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passe; rien. Une heure se passe; pas de préfet de police. Une heure et demie se passe; la commission attend toujours. Deux heures se passent; comme Thomme au sonnet, la commission désespère à force d'espérer toujours et.... s'en va.

Informations prises : M. Andrieux avait oublié le rendez-* vous ; et il paraît qu'il n'avait pas un secrétaire chargé de tenir son agenda.

Nouveau rendez-vous est pris pour le lundi 12 mai.

La commission se réunit et attend ; elle attend en vain.

Au bout d'une demi-heure, on sonne l'huissier :

— Huissier, ne voyez- vous rien venir?

— Rien I

Au bout d'une heure, nouveau coup de timbre :

— Huissier, ne voyez-vous rien venir?

— Rien 1 1

On attendit, et on ne vit rien venir.... même pas la moindre lettre d'excuse I

Le président écrivit alors à M. le préfet de police, pour lui demander quelques explications.

Deux ou trois jours après, M. le préfet de police répondit que, le 12 mai, sa mémoire n'avait pas été meilleure que le 5 mai.

Le 24 juin, eut lieu l'interpellation relative à l'arrestation de M. Bonnefons, premier résultat de la circulaire du 18 juin; ce fut ce jour-là qu'il fit la théorie de l'agent de police à la fois juge et partie dans sa propre cause. Il annonça toutefois qu'il avait pris des mesures disciplinaires contre ces agents qui avaient eu le tort d'appliquer ses instructions. L'incident n'eut pas de suites.

Presque immédiatement, éclatèrent coup sur coup l'affaire Bornage, la saisie de la Lanterne^ le triomphe de M. Andrieux et le vote de la Chambre, dans la séance du 1«' juillet. La majorité du Conseil municipal voulut s'y associer. M. Maillard, le 29 juillet, interpellant le préfet de police sur l'arrestation du négociant de la rue Montor-

LE CONSEIL MDNICIPAL ET LA PRÉFECTURE DE POLtCE. 367

gueil, coupable d'une simple contravention, l'ordre du jour pur et simple — on n'alla pas jusqu'à l'ordre du jour de confiance — fut voté par 33 voix contre 21. Celle année, la majorité de la commission du budget élait opportuniste; ses rapports ne présenlèrent aucun intérêt.

Le 13 janvier 1880, M. Deligny posa une question au sujetde l'arrestation de M"" Ninug. J'ai donné l'étonnante théorie du préfet en faveur de « l'allaitemenl intermittent des enfants ". Le 5 février, je posai une (juestion relativement à l'arrestation de M™ Lecomte. Mais la question s'engagea avec vivacité au sujet de la liquidation de retraite de M, Lombard; car M, Lombardj malgré les faits écrasants révélés contre lui, n'avait pas été révoqué ; on no lui avait même pas imposé sa démission; il avait été mis à la retraite par MM. Andrieux et Caubet. Sigismond Lacroix fut chargé du rapport, et dit ce que tout le monde pensait du personnage. Celui-ci se rebiffa. Il publia une letire que Itii écrivait le k mars 1879, au lendemain de la déclaration de M. Tirard, de la publication du procfes-verbal de la commission d'enquête', M, Félix Voisin, l'assurant de " son estime personnelle ><; lui apportant a son témoignage d'affection b ; déclarant qu'il avait été un « loyal serviteur », qui« pendant les deux ans qu'il avait passés eODS ses ordres, n'avait pas eu un seul instant de défaillance. » Or, c'est pendant celte période que ce « loja! ser- ■riteurii, connaissant le vrai coupable de l'affaire du Palaia- Royal, faisait traduire M. Rouvier en police correctionnelle; o'oBtpource fait qu'un magistrat, qu'un conseiller à la Cour de cassation lui témoignait « son affection et sou cstimel » BtM. Lombard publiait une longue lettre d'injures à Sigismond Lacroix, pleine de ces insinuations auxquelles sont accoutumés les gens de police; réitérant d'une façon ambi- ^é ses calomnies contre Rouvier; et traitant du haut de ea grandeur les sénateurs, les députés, le président et le

vice-président du Conseil municipal qui avaient révélé ses infâmes manœuvres.

Lors de la révolution de 1848, on découvrit à Milan les notes secrètes du gouvernement autrichien sur ses agents. Parmi eux se trouvait un nommé Bolza, représenté comme un homme âpre, perfide, tout, sauf respectable, vénal, fanatique napoléonien jusqu'en 1815, depuis partisan de l'Autriche avec une égale ardeur, et demain « turc, si Soliman arrivait, » capable de tout, pour de l'argent , contre ami ou ennemi. Mais « il comprend son affaire, continue la note, et est très bon pour sa fonction >>.

Un ouvrage publié à Lugano contient son testament : « Je défends absolument à mes héritiers, dit-il, de placer aucune marque d'aucun genre sur Tendroit où je serai enterré, ni aucune inscription ou épitaphe. Je recommande à ma chère femme que, lorsque mes enfants seront en âge de solliciter un emploi du gouvernement, ils le demandent partout ailleurs que dans la police ; et, à moins de circonstances extraordinaires, de ne jamais donner son consentement au mariage d'une de mes filles avec un des agents de ce service ^ »

Bolza avait de la pudeur et le sentiment de sa dégradation. Ces deux qualités manquaient à M. Lombard.

Les hauts fonctionnaires de la Préfecture de police avaient pris Fhabitude d'augmenter leurs traitements avec des gratifications et des primes fixes, prises sur le crédit de 542,000 fr. En vertu de la théorie de M. Andrieux, le Conseil municipal ne devrait pas plus avoir le droit de s'occuper delà répartition du crédit qu'il n'a le droit de s'occuper de la répartition des services des brigades. Cependant, pour le budget de 1881, il se mit d'accord avec la commission: ces gratifications ont été réduites, réparties d'une autre manière', et ont constitué franchement une augmentation de

1. Cité par Gladstone. S^afe prosecution of the NeapolUayi govern^ ment (éd. Tauihnilz), p. 221.

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