LES SOUTENEURS DE MAISONS DE TOLÉRANCE
Le garçon de maison de tolérance est souvent un repris de justice et un souteneur. Il est généralement jeune et robuste, de façon à pouvoir mettre aisément k la porte les clients malintentionnés ou par trop tapageurs, et faire au besoin le coup de poing pour le compte de la maison.
Ses qualités physiques lui valent l'admiration et la sympathie des pensionnaires, et il est rare qu'il ne devienne le souteneur de l'une d'elles ; mais cela à l'insa
de la maîtresse, qui ne souffrirait pas un pareil état de choses, préjudiciable à ses intérêts.
Une fois Taccord établi entre le garçon et la pensionnaire, Tun ou Vautre quitte la maison ; mais c'est généralement la fille qui s'en va la première, soit pour se placer dans un autre établissement analogue, soit pour faire de la prostitution isolément.
Comme ses pareilles, la pensionnaire de maison de tolérance est heureuse d'apporter le plus d'argent possible à son souteneur, et c'est presque toujours celui-ci qui garde les économies communes.
Gomme il n'y a qu'un garçon ou deux dans chaque maison de tolérance; que l'un d'eux est souvent l'amant de la patronne et qu'ils ne. peuvent être les souteneurs de toutes les pensionnaires, cellesrci ont des « amants de cœur » logeant en ville, lesquels viennent toucher régulièrement le produit de la recette de leurs maîtresses et coucher avec elles, quand elles n'ont pas de clients pour la nuit.
Les pensionnaires des maisons de premier et de second ordre choisissent leurs souteneurs dans un monde relativement plus élevé.
Ce sont d'habitude des déclassés, des viveurs réduits aux expédients, voire môme des courtiers et des tripoteurs d'affaires véreuses.
Pour conserver leurs pensionnaires de valeur, les maîtresses de maison sont obligées de subir ces parasites. Néanmoins quelques-unes exigent qu'ils viennent à la maison le moins possible. Ces individus se tiennent alors en permanence dans les cafés et débits de vin voisins, d'où ils correspondent avec leurs maîtresses au moyen de commissonnaires ou des garçons de salle de ces établissements. Sur un simple mot envoyé par leur souteneur, les pensionnaires des dites maisons, remettent au porteur la plus grf^nde partie de leur recette variant de 50 à 100 fr. par jour.
Comme leurs pensionnaires, les maîtresses de maison de tolérance ont leurs souteneurs ; mais elle^ prennent
toutes sortes de précautions pour ne pas les faire connaître, aûn de s'éviter des tracas de la part de l'Administration chargée de les surveiller.