décembre
La première fois qu'il parla au Conseil municipal, il ftaonoa; depuis, il n'a pas fait de progrès. II a tous les lieux communs de l'avocat de proTÎace. Il m^ t en avant les grands mots qui ne veulent rien dire : et l'ordre public, et la morale publique, etj'administration! Il croit à l'adminislration! cela Juge un homme. En attendant, s'il aaît qu'il eat le chef « d'une grande administration », et s'il M yeut pas laisser « péricliter entre ses mains celle adminUtration », et s'il ne veut pus laisser entamer » la part d'autorité qui lui a été confiée o, il ignore ce que peut bien fltre cette administration. De temps en temps, quand quelque scandale se produit, quand la police prouve son impuissance, il fait annoncer qu'il se prépare à étudier telle ou telle r6rorme. Il en reste à l'intentioD, En attendant, il suit les traditions de M. Andrieux. Il multiplie les arrestations, les cas de rébellion et de violence. Il fait des chasses aux Parisiens; it fait des chasses aux pauvres, et enfin c'est à lui que revient l'honneur de l'abominable battue d'étudiants du 27 mai 1882.11 parait que, pendant que ses agents armés de casse-têtes, le sabre dégainé, poursuivaient les étudiants désarmés et blessaient les passants inaffensifs', lui, offrait un grand dîner et disait en ricanant :
— Les émdian-ts voulaient rosser le guet' ; c'est la police qui les rossera.
Cet exploit lui a valu son surnom de Camescasscifite, qui lui restera, et l'hommage d'un casse-tête d'honneur qu'il léguera avec orgueil à ses enfants en leur disant : — Suivez l'eiiemple de votre grand-papa ei le mien. C'est en tapant sur les autres qu'on fait les bonnes maisons. — Après cet exploit, M. Camescasse qui, pour dégager sa responsabilité, avait menti' impudemment au Ministre de l'inlérieur, aurait dû être non seulement chassé de la Préfecture