‹ La poigne; piece en cinq actesChapitre 61 sur 104 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

ADRIEN, s'interposaiit.

Pas avant d'avoir vu mon père dont l'influence a été considérable dans la nomination de M. Barrai. Il sera enchanté de recevoir vos remerciements.

MADAME BARRAL

Nous ne voudrions pas déranger M. [le Préfet, nous savons combien ses moments sont précieux.

ADRIEN, allant vers le cabinet.

Si, si, laissez-moi faire, je vous dis qu'il sera enchanté.

LUCIE

Tu sais que papa a un rapport pressé.

ADRIEN

Ça ne fait rien.

Il entre.

LUCIE

Quand il a quelque chose dans la tête, celui-là. (a Henriette.) A la bonne heure, tu ris à présent.

MADAME BARRAL

Henriette est une petite girouette.

ADRIEN, à la cantonade.

Je t'assure que tu ne peux pas te dérober à des remerciements qui te sont si bien dus; ces dames t'attendent, te réclament!

PERRAUD, à la cantonade.

S'il en est ainsi, (n entre suivi d'Adrien ) Mesdames...

MADAME BARRAL, s'avançant.

Ah! Monsieur le Préfet, que de reconnaissance...

PERRAUD, se défendant.

Mon influence, madame, a pesé bien moins dans la balance que la grande science de M. Barrai; et,

cette influence, j'ai été trop heureux d'en user en faveur d?lm ancien ami pour lequel — bien qu'aujourd'hui de profondes divergences d'opinions nous séparent, — je professe la plus sincère estime. Peutêtre ce départ précipité vous contrarie-t-il un peu?

HENRIETTE, vivement et souriante.

Quand il s'agit de partir, il vaut mieux brusquer les choses, surtout quand c'est un heureux départ.

PERRAUD, étonné.

Sans doute, mademoiselle, sans doute, (a madame Barrai.) Vous voudrez bien transmettre mes compliments à M. Barrai et lui répéter que j'aspire au jour où d'accord comme par le passé, nous pourrons reprendre nos bonnes causeries.

MADAME BARRAL

Il en sera profondément touché, croyez-le bien.

HENRIETTE, serrant la main d'Adrien.

On vous reverra ce soir ?

ADRIEN, avec joie.

Je crois bien, et nous ferons une musique endiablée pour célébrer le départ.

PERRAUD

Au revoir, madame.

HENRIETTE, à Perraud étonné en s'inclinant.

Monsieur le préfet!

PERRAUD

Au revoir, mademoiselle.

LUCIE, à son pèro.

A tout à l'heure.

PERRAUD

A tout à l'heure, fillette.

Elles sortent. Lucie les accompagne.

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