‹ La poigne; piece en cinq actesChapitre 26 sur 104 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

vice, ses employés, tout le personnel autour de lui, je n'ai pas besoin de renforcer la figuration.

MADAME PERRAUD, allant vers la porte se retourne vers Adrien.

Chut, ton père.

Lucie écarte un peu plus la porte, madame Perraud s approche ; toutes deux prêtent l'oreille.

PERRAUD, à la cantonade.

Messieurs, ce n'était pas sans une crainte bien légitime que j'avais accepté, dans votre département, le poste difficile auquel la coufiance du gouvernement voulait bien m'appeler.

ADRIEN

De la modestie, ça fait toujours bien.

Madame Perraud et Lucie lui font signe de se taire. PERRAUD, continuant.

Aujourd'hui, en présence de l'accueil si franchement sympathique et si plein de cordialité que vous me faites, accueil si favorable à l'accomplissement de la haute tâche à laquelle nous devons travailler ensemble, c'est avec joie que je prends possession de mon poste (Murmures approbateurs.) Je me dis, en effet, messieurs, que bien simple et bien facile sera la besogne de votre préfet, quand je vois groupés autour de lui tant d'hommes de cœur et de bonne volonté, tant de partisans résolus de l'ordre, des institutions et des lois, ces garanties fondamentales d'une grande nation.

Applaudissements.

ADRIEN

Tu peux dire!

PERRAUD

Car, messieurs, quelles que soient les préférences que

chacun de vous puisse avoir au fond du cœur, nous ne devons jamais oublier que nous sommes avant tout les serviteurs de la loi. Fonctionnaires, nous n'avons à connaître que notre devoir; et, dites-le bien à vos administrés, ce devoir nous l'accomplirons tous avec justice mais avec fermeté, pour le plus grand bien de ce beau département de Saône-et-Marne et de ses vaillantes populations.

PLUSIEURS VOIX, parmi les applaudissements prolongés.

Bravo'... Bravo!... Très bien!...

ADRIEN

Toujours les mêmes blagues, et ça prend toujours.

MADAME PERRAUD, se retourne.

Tais- toi donc!

Gomment t pas fini ?

PERRAUD

Le temps est passé des pressions tyranniques et des dissensions sociales, nous sommes tous les artisans laborieux: d'une môme œuvre de civilisation et de paix. Ecoutons les voix d'en bas, comme celles d'en haut, soyons humains, soyons unis et marchons la main dans la main, mes chers collaborateurs; à cette seule condition nous accomplirons une œuvre utile et durable. Maintenant, au travail! PLUSIEURS voix.

Bravo!... Très bien !... Vive le Préfet! Vive M. Perraud !

Acclamations, ovations, ces dames font le preste d applaudir.

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