juillet
— Il a une prédisposition héréditaire. Je suis sûr qu'il y a eu des aliénés dans sa famille.
C'est un homme dont les nerfs sont malades. De là ses boutades, ses coups en avant, ses agressions, puis ses retraites, ses reculades; il agit par accès. Plein de provocations et de détours, ce préfet à moustaches avait des vapeurs.
Illusions, hallucinations, délire ambitieux, trouble de la sensibilité générale, violents appétits, tendance à simuler, ataxie locomotrice, regard perdu ; vous retrouvez chez M. Andrieux tous ces caractères d'une affection bien connue : il est voué à la paralysie générale. En attendant, il a eu le delirium tremens de l'autorité.
Je le juge donc avec l'impartialité d'un médecin pour un malade. Le considérant comme irresponsable, me bornant à faire son diagnostic, je fais remonter la responsabilité de ses actes à ceux qui l'ont mis et maintenu à la tête du service de la Préfecture de police. Si un aliéné tue quelqu'un d'un coup de couteau, ce n'est pas lui qui est le coupable, c'est celui qui, sachant qu'il pouvait s'en servir, le lui a placé entre les mains.
Malheureusement, c'est souvent l'habitude de la politique de confier les fonctions les plus dangereuses aux hommes qui peuvent en faire le plus mauvais usage. Les dépêches suivantes prouvent que M. Ghallemel-Lacour agit de cette manière à Lyon, en 1870, à l'égard de M, Andrieux ^
Lyon, 9 septembre 1870. — N* 43,210. — Préfet à garde des sceaux^ Paris. — Ne faites pas de nominations au Parquet sans m'en aviser. On parle d*Andrieux pour procureur de la République. Impossible quant a présent,
Lyon, 9 septembre 1870. — N" 43,558*. — Préfet à garde des sceaux. Réorganiser immédiatement le parquet. Je propose Le Royer, procureur général. xMilIaud, procureur de la République. Andrieux^ premier avocat général. J'ai revu celui-ci depuis la dépêche où je le déclarais impossi-