ACTE DEUXIÈME 7'd
PERRAUD
Oui... il y a un certain temps que je vous appelle! Avons-nous des convives arrivés !
FRANÇOIS
Trois ou quatre. Ils se promènent là, dans la salle.
PERRAUD
Nous ne commencerons les présentations que lorsqu'ils seront une vingtaine.
FRANÇOIS
Bien, monsieur le préfet.
PERRAUD
Je vous recommande de surveiller spécialement le vestiaire ; j'entends qu'il n'y ait ni discussion, ni réclamation.
FRANÇOIS
Il n'y en aura pas, monsieur le préfet.
Mouvement de sortie.
PERRAUD, le rappelant.
M. Santenay est avec ces dames?
FRANÇOIS
Oui, monsieur le préfet, ils placent les menus...
PERRAUD
Veuillez lui dire que je l'attends depuis une demi-heure.
FRANÇOIS
Bien, monsieur le préfet.
Il sort.
ADRIEN, après un long moment de silence.
Puisque tu refuses de revoir M. Barrai comme préfet, le recevras- tu comme ami ?
PERRAUDj de mauvaise humeur.
Je n'en sais rien !
ADRIEN
Pourrai-je au moins, moi, leur rendre visite '
PERRAUD
Tu feras ce que tu jugeras convenable.
ADRIEN
Merci tout de même.
Santenay entre une serviette sous le bras bourrée de paperasses et le plan de la table à la main.
PERRAUD
Ah! vous voilà, Santenay, vous avez terminé?
SANTENAY.
Tout notre monde est casé.
PERRAUD, prenant le plan et ajustant son lorgnon.
Faites voir, (n regarde.) Ah ! non, mon ami, non, vous ne pouvez pas mettre le grand électeur Rouveyre à côté de madame Vérancourt. Rouveyre a couvert d'injures Vérancourt aux dernières élections.
ADRIEN, à part.
Ça ne tire pas à conséquence.
SANTENAY, indiquant sur le plan.
Je puis la faire permuter avec madame Blandin.
PERRAUD
Oui, Oui, ça pourra aller. (Désignant la serviette.)
Vous avez jeté les yeux sur les pétitions?
SANTENAY.
Rien de remarquable, si ce n'est une pétition des ouvriers agricoles contre les agissements des Sociétés de crédit et les accaparements des Sociétés de consommation, rien que ça !