‹ La police parisienne: le service de la suretéChapitre 25 sur 53 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Des frais de bureau.

2S septembre 1881.

Monsieur le Préfet,

Le 7 juillet dernier, j*ai transmis à M. le Chef de la Police municipale un rapport, dont copie est ci-jointe, relativement aux frais de bureau de l'ancienne brigade des Mœurs, dont le personnel et les attributions ont été placés sous mes ordres.

M. Caubet m'avait, lors de la remise du dit rapport, donné l'assurance qu'il serait fait droit à ma juste requête.

Ces jours derniers, j'ai été appelé à signer l'état de mes frais de bureau pour le trimestre qui s'écoule et j'ai constaté avec regret qu'aucune suite n'avait été donnée à mon rapport.

M. le Chef de la Police municipale aura sans doute rencontré quelque obstacle imprévu dans l'accomplissement de la promesse qu'il m'avait faite.

C'est pourquoi je prends la respectueuse liberté Monsieur le Préfet, d'en référer à votre haute équité, pour que raison me soit rendue avant la fixation du budget de 1882.

Veuillez agréer, Monsieur le Préfet, l'expression de mon respectueux dévouement.

Le Comrm'ssai7*ej Chef de la Sûreté^

G. Macé*

7 juillet 1881.

Le \6 juin courant, j'ai été appelé à la Comptabilité pour l'émargement de mes frais de bureau et j'ai constaté qu'en faisant passer gratuitement dans mon service le personnel de l'ancienne brigade des Mœurs, on avait omis de m'allouer l'indemnité que recevait M. Tofficier de paix Lerouge pour les fournitures de bureau que comportent les attributions de cette brigade.

J'éprouve la plus grande répugnance à aborder les questions financières quand elles me- sont personnelles; cependant il m'est impossible, dans la circonstance présente, de ne pas appeler l'attention de l'autorité supérieure sur la situation qui m'est faite en raison de la fusion des deux services.

C'est un surcroît de travail et surtout de responsabilité qui m'incombe avec le nouveau personnel, et je mets de côté la question des ap'pointements proprement dits, pour ne traiter que celle des frais de bureau.

Depuis que j'ai été appelé à diriger le Service de Sûreté, les frais de fournitures de bureau ont rapidement augmenté, en raison de la multiplication des affaires et de l'accroissement continuel du personnel du service. Le chiffre de l'indemnité qui m'est accordée à ce sujet est toujours resté stationnaire, môme depuis l'annexion du Service des Mœurs (9 mars 1881).

M. Lerouge, ancien officier de paix, de cette attribution, recevait une indemnité de 500 fr., qui était déjà reconnue insuffisante; puisque pour ne pas se trouver en perte» cet officier de paix avait dû prendre le parti d'employer, en guise de chemises, des débris de journaux. J'annexe du reste ci-contre deux spécimens de ces chemises, qui permettront d'apprécier.

C'est au mois de décembre 1879 que M. Lerouge a commencé à faire usage de feuille de journaux : il en était alors au n° 33.601 de son enregistrement ; au mois de mars dernier, il avait atteint le chiffre de 36.589, ce qui forme 2.988 dossiers de cette nature.

Pour moi , j'estime que les archives d'un service comme «celui de la Sûreté ont une grande utilité au point de vue de la recherche des malfaiteurs et qu'il convient de les organiser dans de bonnes conditions de solidité et d-e propreté, et il est tout logique que les frais n'en restent point à la charge du chef.

Dans une conversation particulière que j'ai eue à ce sujet avec lui, M. le Chef de la Police municipale a bien voulu m^assurer qu'il prendrait les mesures nécessaires pour me faire allouer ce qui doit me revenir en toute justice. Je ne doute pas qu'il me suffise de rappeler son attention sur ce point pour qu'il y soit fait droii.

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