‹ La policeChapitre 121 sur 139 · Enquête sur le 18 raars^ p · texte numérisé non relu

Enquête sur le 18 raars^ p

ia

L OPINION rUBLEQUE ET LA POLICE.

I& Préfecture de police fit à eon proËt ce qu'ul'c faisait autrefois contre lui. Elle n'y est pas encore disposée, loin de là. Elle a bien de la peine à ne pas considÉier une grève, qui n'est qu'un accaparement de travail par les ouvriers, comme une sorte d'émeute.

J'allais oublier les accapareurs ! La police a cru longtemps qu'une de ses grandes fonctions Était d'empêcher les marcbands d'objets d'alimentation, blé et viande, de faire des approvisionnements. Ainsi elle travaillait, à la salisfaction de la majeure partie de l'opinion publique, à provoquer des disettes et des famines 1

Aujourd'hui, elle intervient surtout dans le travail des femmes. Elle manifeste de temps en temps des velléités de les empêcher de servir comme bonnes dans les cafés ou brasseries. Et pourquoi? — parce qu'elles cumulent? prétend la police. — M. le préfet de police, 'aussi, cumule. — Peut-on comparer?... — Pourquoi pas? et de quel droit les empêcherez- vous de cumuler? et savez-vouB si elles cumulent toutes"? et si vous leur interdisez le service du café, ne les rejetterez vous pas plus profondément dans le métier que voua leur reprochez d'exercer? La police a toujours cette logique.

J'admets la protection pour l'enfant : mais la Préfecture gâte tout ce qu'elle touche. Le Conseil municipal, ayant fait la sottise de la charger de l'application de la loi de 1874 sur le travail des enfants dans les manufactures, M. Vel-Durand déclara aux inspecteurs qu'ils étaient des agents de la police et auï dames faisant partiedes commissions locales qu'elles étaient a dos employées de la police ». ■^la jeta un tel froid qu'elles ont disparu et qu'il est ^^^ossiblo maintenant Je constituer ces commissions. H^Iia police autorise des bals, d'après l'ordonnance du \tî mai 1833, mais y interdit en même temps " les danses indécentes ». Quel est le baromètre de la décence de la police? Avec quel instrument de précision a-t-elle déter-

e la hauteur à laquelle elle permet de lever

la jambe ?

Elle a des missions bien délicates, cette pauvre police I Elle se charge aussi d'empêcher les Parisiens de faire du jour la nuit. Gisquet s'indigne fort, dans ses Mémoires, contre « les gens habitués à blâmer ordinairement Tautorité » qui n'avaient pas montré d'enthousiasme pour son ordonnance enjoignant la fermeture des cafés à onze heures.

ce Concluons de tout ceci que nos oisifs, nos sybarites parisiens, sans égard pour le besoin d'un sage emploi du temps dans l'intérêt des masses laborieuses, auraient voulu que l'autorité favorisât leurs goûts, et tendît conjointement avec eux à intervertir l'ordre de la nature en faisant du jour la nuit et de la nuit le jour. »

Un préfet, en permettant l'ouverture des cafés, jusqu'à deux heures, s'était montré hardi. M. Gamescasse a fait une restriction et l'a limitée à une heure ! A-t-il suffisamment a respecté l'ordre de la nature? » Ce ne serait pas l'opinion de son prédécesseur Gisquet.

Après avoir forcé le citoyen à rentrer, pourquoi ne le suivrait-elle pas chez lui, afin de le forcer à « respecter Tordre de la nature^ » Pourquoi ne soufflerait-elle passa bougie ou n'éteindrait-elie pas son gaz de peur d'incendie? Dans certaines villes de l'Orient, paraît-il, un muezzin invite à certaines heures les époux au devoir conjugal; vu la diminution, de la population, je signale cette nouvelle fonction â la police. Des contrôleurs s'assureraient qu'on n'a pas triché. Il y a des chances pour que cette proposition se réalise, étant donnés notre foi dans les règlements de police et notre appétit de fonctions.

L'esprit protecteur a inspiré aussi à la Préfecture de police d'admirables règlements sur les voitures*. Lalongueur de la mèche des fouets est fixée officiellement à 0,25 c, de la monture à 1 mètre, du manche à 1 mètre. 11 est interdit au cocher actif et ayant un bon cheval de parcourir la voie publique, d'offrir sa voiture aux passants par parole ou

Page 1