CHAPITRE II
I. Liste des Préfets de police, — Le général Valentin. ^ M. Léon
Renault.
IL M. Voisin. — Les capituiaires de Gharlemagne. — Héros et martyr.
— Avancement inespéré.
lU. Républicanisme et cléricalisme. — Naïveté. — Suspect à la police.
— Son cauchemar. — Préfet de police chef de brigands. — Défaut de franchise et d'énergie. — Bouc émissaire.
lY. M. Andrieux. — Sa récompense. — Le démagogue. — Le délire de la persécution. — Diagnostic et pronostic. — Irresponsabilité. — Les dépêches de M. Ghallemel-Lacour. — M. Andrieux anarchiste. — Sa conception de la police. — Sa manière de discuter. — Mystère. — Maupas et Pietrl. — Ses exploits russes. — Les républicains et la police. — M. Gambetta et M. Andrieux. — Pas de pudeur.
V. M. Camescasse. — Sa tradition. — Fonctions de famille. — Sa caractéristique. — En dehors de son administration. ~ Son éloquence. — Rosser les étudiants. — Gamescasse-téte. — InsufGsance constatée. — Cela n'irait pas mieux.
VI. L'influence du fauteuil du Préfet de police. — Nerfs centripètes et nerfs centrifuges. — Les préfets changent; le cerveau reste.
Gomme nous ne faisons pas une histoire de la police, mais une étude sur la police contemporaine, nous nous bornerons à donner la liste des Préfeti^ de police depuis Tan VIII jusqu'à nos jours .
!<" M. le comte Dubois, membre du bureau central; préfet de police du 8 mars 1800 au 14 octobre 1810; 2* BL le baron Pasquier, du 14 octobre 1810 au 13 mai 1814 ; 3« M. Beugnot; du 13 mai 1814 au 3 décembre 1814; A^'M. d'André, du 3 décembre 1814 au 14 mars 1815;
5*> M. de Bourrienne, du 14 mars 1815 au 20 mars 1815;
6» M, Real, du 20 mars 1815 au 3 juillet 1815 ;
T* M. Courtin, du 3 juillet 1815 au 9 juillet 1815 ;
8* M. Decazes, du 9 juillet 1815 au 29 septembre 1815 ;
9« M. le comte d'Angles, du 29 septembre 1815 au 20 décembre 1821 ;
10" M. Delavau, du 20 décembre 1821 au 6 janvier 1828;
11« M. Debelleyme, du 6 janvier 1828 au 13 août 1829;
12» M. Mangin, du 13 août 1829 au 30 juillet 1830;
13*» M. Bavoux, du 30 juillet 1830 au V août 1830;
14«» M. Girod de l'Ain, du 1"' août 1830 au 7 novembre 1830;
lô** M Treilhard, du 7 novembre 1830 au 26 décembre 1830;
16« M. Baude, du 27 décembre 1830 au 21 février 1831 ;
17<> M. Vivien, du 22 février 1831 au 17 septembre 1831 ;
W M. Saulnier, du 17 septembre 1831 au 15 octobre 1831 ;
19« M. Gisquet, du 16 octobre 1831 au 10 septembre 1836;
19<* M. Gabriel Delessert, du 11 septembre 1836 au 24 février 1848; -
21** MM. Caussidière et Sobrier, délégués à la Préfecture de police, du 24 février au 28 février 1848 ; M. Caussidière, délégué, da 29 février 1848 au 15 mars 1848 ; M. Caussidière, préfet de police, du 15 mars 1848 au 18 mai 1848 ;
22» M. TrouvéChauvel, du 18 mai 1848 au 19 juillet 1848;
23» M. Ducoux, du 19 juillet 1848 au 14 octobre 1848 ;
24* M. Gervais (de Caen), du 14 octobre 1848 au 19 décembre 1848;
25» M. Ré billot, colonel de gendarmerie, du 21 décembre 1847 aa 8 novembre 1849;
26» M. Carlier, du 9 novembre 1849 au 26 octobre 1851 ;
27» M. de Maupas, du 27 octobre 1851 au 22 janvier 1852 ;
28» M. Blot (Sylvain), délégué à la Préfecture de police, du 23 au 27 ianvier 1852;
29» M. Piélri (Joachim), du 28 janvier 1852 au 16 mars 1858;
30» M. Boittelle, du 17 mars 1858 au 21 février 1866 :
31» M. Piétri (Giuseppe), du 21 février 1866 au 4 septembre 1870;
32» M. le comte de Kératry, du 4 septembre 1870 au 11 octobre 1870;
33» M. Edmond Adam, du 11 octobre 1870 au 2 novembre 1870;
34» M. Cresson, du 3 novembre 1870 au 10 février 1871 ;
35» M. Choppin, délégué à la Préfecture de police du 11 février 1871 an 15 mars 1871 ;
36» M. le général Valenlin, délégué à la Préfecture de police du 15 mars 1871 au 18 novembre 1873:
37» M. L«^on Renault, du 19 novembre 1873 au 9 février 1876 ;
38» M. Fébère Voisin, du 9 février 1876 au 8 mars 1876 comme chargé des fonctions de Préfet de police, et Préfet de police du 7 mars 1876 au 17 décembre 1877 ;
39» M. Albert Gigot, du 17 décembre 1877 au 6 mars 1879;
40» M. Andrieux, du 6 mars 1879 au 16 juillet 1881 ;
41» M. Camescasse, Préfet de police actuel, depuis le 17 juillet 1881.
I Cette liste comprend quarante-deux noms : cela fait une
moyenne de deux ans par prÉfel de police.
La plupart de ces noms sont inconnuB; les autres ont laissé le souTenir de scandales ou de crimes.
Qisquel a été sauvé de l'oubli par ses fusils. Maupas par sa participation au Deux Décembre. Heureux ceux qu'on ne se rappelle plus I Je me bornerai à parier des six derniers.
Le général Valenlin avait été noraraé préfet de police pendant la Commune comme prévftt d'armée. Il était chargé de faire la proscription. Il a eu l'habileté d'opérer cette besogne sans trop faire parler de lui. Il était cbargé, en même temps, de surveiller bonapartistes et légitimistes. Il n'empâcha point le 24 mai.
M. Léon Renault, orléaniste par ses relalions, fut le préfet du 24 mai. Il eut l'habiletéde manœuvrer de telle sorte qu'il fit presque croire qu'il était républicain. Afin de garder la place aux d'Orléans, il combattit les bonapartistes et dénonça le comité de comptabilité en collaboration avec son amiSavary'. On se rappelle le tapage. Tous les deux, depuis, SB sont mis dans les aH'aires. On sait que M. Savary n'y a pas été heureux. Au moment oij le minislére Ferry inventait les Kroumirs, M. Léon Renault allait demander, accompagné deM. Roustan, au bcy de Tunis, le monopole d'une banque d'Etat et d'un mont-de-piété. Cette démarche a lié d'une manière fâcheuse son nom à l'expédition de Tunisie. Depuis, M Léon Renault poursuit sa carrière lucrative. Il semble avoir borné son ambition à devenir le successeur de Laurier.