ACTE QUATRIÈME
SANTENAY.
Mais oui, pendant que M. Perraud n'est pas là.
VAL IN
Bien. J'y vais.
Il se lève.
SANTENAY.
Par la même occasion...
LUCIE, ouvrant la première porte de gauche.
On peut entrer? (Elle entre.) Je t'apporte une lettre.
SANTENAY. à Lucie.
Un instant, (a valin.) Prévenez le commissaire cen tral des nouveaux ordres reçus et donnez l'ordre écrit au directeur "de la poste, de nous réserver la communication téléphonique avec Paris.
VALIN
Faut-il avertir la mairie?
SANTENAY.
Inutile, le maire viendrait encore nous raser.
VALIN
Bien !
Il sort par la porte de droite.
Le notaire nous écrit pour la terre de Montfresnois. Depuis deux ans et demi que ma mère est morte, cette terre ne nous a pas rapporté un sou. Il paraît que le notaire a trouvé un acquéreur étonnant : il demande nos conditions.
SANTENAY, net.
Ma chère, je n'ai pas le temps de m'occuper de cette affaire à présent.
LUCIE, arrière.
Il faut pourtant bien que nous trouvions de l'argent pour payer tes farouches créanciers.
SANTENAY.
Mes créanciers ont attendu jusqu'à ce jour ; ils attendront bien encore ; j'ai des soucis plus graves.
LUCIE
Ces histoires de grèves sont donc sérieuses, cette fois?
SANTENAY.
On ne peut plus sérieuses, grâce à l'entêtement de ton père.
LUCIE
Je croyais que Rouveyre avait trouvé,..
SANTENAY.
Rouveyre n'a rien trouvé du tout; quand il a proposé l'arbitrage de ton père, il s'est fait huer !
Ah ! il est populaire, papa !
SANTENAY.
Nous venons de recevoir en outre des instructions de Paris, qui ne sont pas précisément pour arranger les choses. Il n'y va pas de main-morte, le nouveau ministre ; il est bien le plus répressif qu'on ait vu depuis longtemps. Il entend que la grève soit terminée, coûte que coûte, en deux jours, c'est-à-dire, avant l'interpellation qui doit venir à la chambre.
LUCIE
Papa n'a qu'à s'aboucher au plus vite avec les délégués des grévistes et ceux des compagnies.