ACTE CINQUIÈME
Même décor qu'au premier acte, dans le resplendissement lumineux et chaud de 1 automne. Les arbres sont plus grands et plus feuillus, les parterres plus fleuris. La maison est envahie par les rosiers grimpants, la serre par les clématites et la vigne-vierge. Devant le bosquet, une table, avec journaux dessus ; autour des chaises et un fauteuil de jardin. Aspect aimable et reposant d'une maison heureuse et tranquille.
François va et vient dans la serre en chantonnant. La vieille Rose devant la table de gauche épluche des pommes. Lucie accompagne Santenav jusqu à la grille et revient songeuse.
ROSE, à Lucie.
Madame... madame?...
LUCIE, 'sortant de ses réflexions s'arrête.
Qu'y a-t-il, Rose?
ROSE, montrant les pommes.
Faudra-t-il les faire au beurre ou à la confiture?
LUCIE, souriant.
Gomme vous voudrez, Rose; vous savez bien qu'en cuisine, je n'y connais rien.
ROSE
Ah ! madame votre mère, elle...
LUCIE, arrêtant Rose.
Attendez; on vient de refermer la petite porte du
jardin. (Appelant.) François! François! (François apparaît.) Quelqu'un! (Montrant la direction.) A la petite
porte du jardin.
François y court.
ROSE
Elle s'y connaissait en cuisine, madame votre mère... Tenez, pour les confitures...
LUCIE, a regardé dans la direction de la porte sans prêter attention à ce que dit Rose, tout à coup elle s'écrie.
M. Barrai?... Ils sont donc déjà arrivés?
ROSE
Mais oui, d'hier soir, après vous.
LUCIE, inquiète.
Je vais prévenir mon père.
Elle rentre dans la maison.
ROSE, souriant.
Ah! Il y a assez longtemps qu'il le réclame son ami Barrai !
FRANÇOIS, joyeux, entrant suivi de Barrai.
Je vais dire à monsieur...
BARRAL, le retenant.
Non, non, pas tout de suite; attendez, François. Moi, j'arrive, je ne suis rien! Depuis trois ans que M. Perraud a quitté l'administration; comment viton ici?
FRANÇOIS, riant.
Mais on vit très bien, demandez à Rose.
Rose qui ramasse ses pommes approuve de la tête et sort.