l'art ancien, qu'il montrait une imagination beaucoup plus féconde; et en eflfet, on trouve dans les œuvres d'art qui appartiennent au moyen âge et aux temps modernes une multiplicité très-grande de situations, d'événements, d'incidents et de catastrophes. Mais cette richesse extérieure est peu de chose en elle-même. Car, malgré elle, nous ne possédons qu'un très-petit nombre de drames excellents. La chose principale n'est pas la marche extérieure et la succession des événements, comme épuisant, à titre de faits historiques et de fables, le fond de l'œuvre d'art, mais la manifestation des puissances morales et des idées'de l'esprit, les grands mouvements de l'âme et du caractère, qui apparaissent et se révèlent dans le cours de la représentation.
Il; -r D£S Principes sur lisquels rod[;e l'action oRAHATiQOEt
Chacun des principes dont l'opposition fonne le nœud dH^ drame, doit donc porter en lui-même rempreinte de l'idéal^ et par conséquent participer de la raison et de la justice. C'est entre des intérêts qui présentent ce caractère que doit s'engager la lutte. Les puissances éternelles et universelles du monde moral, les besoins essentiels de l'âme humaine, voilà les fins nécessaires de toute action. Ces puissances sont raisonnables et justes, et, à ce titre, universelles. Comme elles sont exclusives, elles peuvent bien se combattre ; mm^ malgré cette opposition, elles doivent renfermer quelque chose d'essentiellement vrai. Tels sont les grands motifs de l'art : les principes éternels de la religion et de la morale, la famille, la patrie, l'État, l'Église, la gloire, 'amitié, etc., et particulièrement dans l'art romantique, l'honneur et l'amour. Ces principes diffèrent sans doute par le degré de leur valeur morale ; mais tous participent de la raison. En même temps, ce sont des puissances que l'homme, par sa nature même, est appelé à. reconnaître et à faire r^ner dans sa conduite, à réaliser dans ses actes. Cependant, elles ne doivent pas apparaître comme simples droits d'una législation positive, ce qui est incompatible, comme' il a été monifé plfls haut, avec le fond et la forme de l'idéal.
Les collisions, sans doute, peuvent être représentées
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de différentes manières; mais la réaction ne doit pas être amenée par quelque chose de bizarre ou d'odieux. . Ainsi, nous rencontrons chez^ les anciens le droit b^-^ bare des sacrifices humains comme principe de collision: ^ , par exemple 7 dans l'histoire dlph^énie, qui^ dû être immolée et qui doit immoler son frère. Mais le conflit/ se rattache à d'autres considérations essentiellement^ * justes, et d'un autre côté, la raison est satisfaite |)ar la délivrance des deux victimes. * . . ;
Cependant, aux puissances légitimes et positives dont . . nous venons de parler, doivent s'en ajouter d'autres ^ qui leur «ont opposées :les puissances du msd.Cequiest absolument mauvais, ne peut figurer dans la représentation idéale de l'action, comme cause essentielle de la réaction. Si l'idée, le but est quelque chose de.nul ^i soi, la laideur du fond permettra .moins encore une leauté pure dans la forme. La sophistique des passions, : eut bien, par une peipture vraie du talent* de la force
de l'énergie du^ caractère, essayer de représenter le faux sous les couleurs du vrai, maip elle ne nous met sous les yeux qu'un sépulcre blanchi. Ce qui est pure* mené négatif est en soi pâle, froide trivial, nous laisse vides ou nous répugne, soit qu'on en fasse le principe d'une action, soît ^u'on s'en serve comme, d'un moyen pour déterminer la inaction d'un autre principe. La cruauté, le malheur, l'emploi violent de la force, se laissent supporter dans la représentation ; mais seulement lorsqu'ils sont relevés par la grandeur du caractère, et ennoblis par le but que poursuivent les person-
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nafes. La perversité^ l'envie, la lâcheté, la bassesse ne sont que repoussantes. Le diable en lui-même est une mauvaise figure esthétique, dont l'art n*a que faire; car il est le mensonge même, et, à ce titre^ une personne hautement prosaïque.
De même, les furies de la haine et de la di^rde, et tant d'autres allégories plus récentes du même genre, sont bien aussi des puissances dans l'art, mais sans vérité, «ans caractère absolu, et sans fixité. Â ce titre, elles sont peu favorables à la représentation de l'idéal. Au reste, le mode particulier de représentation que les arts emploient, selon qu'ils s'adressent immédiatement aux sens ou à l'imagination, établit entre eux de grandes différences dans ce qu'ils peuvent se permettre ou doivent s'interdire à ce sujet. Il n'en est pas moins vrai, en général, que le m^l en soi est dépouillé d'intérêt véritaUe, parce qu'il est dénué de fond, parce qu'il ne sort de lui rien que de faux, et qu'il ne produit que destruction et malheur, tandis que l'art doit mettre sous nos yeux l'ordre et l'harmonie. La bassesse, surtout, est méprisable, lorsqu'elle a son principe dans l'envie et la haine de ce qui est noble, et qu'elle rie rougit pas de convertir une puissance bonne et juste de sa nature en un instrument propre à satisfaire des passions mauvaises ou honteuses. Aussi, les grands poètes et les grands artistes de l'antiquité ne nous présentent jamais le spectacle de la méchanceté pure et de la perversité.
Une action ne peut donc représenter l'idéal qu'autant que les puissances légitimes et fraies qui gouver-
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nent le monde^ en constituent la base. Celles-ci ne doivent cependant pas apparaître avec leur caractère de généralité,, mais revêtir la forme d'individus jouissant d'une existence propre et indépendante. Autrement, elles n^ sont que des pensées générales, des représentations abstraites, qui n'appartiennent pas au domaine de l'art. Mais, 'd'un autre côté, cette individualisation ne doit pas être poussée trop loin. Il ne faut pas les convertir en créations arbitraires de l'imagination, en faire des existences exclusivement particulières, qui n'aient » conscience que de leur individualité; car, alors, ces puissances générales tombent dans le labyrinthe des > choses finies. Il n'y a plus en elles rien d'élevé et de sérieux.
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Les dieux, ou pour mieux dire, les puissances générales sont bien ce qui donne l'impulsion, le mouvement à l'action; mais l'action proprement dite, qui s'accomplit par les individus, c'est à l'homme et non aux dieux qu'elle appartient. Nous avons donc ici deux termes à concilier : d'un côté, ces puissances générales dans leur existence indépendante ; de l'autre, l'individualité Ymmaine à qui, en définitive, il appartient non-seulement d'agir, mais de délibérer et de se résoudre.
Sans doute, les puissances étemelles qui gouvernent le monde sont immanentes dans l'âme de l'homme. Elles constituent l'essence de son caractère; mais, conçues dans leur nature (Kvine sous la forme d'êtres individuels a^ant une existence propre, elles apparaissent en dehors du sujet, dans un rapport extérieur avec lui. C'est là ce qui constitue ici la difficulté à résoudre ; car ce rapport entre les dieux et l'homme présente au premier aspect une contradiction. D'un côté, ce qui émane des dieux est la propriété de l'homme et se manifeste en lui, comme sa passion et sa volonté. D'autre part, les dieux sont conçus et représentés, non-seulement comme àes puissances dont l'existence est indépendante de la sienne, mais qui