‹ La policeChapitre 25 sur 139 · Textuel, séance du 25 nov · texte numérisé non relu

Textuel, séance du 25 nov

Après la chute de M. Ândrieux, le gouvernement chercha un préfet de police qui, moins compromis que lui, pût cependant suivre ses traditions. U y avait, quelque part, employé au ministère de l'intérieur un grand monsieur qui avait été préfet dans trois ou quatre départements. Par habitude de famille, il offrait des garanties comme préfet à poigne. Son père, procureur du roi en 1848, révoqué par la révolution, avait été replacé au mois de novembre 1851, comme un de ces magistrats sur lesquel le coup d'État pouvait compter : il avait mérité cette confiance en faisant partie des commissions mixtes, et, insensible à la flétrissure de Dufaure, il n'avait point quitté son siège de conseiller à la cour de cassation. Il n'a cédé qu'à la loi de 1883. C'est de toute justice que le fils d*un homme qui proscrivait les républicains au nom de l'Empire, empoigne les républicains au nom de la République. Il y a des fonctions de famille. Celles de bourreau et de garde-chiourme sont héréditaires.

M. Camescasse a un caractère : il est naturellement ahuri. Et je comprends qu'il soit ahuri de sa position : préfet de police, député : qu'est-ce qu'il a fait pour cela? Il se sent tellement en dehors de ces doubles fonctions qu'il ne remplit ni les unes ni les autres ! M. Camescasse est le préfet Benoîton. On le trouve à l'Elysée, à la Chambre, dans les théâtres, dans les salons, dans les concerts, dans les dîners d'apparat, souvent à Brest, partout, excepté à la Préfecture de police.

Encore, là, ne connaît-il que son salon. Quand il fut invité à venir répondre au questionnaire de la 7® commission*, chaque lois qu'un membre lui parlait d'un rouage quelconque, il donnait un coup de coude à Cambon en lui disant à mi-voix : — Est-ce que ça existe, ça?

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