ACTE QUATRIÈME
SANTENAY.
Il s'en garderait bien! Sais-tu ce qu'il vient de faire? Il est allé trouver le général pour demander de la troupe.
LUGTE, effrayée.
Alors, ça va mal tourner?
SANTENAY.
Je vais les laisser s'empêtrer en prêchant aux uns et aux autres la conciliation, ce qui est le vrai moyen de les rendre irréconciliables; et, lorsque je verrai que ça se gâte, j'interviendrai, réparerai les gaffes et sauverai la situation.
LUCIE
Tu n'es pas bête, toi!
On frappe à la porte de droite. Entrez. (François entre.) Que VOulez-VOUS? FRANÇOIS.
M. le Préfet recevra-t-il aujourd'hui?
SANTENAY.
Qu'est-ce que j'en sais? Quelqu'un demande-t-il M. le Préfet?
ERANÇOIS.
Oui, un monsieur qui n'a pas voulu donner son nom, et qui désire entretenir M. le Préfet d'une affaire toute personnelle ne concernant en rien l'administration... et puis, il y a M. Rouveyre.
SANTENAY, vivement.
Gomment ! Rouveyre est là et vous ne le disiez
pas? (Serrant les papiers êpars sur la table.) Donnez-moi
le temps de mettre en ordre ces paperasses et introduisez-le.
FRANÇOIS
Bien, monsieur.
Il sort.
LUCIE
On oublie au ministère que lors de notre mariage on t'a promis un bon poste de préfet, si tu restais encore deux ans secrétaire général avec mon père ; il est bon que tu te fasses remarquer pour leur rafraîchir la mémoire.
SANTENAY, rangeant les papiers.
N'aie pas peur.
LUCIE
Je commence àm'ennuyer ferme ici, sous la tutelle de mon père, tous les jours plus acariâtre et plus exigeant.
SANTENAY.
A qui le dis-tu? Oui, je commence à croire que ton
père a besoin de repos. (On entend un bruit de pas.)
Voici Rouveyre, laisse-nous.
LUCIE, s'en allant.
Alors, j'écris au notaire?
SANTENAY.
Oui, entendu, écris-lui. (Elle sort par la droite. Santenay se dirige vers la porte par où entre Rouvej're.) tCll bien ? ROUVEYRE.
Eh bien! votre préfet est fou, archi-fou, fou dangereux, fou à lier !
SANTENAY.
Qu'a-t-il fait?
ROUVEYRE
Au lieu de retirer les gendarmes, comme je le lui