‹ La poigne; piece en cinq actesChapitre 10 sur 104 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

BARRAL

Quand ils entendront Là-bas des discours bâtis connue certaines plaidoiries dont je me souviens, vous verrez si ça produira de l'effet!

Est-ce qu'ils écoutent ! Non, voyez-vous, les effets d'éloquence sont finis, il faut agir aujourd'hui! Je n'en vois malheureusement pas la possibilité pour un député avec le gouvernement que nous avons !

Il boit.

BARRAL

Pardon, que nous n'avons pas!

PERRAUD

Oui, puisque nous sommes en pleine crise ministérielle! (se rapprochant.) Avez-vous des nouvelles ?

BARRAL, après avoir bu.

Non, rien, le petit jeu dès listes continue avec les noms les plus invraisemblables... Pour en revenir à notre affaire ..

PERRAUD

Non, bien vrai, Barrai, n'insistez pas !

BARRAL

Laissez-moi vous dire au moins que vous avez tort, absolument tort, c'est trop de modestie de votre part; votre place n'est pas dans notre petite ville, elle est à Paris.

PERRAUD

Ma place, mon cher, est où je puis faire quelque chose. A Paris, je perdrais bien vite le point de vue humanitaire auquel je me suis placé, pour le point de vue de parti, le plus étroit de tous ; j'aurais les bras liés. Je ne veux pas de ça. Je suis dans le fond

un vieil autoritaire et au lieu de discutailler encore, toujours, je voudrais enfin pouvoir imposer mes idées... ils m'imposeraient les leurs!

BARRAL

Vous vous calomniez, Perraud, et vous avez tort de ne pas avoir en vous, la confiance que nous avons tous au Comité. En mettant les choses au pire, vous ferez toujours meilleure .figure que Tonnelle. Eh bien ! vous devez accepter la candidature, dans notre intérêt à tous, dans celui de noire ville et de vos amis, clans le vôtre et j'ajoute, dans celui de vos enfants.

PERRAUD, se lève.

Mes enfants, je ne veux pas en faire des ambitieux.

BARRAL

Il n'est pas question de cela ! Je veux simplement vous montrer que j'insiste autant comme électeur que

comme ami. (Apercevant madame Perraud qui vient de la cuisine, il se lève et va vers elle.) Madame, je VOUS en

prie, venez joindre vos instances aux miennes et à celles de tout notre comité, afin que votre mari accepte la candidature pour les prochaines élections.

MADAME PERRAUD

Et M. Tonnelle?

BARRAL

Un sauteur ! Nous n'en voulons plus !

PERRAUD, prenant Barrai par le bras.

Mon cher Barrai, vous êtes bien gentil et je vous aime beaucoup; vous êtes en outre un savant mathématicien que j'admire. Croyez que je suis plus ému de votre insistance que je ne puis le dire et je

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