‹ La policeChapitre 120 sur 139 · Loi de 1790, Code de Brumaire, an IV. Voy. p · texte numérisé non relu

Loi de 1790, Code de Brumaire, an IV. Voy. p

L OPINION PUBLIQUE ET LA FOLIC

ti'eeprit proleulcur se manifesle éaergiqucment dans police des théâtres. Il y a des livres sur ce sujet. Mi Simonet, ancien chef du bureau des théâtres à la Préfecture de police, en a. fait un (18501, prouvant que Molière ne pourrait pas f tre joué sans son iniervenlioa. Le droit, pour tout le monde, d'ouvrir un théâtre a fait l'objet de longes polémiques. Il ; a des gens qui trouvent que la liberté est dégénérée en licence, parce qu'il y a des cafés-concerts. Eh.1. s'ils TOUS gênent, faites comme moi, n'y allez pas I — Maia^'i le peuple, les jeunes gens qui y vont... — Ah ! nous voili après l'orthodoïie religieuse à l'orthodoxie du théâtre, etdaj concert I Les cafés- concerta sont des hérétiques I M. Camei casse ne s'est-il pas avisé un jour de proscrire 50 ou 60 mal*^ heureux pianos qui se trouvaient dans quelques pauvres cafés? Beaucoup de gens ont trouvé cela très bien. La censure existe encore pour les théâtres où on jouit toujours de la liberté dont parlait Figaro. Il n'y a qu'un personnage dont on puisse parler à l'aise ; c'est George Dandin ; aussi on ne parle que de lui. U en est résulté que les étrangers et même les Français, à force de le voir, ont fini par croire qu'il n'y avait que lui dans la nation. Il a incarné la France. C'est flatteur I

Si je demande la liberté des jeux, la police insinuera que je suis associé de M. Blanc, qui, cependant, ayant gagné de l'argent, a constitué une famille très respectée, et puis elle annoncera pompeusement qu'elle a fait quelque descente dans quelque misérable iripot. A cdté, s'étalent partout à Paris de gigantesques maisons de jeu, sous le noHQ de cercles. On les respecte celles-là. Pourquoi cette différence? pourquoi cet arbitraire? Si voua vous figurez que votre mission est de surveiller la manière dont les gens dépensent leur argent, de leur permettre de le gaspiller d'une certaine façon et de leur défendre de le gaspiller de telle autre, si le jeu fait partie des moyens ■prohibés, alors prohibez-le et, sous le prétexte de le dé- Tendre, ne l'organisez pas.

I faudrait avoir non seulement de l'unité, mais de la

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suite dans les idées. Il y a quelques années, on a fait une chasse à fond contre les bookmakers; maintenant, ils sont devenus une institution.

On se rabat sur les joueurs de bonneteau. Leur jeu n'est qu'un jeu d'adresse. On ne s'est pas encore ap^çu que tout effort, pour protéger une dupe qui veut être dupe, est du temps et de la peine perdus. Il y aura toujours des joueurs de bonneteau, de tous genres et de tous les degrés, tant qu'il y aura des gogos. Chose superbe! c'est gogo qui clame le plus haut protection, et c'est lui seul qui se dérobe à la protection faite pour lui.

Nous avons vu qu'autrefois la Préfecture de police se chargeait de l'approvisionnement de Paris. Elle a encore la haute main aux halles. Autrefois, elle réglait le prix de» denrées. Depuis que c'est la loi de l'offre et de la demande, on ne craint plus la faim, quoique l'organisation des halles soit défectueuse. Autrefois, il était établi qu'on ne pouvait manger ni pain ni viande, sans intervention de TÊtat. Maintenant personne n'oserait plus proposer le rétablissement de la taxe. La police maintient encore la corporation des forts de la halle. Elle distribue des inédailles aux marchands des quatre saisons, « aux personnes les plus méritantes » à ses yeux!

M. Andrieux, reproduisant une note de 1858 de la Préfecture de police, devant là commission chargée d'examiner la loi Gonstans, disait :

Le 1«' bureau de la 2* division, celui des halles et marchés^ comprend sous sa surveillance : ô57 forts de la halle ; 2000 porteurs ; 810 employés de facteurs, etc., qui tous sont permissionnés et soumis àTaction disciplinaire de la Préfecture.

Le 2*" bureau comprend sous son contrôle : 6000 marchands ambulants des quatre saisons ; 300 marchands de coco ou de plaisir ; 600 saltimbanques ou musiciens ambulants, lesquels n'exercent leur profession qu'en vertu d'une autorisation de la Préfecture de police.

Le 3" bureau surveille les cochers dont les inscriptions s'élèvent en totalité au nombre considérable de 54,600 cochers dont 24,000 travaillant journellement. Tous sont soumis à l'action disciplinaire delaPréfeeture de police, et ils peuvent se voir retirer leurs papiers pour faits d'immoralité ou pour actes professionnels.

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le 4* bureau flnDn, celni des élahUssemenlB inaalabreg, comprend sons sOD contrôlo 5.022 établiBsemenls, tous claaség, qu'il surveille-régu- UÉrement.

En rÉfiumé, Ht. Andricnx dit que, sans eïagéier, on peut évaluer k cent mille le nombre des individus qui dépeadenl de la 2' division de Ib Préfeclure de police et qui sont Boomia à l'action disciplinaire de

M, Andrieui ne croit pas qu'il soit possible de renoncer à l'inQuence légitime de l'État sur une aussi nombreuse population pour augmenter d'Bol&nt la clientèle municipale.

Ces esplicatioas indiquent le système da !a police ; elle Teut avoir du monde sous la. main et elle se vaate de ce qui est sa coadamnation.

L'esprit protecteur, fait de dénonciations, d'appels à la force, lui livre ce personnel. Les marchands en boutique se plaignent de la concurrence des marchands des quatre saisons : par contre, j'ai sous les yeux « la plainte des marchands ambulants conlrc les marchés fixes n. Chacun voudrait supprimer ses concurrents.

Quand le droit au travail était un privilège, une des principales fonctions de la police était d'empêcher les gens de travailler. Turgot, ayant voulu établir la liberté du travail, en 1776, échoua. Que chacun piît travailler comme il l'enlendit, à tel métier qui convînt à ses goûts et aux clients, c'eiit été un scandale, le renversement de toutes les saines doctrines. Par contre, la Révolution poussa si loin l'applicalion des théories de Turgot que la loi de 1791, en proclamant le droit de réunion, en exclut les gens de même mélier qui voudraient causer entre eux de leurs prétendus intérêts communs. En France, presque toujours la liberté se double de restrictions et de prohibitions. Un des premiers actes de la Préfecture de police sous l'Empire fut de rétablir les corporations à son profil. L'article 10 de l'arrêté de messidor enjoint au préfet de ,

police de « prendre les mesures propres à prévenir ou dissiper les coalitions d'ouvriers pour cesser leur travail ou enchérir le prix des journées. »

Par des ordonnances du 24 janvier 1801, du 26 septembre 1806, du 2 mars 1810, du 29 juillet 1811, elle fixa la durée du travail, la durée des repas, le commencement et la fin de la journée pour les maçons, charpentiers, couvreurs, paveurs, terrassiers. Sous prétexte que les outils des charpentiers étaient dangereux, elle ordonna que chacun portât le poinçon du maître. Elle soumit l'établissement des ateliers de chapellerie, elle assujettit les colporteurs, les commissionnaires, les porteurs de charbon à ifne autorisation; elle en limita le nombre à son gré. Elle rétablit, peu à peu, à son profit les anciens règlements de Golbert, sans se soucier des principes de liberté du travail, proclamés par la Révolution*. La plupart dé ces dispositions sont tombées en désuétude, mais non sans luîtes et sans efforts. Quelques-unes existent encore. Elle en demande de nouvelles. M. Marseille a exposé 1res naïvement de quelle manière la Préfecture de police comprenait les rapports des employeurs et des travailleurs. « Avant 1|l loi sur les coalitions, quand une coalition était formée dans un atelier, le patron venait trouver l'Administration, quelquefois seulement le commissaire de police du quartier, et lui disait : Nous avons deux ou trois meneurs qui veulent détourner les ouvriers du travail; nous sommes sûrs qu'ils agissent, et nous voudrions prévenir ce mouvement. Alors TAdministration intervenait, prenait des renseignements, et s'il était établi qu'il se trouvait dans l'atelier un meneur ] qui voulût détourner les ouvriers, on l'arrêtait et la coalition échouait^. »

Aujourd'hui plus d'un patron attribue à l'abandon de ces procédés les embarras dans lesquels il peut se trouvtf i quelquefois engagé; et plus d'un ouvrier demanderait qK,

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