ACTE TROISIÈME 'J
ADRIEN, vivement.
M'approuves-tu, toi?
MADAME, embarrassée.
Je me rends parfaitement compte des sentiments qui te guident...
ADRIEN
Voyons, more, tu ne voudrais pas causer mon malheur, nous réduire tous deux au désespoir?
MADAME, très tendrement.
Mon cher enfant, ton bonheur est ce que j'ai de plus précieux !
ADRIEN
Cependant un refus peut nous pousser à une résolution extrême.
MADAME, vivement.
Tais-toi, Adrien, ne dis pas cela!
ADRIEN, se lève.
Si... et...
Perraud ouvre la porte, et. à François avec brusquerie. PERRA UD.
A présent, je n'y suis pour personne, vous entendez, pour personne, (il ferme la porte et va vers la table.) Ali ! non, non, on ne me fera jouer ni le rôle de dupe ni celui d'imbécile!
Il prend les dossiers.
MADAME
Qu'as-tu donc encore, mon ami?
PERRAUD, allant vers son cabinet.
Rouveyre est bien décidément un coquin: mais qu'il ne s'y lie pas!
MADAME
Xe te fais dune pas de mauvais sang pour ces genslà ! Tiens, je viens de causer avec Adrien...
PERRAUD
Attends un instant. Je vais remettre ces pièces à Santenay !
Il sort.
ADRIEN
Rouveyre est bien plus intéressant que son fils I
MADAME PERRAUD
Adrien, ne parle pas ainsi de ton père.
ADRIEN, rageur.
Mon père n'est plus qu'un fonctionnaire !
MADAME PERRAUD, se lève.
Allons, calme-toi, viens près de moi, écoute : Si ton père agit comme il le fait, crois que c'est dans ton intérêt ; il voit mieux que nous les dangers de ton projet. ■
ADRIEN, s'éloigne.
Il n'y a pas de dangers : il y a que mon mariage ne flatte pas assez son amour-propre, froisse ses convictions, et contre-carre son autorité !
MADAME PERRAUD
Mon enfant, aujourd'hui tu es trop surexcité pour apprécier sainement les choses, laisse passer quelques jours, attends que le calme soit revenu !
ADRIEN
Ainsi, tu te mets aussi contre moi ? Comme lorsqu'il s'est agi de faire mon droit ou d'être chef de cabinet. Tu me conseilles d'obéir, de m'incliner devant l'autorité paternelle? Eh! bien, non, je ne m'inclinerai pas; à la fin je suis las de m'incliner et j'entends être maître de mes sentiments et de mes actes ! Si mon amour n'est qu'un rêve et mes espérances des illusions, vous n'avez pas le droit de chas-