‹ La poigne; piece en cinq actesChapitre 45 sur 104 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

PERRAUD, se relève.

Nous y retournerons, va, nous y retournerons.

(Madame secoue la tête d'un air de doute. Lucie et Adrien entrent.) Lucie! Je n'ai pas besoin de te recommander d'être gracieuse, sois-le seulement un peu moins avec Santenay. Inutile que tout le monde sache que vous allez être fiancés ; il vaut même mieux qu'on l'ignore puisque vous devez l'être un certain nombre de mois... Où est-il, Santenay?

ADRIEN

Il suit tes conseils et ne perd pas son temps. Il reçoit tes invités, s'empresse, prodigue les poignées de main et les compliments; on ne voit que lui.

PERRAUD

Ce n'est pas très correct.

ADRIEN

En revanche, c'est très pratique.

Santenay entre et derrière lui les chefs de service. PERRAUD.

Ah ! le voilà !

SANTENAY, très affairé.

Le Maire, le Général, le premier Président, M. Rouveyre sont là.

PERRAUD, vivement.

M. Rouveyre' il y a longtemps?

Je lui ai fait prendre patience.

PERRAUD, très empressé.

Voyons... ma femme, (a Lucie.) Lucie, à côté de

ta mère! (A Adrien.) Toi, à CÔté de moi. (A Santenay.)

Et vous, mon ami, de ce côté, avec la famille dont vous serez bientôt.

SANTENAY.

Merci, monsieur Perraud.

PERRAUDi aux chefs de service* leur montrant sa gauche.

Messieurs, si vous voulez avoir l'obligeance de vous tenir près de moi, vous me rendrez service, (ils se

rapprochent.) NOUS y SOllimeS?

MADAME

Ah ! mon éventail I

Moment d'émoi.

LUCI E, le prenant sur la cheminée.

Le voici.

ADRIEN; à sa mère et à sa sœur.

Attention : une, deux, trois, ne bougeons plus.

Perraud fait signe à François qui ouvre les portes. On aperçoit un groupe d'invités, le maire causant avec le général, puis Rouveyre qui s'avance seul en avant d'eux. Perraud va à lui.

Ah! monsieur Rouveyre! Combien je suis heureux de vous voir ; venez donc que je vous présente à madame Perraud.

Les invités entrent en foule.

LE MAIRE, au Général.

Tout à fait homme de gouvernement selon la grande tradition républicaine.

LE GÉNÉRAL, au Maire, après avoir secoué la tète.

Moi, il me va, ce préfet, parce que je crois qu'il a

de ça (il tourne le poignet et dans le nez du Maire.) de la

poigne I

Souriant, il va saluer madame Perra-ud.

Rideau.

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