‹ La poigne; piece en cinq actesChapitre 98 sur 104 · ACTE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME

SANTENAY, le reconduisant.

Au revoir, et à bientôt, j'espère pour terminer cette fâcheuse affaire.

Adrien reste debout dans l'attitude de quelqu un qui attend. — Perraud est absorbé.

LUCIE, étonnée, bas à Perraud.

Adrien ne s'en va pas i (Perraud a un geste de colère.

— a Adrien.) Maintenant que tu as fait ta protestation, tu pourrais te retirer, Adrien?... ce serait préférable.

ADRIEN

J'attends le retour de M. Santenay.

LUCIE

Pourquoi ?

ADRIEN

Pour que, maintenant que nous sommes entre nous, il veuille bien, devant mon père, répéter le serment que j'ai fait.

LUCIE, émue.

Mon mari n'a pas, je crois, décomptes à te rendre !

ADRIEN

Il en a à rendre à mon père !

Santenay revient.

PERRAUD, à Santenay nerveusement.

Mon cher Santenay, pour clore toute espèce de discussion, veuillez donc confirmer à monsieur, que vous êtes aussi surpris que moi de ce qui arrive, et que, puisqu'il déclare n'y être pour rien, vous vous demandez...

SANTENAY, embarrassé.

Je né vous cacherai pas... J'avais eu vent de la chose...

ADRIEN, souriant.

Allons, avouez donc que vous avez signé la demande!

SANTENAY, à Adrien, vivement.

Et quand cela serait? Je n'aurais ni à m'en défendre, ni à en rougir... Tous les honnêtes gens seraient avec moi !

LUCIE, se jetant au cou de Perraud.

0 papa ! papa !

SANTENAY, sévère à Adrien.

Pour quelle raison ma femme et moi supporterionsnous les conséquences d'une faute dont vous êtes seul responsable?.. Vous pouvez, aujourd'hui jouer au magnanime et faire du désintéressement à bon marché ; vous savez bien qu'il serait par trop bouffon, à vous, Firrégulier, de recourir aux lois ! Pour nous, qui sommes dans la légalité, nous avons le bon droit de notre côté ! La loi défend aux prodigues de dissiper leurs biens, nous en usons!

Adrien sourit en 1 écoutant et hausse les épaules avec mépris sans répondre.

PERRAUD, s'est dégagé de l'étreinte de Lucie, il a écouté les dernières paroles de Santenay.

Gomment, c'est vous, Santenay? Vous? (Avec amertume.) Ah! oui, vous êtes préfet!

S-ANTENAY, allant vers la maison.

Eh! tout le monde, vous-même à ma place, en eussiez fait autant.

Il entre dans la maison suivi de Lucie en larmes. ADRIEN, soariant, en désignant Santenay.

Il est de la bonne école, Santenay, il ira loin!

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