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a été le conducteur de la dame de Trémollière et la principale cause de son voyage.
J'exécuterai l’ordre touchant le sieur Foixin. Je ne puis néanmoins me dispenser de vous représenter que les protestans mal convertis seroient bien alarmés si cet emprisonnement paroissoit avoir pour motif son opiniâtreté en matière de religion ; mais, si le roi l'agrée, il sera bon de l’attribuer à l’évasion de sa tille, dont on le peut présumer complice. Il pourvoit même n’être pas inutile que les protestans, appréhendant de se voir impliqués et punis par la fuite de leurs proches, se crussent obligés de les en détourner et devinssent ainsi les inspecteurs les uns des autres. Cependant, si ces ménagemensne conviennent pas aux intentions du roi, je me conformerai scrupuleusement aux ordres que vous voudrez bien me prescrire.
(Bibl. inip.. Mis. 8,123, fol.39.)
N* 35. — d’abgenson a postchabtbain.
24 février 1700.
Si mes lettres ont été un peu moins fréquentes depuis le dernier retour de Marly, j’ai cru que la conjoncture du carnaval m’imposoit cette loi.
Tous les points qui sont contestés entre M. le prévôt des marchands et moi ont été discutés, avec beaucoup d’étendue, en présence de M. le premier président et de M. l’avocat général d’Aguesseau ; mais je dois avoir l’hoaneur de vous dire, pour répondre à la conDance dont vous m’honorez, que M. le premier président, quoique persuadé en apparence de la justice de ma cause, paroissoit disposé à terminer nos différends par une loi obscure qui nous mettroit l’un et l'autre dans une situation beaucoup plus fâcheuse que celle où nous sommes. Je prends la liberté de vous envoyer un état sommaire des articles qui furent examinés dans nos conférences. M. le premier président voulut que j'en établisse la preuve, quoique le droit commun et l’ancienneté de la magistrature dont je suis pourvu dussent sufGre. M. le prévôt des marchands, qui se plaignait d’abord de mes usurpations, sans en citer aucune, fut obligé de convenir, à la fln, qu'il avoit eu tort de se plaindre, et qu’il
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n’avoit rien à me demander. Pour moi, je me renfermai à dire que Je ne prétendois pas me prévaloir de mon droit et que je le sacriGcrois volontiers à la convenance publique. Il seroit à souhaiter, pour le bon ordre, que M. le prévôt des marchands fût dans les mêmes sentimens et que nos juridictions fussent tellement limitées et lesohjets de notre police si bien distingués que nous ne puissions jamais nous faire d’obstacle.
Les eutreprises du bureau de la Ville dérivent de deux principes ;
Le premier est l'ancienne concession du droit des messiers ', qui leur a servi de prétexte pour assujettir les marchands de vin et toutes les liqueurs dont ils font commerce à des redevances annuelles ;
Le deuxième est la nomination de quelques charges de police et la counoissance des droits qui leur sont attribués. Mais l'abus qu'ils ont fait de ces deux principes demanderoit plus d’étendue que celte lettre ne m’eu permet, et je vous supplierai de vouloir bien m’accorder une audience particulière pour y suppléer.
M. le prévôt des marchands ayant reconnu que ses titres ni sa charge ne pouvaient lui donner le droit de faire construire des échafauds dans les ruesni sur lesquais,à l’occasion des réjouissances publiques, non plus que celui de faire afficher le placard de la paix, s’est retranché à soutenir qu’il le faisoit en vertu des ordres particuliers que le roi lui adressait : à quoi je répondis que, lorsqu’il plairait à Sa Majesté que je Gsse sa charge et lui In mienne, nous n'aurions rien à dire. Mais je me proposai dès lors de vous supplier très-humblement d’en parler au roi, aGn que si son intention étoit que M. le prévôt des marchands fit mes fonctions, dans ces jours-là, je m’en tinsse à cette décision ; ou, que si Sa Majesté n'avoit pas entendu d’y apporter aucun changement, je vous suppliasse de vouloir bien maintenir les honneurs de la magistrature dont le dépôt m’est conUé...
(Bibl. imp., M$s. Fr. 8,122, fol. 490.)
' Agent* chargé* de veiUer aux bien* de la terre, avant la récolte.
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IS° 36. — d’ABGENSOK a POATCHABTBAIN.
Paris, 30 avril 1702.
La femme du nommé Auroy, libraire, m’a dit qu’elle avoit pris la liberté de vous faire ses plaintes contre un auteur iusoleut qui se fait nommer le chevalier de Mailly, et ses plaintes sont très-bien fondées. Elle l’avoit chargé de composer un petit ouvrage eu forme de nouvelle historique, sous le titre : la Fille capitaine, et elle lui avoit confié les mémoires de cette personne si connue dans Paris par le cordon bleu qu’elle porte eu écharpe et par l’habit extraordinaire dont elle est vêtue. Elle prétend même que madame la duchesse de Bourgogne l’avoit chargée de ce soin ; mais le chevalier de Mailly, au lieu de se borner à une narration simple et modeste, y a mêlé plusieurs histoires que la pudeur la moins scrupuleuse ne pourvoit souffrir : la mort du chevalier de la Bazinière, surpris avec une femme qu’il aimoit et tué d’une manière qui représente trop la peine du talion, aussi bien que reulèvemenl de la religieuse qui en déterra une autre, mit le feu à sa cellule et courut le inonde pendant plusieurs années. Ces aventures sont même décrites dans des termes si indécens qu’on ne peut s’empêcher d’en concevoir une juste horreur, et la nommée Auroy, qui lui avoit donné cinquante écus pour cet ouvrage, n’a pu obtenir qu'il en retranchât ces ordures ni tirer de lui d’autre réponse que des blasphémés et des injures.
Je me suis entremis pour lui faire entendre raison, mais j’ai compris à ses discours qu’il se pique de n’en pas avoir. J’ai su d’ailleurs que c’est un homme accoutumé à répandre des libelles dans le public et à envoyer en Hollande ceux de ses manuscrits que l’exactitude du sceau a rejetés. On lui attribue la Festale amoureuse, le Comte de Clare, les Entretiens des cafés, et quantité de pièces fugitives qui s’y débitent. Ou assure qu’il est fils d'uue servante de l’hôtel de Mailly, qui, étant devenue grosse, tint à honneur de déclarer que c’étoit d’un des enfans de la maison, quoique la chose fût fort douteuse. Madame la marquise de Mailly voulut bien se charger de l’enfant, après avoir chassé la mère ; mais son mauvais cœur et cet esprit de fainéantise et de poltronnerie qui l’attachent à Paris depuis si longtemps ayant démenti sa naissance, il s’est abau-
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donné au commerce des livres et des nouvelles. Cette route l’a conduit à une extrême indigence (comme il est assez ordinaire) et l’a engagé dans quelques affaires fâcheuses où il a fait voir son peu de courage. Il y a quelque temps qu’il donna un soufflet à la fille d’un libraire dans la grande salle du palais, à l’occasion d’un manuscrit de sa façon que cette personne ne vouloit pas payer à son gré ; et, dans une autre occasion, il donna un coup d’épée par derrière à un homme de province qui, le jour prccédeut, n’avoit pas approuvé de mauvais vers qu’il récitoit dans un café. Cinq ou six actions de cette force n’ont pas laissé de le rendre formidable dans le pays de la librairie, et je croirois qu’un citoyen de ce caractère mériteroit bien d’être relégué à quarante ou cinquante lieues de Paris ' ou renfermé dans le for-l’Évêque jusqu’à ce qu’il ait restitué à la femme d’Auroy les cinquante écus qu’elle ne devoit pas lui avancer.
Les suisses et les gens de livrée de M. le bailli d’Hautefeuille, ambassadeur de Malte, chargèrent hier avec beaucoup d’insolence les archers des pauvres et leur enlevèrent un mendiant qui demande l’aumône daus la rue du Bac, sous leur protection. Ils sont sujets à ces procédés violeus, et je me trouve obligé de vous en instruire, afin qu'il vous plaise de prendre les ordres du roi pour y mettre ordre.
On m’a demandé la permission d’imprimer de médians vers allégoriques, qui ont été composés sur la mort du prince d’Orange; mais, avant de les rendre publics, j’ai cru qu’il étoit de mon devoir de vous les envoyer et d'attendre votre décision^...
(Bibl. imp., Hss. F. F. 8,123, fol. 230.)
N“ 37. — D’ABGESSOH a PONTCHABTHAIB.
Paris, 14 octobre 1702.
Le chevalier Terrât n’est point parent du chancelier de Monseigneur le duc d’Orléans : il a pris ce nom depuis quelques mois, au même titre que les chevaliers de Toiras et d’Amboise
• En marge, au crayon, de l’écriture de Pontchartrain : Bon.
« En marge, au crayon, de l'écriture de Pontchartrain : Ne le pas permettre.
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avoient usurpé le leur bien avant qu’ou les eût chassés de Paris par un ordre du roi, dont l'exemple avoit fait une si heureuse impression sur tous leurs semblables.
Ce n'est qu'aprés un long examen que je prends la liberté de vous proposer ce remède, et depuis que vous m’avez chargé de veiller plus particuliérement à la sûreté publique, qui se trouve à présent dans un état où on ne l’avoit jamais vue, à peine m’avez-vous envoyé des ordres pour chasser de Paris huit ou dix personnes. Il est vrai que son absence a peut-être ôté à M. le lieutenant criminel plus de cinq cents procès; mais il n’est pas possible d’accorder ses intérêts personnels avec la tranquillité publique, et l’on peut dire qu’en ce sens nos deux charges ont des objets si différens qu’ils sont absolument incompatibles.
Bertrand a loué l’hôtel de Bourgogne de MM. les directeurs de l’Hôpital général, et il a obtenu de moi une permission générale pour donner au public le spectacle des danseurs de corde, sans en désigner le lieu. Aujourd'hui il m’a présenté le projet de sesafOchesdontje vous envoie une copie, et après lui avoir fait connotlre que, n’ayant pas de privilège, il ne devoit pas l’intituler du nom du roi, j’ai pensé que Sa Majesté ayant fait chasser de cet hôtel la troupe des comédiens italiens, il étoità propos qu’elle fût informée de l’ouverture d’une salle de spectacle dans le même endroit
(Bibl. iiiip., Hss. 8,123, fol. 320.)
N® 38. — DBS GBANGES A d’ABGERSON.
Paris, 10 avril 1708.
J’ai fait transférer, suivant vos intentions, du couvent de la Madeleine, dans la maison du Refuge, la demoiselle de Leviston qui avoit voulu s’étrangler, et qui avoit alarmé tout le quartier par les cris qu’elle faisoit dans la cellule où elle étoit renfermée. C'est à cette occasion que j’ai visité la maison de
' Note en marge au crayon, de la main de Pontchartrain : £’empteher.
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orce de ce couvent dans lequel je ne serois pas entré, si vous ne m’eussiez pas fait l’honneur de me marquer par votre lettre du 14 du mois de mars, que vous souhaitiez que je me transportasse sur les lieux, et si je n’avois cru que la supérieure en avoit obtenu la permission de M. le cardinal de Noailles, puisqu’elle m’avoit écrit, quelques jours auparavant, pour me prier d’examiner l’état et la situation de sa maison, afin que je pusse vous en faire connottre les dispositions et prendre vos ordres, tant pour empêcher les communications que les filles qu’on y renferme ont au dehors, que pour prévenir les violences et les évasions dont vous avez reçu tant de plaintes. Ce couvent est divisé en trois communautés : la première est celle des professes dont je n’ai point demandé le nombre; la seconde est composée des soeurs qu’on appelle de la congrégation ou du voile blanc, dont je n’ai pas cru aussi que vous désirassiez de savoir le détail, parce que ce sont des espèces de religieuses sur qui le supérieur ecclésiastique établi par M. l’archevêque a toute autorité.
Et la troisième s’appelle la Maison de Saint-Lazare, de force, ou des lettres de cachet; mais cette dernière communauté est à présent réduite à quatre personnes qui sont détenues par ordre du roi, savoir : la dame de La Croix, femme du colonel de ce nom et brigadier des armées du roi ; la dame de Châteaufort, dont le mari est aussi colonel ; la demoiselle de Salonne, de qui les malheurs vous sont connus; et la demoiselle Tillaudier, dont la débauche a été si publique et accompagnée de tant de scandale. M. de Chamillart a signé les deux premiers ordres, et les deux derniers sont signés de vous. C’est à ces quatre personnes que j’ai borné ma visite; et je ne crois pas qu’il y en ait aucune qui doive sortir, à moins que ce ne soit la demoiselle de Salonne, qui n’est pas proprement un objet des communautés de cette espèce, mais dont la famille, qui a des raisons pour désirer qu’elle soit renfermée dans quelque monastère, n'en a pu trouver aucun de qui les supérieures voulussent s’en charger.
Au reste, la maison de force que vous m’avez ordonné de voir consiste dans un petit corps de logis où il y a huit cellules grillées, et quatre de ces cellules ont sur elles beaucoup de vues de plusieurs voisins inconsidérés qui portent souvent leur insolence jusqu’à dire les injures les plus outrées aux religieuses
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qui sont chargées du soin des filles indociles que l’on y met eu correction. Le gros mur est mitoyeu avec celui d’une maison particulière, dont les fenêtres, qui donnent sur le toit commun, assurent l’entrée ou facilitent la sortie de toutes les lettres qu'on veut écrire. J’ai aussi remarqué que les murs du jardin, et particuliérement celui du côté de la rue de la Croix, sont beaucoup plus bas qu’il ne conviendroit. Et, si l’intention du roi étoit que cette maison devint sdre, il faudroit nécessairement élever ses murs de clôture et prendre des précautions contre les vues des maisons qui l’environnent. La supérieure de ce couvent m'avoit promis de me représenter, suivant les ordres portés par votre lettre — dont je lui ai donné communication — les titres de son établissement, les patentes de sa fondation, le brevet constitutif de la pension qu’elle rei^'oit sur le domaine, et les autres actes qui fout connoltre les obligations de son institution, par rapport à la correction des femmes d'une conduite scandaleuse ; mais elle n’y a pas satisfait encore.
Je ne dois pas omettre que si la demoiselle de Leviston avoit bien voulu se pendre dans la cellule où ou l'avoit mise, il lui étoit facile d'exécuter ce projet criminel, puisqu'elle u’avoit auprès d'elle aucune sœur; mais elle eut la précaution de se préparer à ce cérémonial funeste par de grands cris qui lui attirèrent du secours et donnèrent le temps à la supérieure d’appeler des archers du voisinage qui calmèrent ses imprécations et scs violences. A peine a-t-elle été au Refuge, qu'on a été obligé de la faire transférer à l'hôpital, d'où elle voudroit bien qu'on la ramenât à la Madeleine, comme je l’avois bien prévu.
Je ne presserai point la supérieure de cette maison de me rapporter ses titres, suivant sa promesse, jusqu’à ce que vous m'eu donniez un nouvel ordre.
(Bibl. imp., Mss. fr. 8,IÎ5, fol. 21.)
N” 39. — D’aBGKNSON a PONTCHABTaAIN.
Paris, 9 mai P 08.
Je prends la liberté de vous envoyer une lettrede la demoiselle Leviston, qui a été transférée de la Madeleine au Refuge, et
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à l'Hôpital général, pour ses emportemens et ses violences. Elle demande, avec beaucoup d'empressement, qu’il vous plaise d’ordonner qu’on la ramène à la Madeleine, et elle promet bien d’y être plus sage et plus retenue. Les soeurs de l’hôpital, qui ont inspection sur sa conduite, en paroissent assez contentes ; mais sa santé est très-délicate, et je doute que la nourriture de l’hôpital puisse convenir à son tempérament. Ainsi je pense qu’on pourvoit, sans beaucoup d’inconvénient, la renvoyer au couvent de la Madeleine, après y avoir fait consentir la supérieure par une lettre que vous auriez la charité de lui écrite.
(Bibl. imp., Mss. Fr. 8,126, fol. 34.)
N“ 40.— d’abgenson a DESMARETZ, contbolbub génébal