‹ La poigne; piece en cinq actesChapitre 93 sur 104 · ACTE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME

PERRAUD, emballé sur son idée.

Vous comprenez, je vous explique cela rapidement, en deux mots, grosso modo ; ce n'est peut-être pas très clair. Vous lirez les mémoires que j'ai rédigés sur la question; vous verrez les feuilles d'observations prises sur chacun de mes pupilles : c'est d'un intérêt considérable! (Barrai se lève.) Entre nous, je vous avouerai que je ne suis pas encore arrivé à des résultats concluants, mais je les prévois, (perraud se lève.) Et puis, peut-être y a-t-il encore à trouver quelque chose pour celte organisation toute nouvelle; nous chercherons ensemble ?

BARRAL, après un tempsj poursuivant son idée.

En sorte que, si je vous ai bien compris: votre fils, par exemple, voudrait entrer aujourd'hui dans l'Administration...

PERRAUD, rembruni et changeant de ton.

Les aventures de mon fils, Barrai, sont classées parmi les événements fâcheux auxquels nous ne devons pas faire allusion. Pour ne vous rien cacher, je suis si loin d'approuver la conduite de mon fils, que si j'agis comme je le fais avec mes pupilles, c'est beaucoup pour eux, mais plus encore contre lui !

BARRAL, étonné.

Si vous admirez l'initiative individuelle, l'occasion est cependant belle de...

PERRAUD

Je ne vous ai pas dit que j'admirais les révoltés, les déclassés, les bohèmes et les ratés !

BARRAL

Votre fils n'est rien de tout ça. Il a brillamment réussi, et...

PERRAUD

Tant mieux pour lui ; mais cet enfant nous a fait trop de mai à sa mère et à moi pour que j'oublie!

BARRAL, conciliant.

N'en parions donc plus, mon cher Perraud, et puisqu'il en est ainsi, je vais lui dire qu'il est inutile de se présenter devant vous.

PERRAUD

Oh! parfaitement inutile!

BARRAL, lui tendant la main.

Au revoir, mon cher monsieur Perraud, et encore une fois merci pour votre bon accueil.

PERRAUD, inquiet.

A bientôt, quand même, n'est-ce pas?

BARRAL

Gomment donc! (cherchant des yeux.) Et madame Santenay?

PERRAUD, appelant.

Lucie! Lucie!

Lucie paraît à la porte de la serre.

BARRAL, allant à elle.

Souhaite le bonsoir, madame, et n'oubliez pas que vous avez quelque chose à me raconter.

LUCIE, gênée.

Oui, monsieur Barrai. Au revoir... plus tard?

BARRAL, tendant encore la main à Perraud.

Eh bien...

PERRAUD

Je vous accompagne.

Ils disparaissent derrière la serre.

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