Séance des l«'et2 mars 1879. Voir livre II, ch. V
LES PRKFETfi DE POE.ICE. 53
omnibus. Je ]o plains : car il a été le bouc émissaire cbargâ' des péchéfi de la Préfecture de police.
Je le plaindrais davantage si, par un singulier phénomène, il ne les avait pas si bien incarnés qu'il considère aujourd'hui que, faisant partie de lui-même, il est obligé de les tenir pour vertus, de sorte qu'il a écrit récemment dans la Forlniglhbj review^ un article, obscur et mal fait d'ailleurs, tendant à prouver que si la Préfecture de police n'existait pas, la vertu serait exilée de la terre. Il oublie que lui-même a été forcé de s'exiler de la Préfecture de police.
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I fallait un remplaçant à M. Albert Gigol. M. Andrieux venait de faire un rapport contre l'amnistie. Le ministère Waddinglon jugea que l'ancien démagogue lyonnais, pour avoir eu ce courage, mcritail une récompenae. Huit jours après, il entra à la Préfecture de police par la porte des renégats. Elle l'a conduit jusqu'à l'Eglise.
En janvier 1870, revenant du Midi, je m'arr6lai à Lyon et allai voir M. Andrieux, dont la renommée politique avait suivi le cours du Rhône jusqu'à Marseille. C'était une de ces renommées qu'acquièrent à bon marché les avocats aux frais de leurs clients.
Il me reçut cordialement, dans une sorte d'office, et im-médiatement j'éprouvai une forte antipathie pour lui.
Dans sa manière d'envisager les questions, de parler des partis politiques, je sentais un homme sans autre foi qua sa croyance en lui-même, sans autres principes que se» appétits plus ou moins avoués.
Il avait lu et médité Le 19 janvier d'Emile Ollivier, et, comme lui, il avait je ne sais quel goût dépravé pour les.