Voy. liv. IV, ch. I
RiOMMENT JE DEVINS LE VIEUX l'KTIT EMPLOYE. 31
lecteurs. Je buîb sûr qu'ils ignorent complfelement ibpm efforts ; et les connussent-ila que, probablement, ils ne me manifeeteraicDl pas leur reconnaissance autrement qiie li';^ galériens que Dou Quichotte avait délivrés. Ils le chessèrent à coups de pierres. On voit que ma position esî agréable: mes clients, d'un côté, la police, de l'autre; j'en ai déjà goùlé les charmes à la salle Rivoli, le il mars
Je ne récrimine pas : c'était prévu.
Quand noua avons engagé la lutte, mon cher Mayer, nous noua sommes d'autant moins dissimulé les dangers qu'elle pouvait présenter que nous connaissions mieux les procédés dont la police était capable. Au cours de la campagne, TOUS avez résisté aux Conseils effarés, aux avertissements timorés qui vous montraient un précipice à cbaquu pas. Je ne saurais trop vous remercier d'être allé, sans hésiler, sans un moment de faiblesse, jusqu'au procès du 23 janvier 1879. Il a été un triomphe pour la Lanterne; et le lendemain de la victoire lout le monde eût volontiers livré la bataille ; mais la veille ? , . . ,
Pendant que je me servais de mes renseignements, accumulés de longue date, de votre côte, vous faisiez l'instruction, prépariez les preuves : c'est ce procédé, nous pouvons bien le dire mainlenant, pour donner à la police une leçon de police, qui l'a déroutée dans ses rochercheB. Elle a frappé les témoins qui avaient déposé dans leprocès, les prenant pour nos complices, comme si j'avais été assen nall' pour brûler les miens 1
Quand la liste des témoins fut notifiée à la Préfecture do police, M. Gigot la montra àM. Ansart et lui demanda: — Qu'avez vous à dire ?
M. Ansart resta stupéfait : — Je n'ai rien à dire, dit-il.
Tous ces agents sont de bons agents, je n'ai aucun soupçon qu'ils aient pu être en communication avec la Lanterne.
MM. Gigot et Ansart seront très étonnés en lisant le récit de cette conversation, tenue en tête-à-tête ; chacun se demandera si l'autre n'était point mon complice Je vais les tranquilliser tous les deux, en leur révélant que j'étais tout simplement caché sous la table.
Aucun des témoins ne me connaissait, même de visage. J'étais assis au milieu d'eux pendant le procès, je les entendis plusieurs fois faire les hypothèses sur la qualité du Vieux petit employé. Ils ne soupçonnaient pas qu'il était leur voisin.
M. Lecour, chef de la première division, a pris soin de noter, dans un gros volume intitulé La campagne contre la préfecture de police toutes les phases de la déroute de cette administration ; et sa propre démission, et celle de M. Routier de BuUemont, secrétaire général ; et la fuite de M. Marseille, directeur du contrôle, et celle de M. Jacob, chef de la sûreté, et celle de M. Lombard, qui avait une brigade politique à lui, M. Ansart, chef de la police municipale, résista. Sa résistance entraîna la chute du préfet de police, M. Albert Gigot, et de M. de Marcère, le ministre de l'intérieur. Nul ne put résister au mouvement d'indignation provoqué par les révélations sur l'assassinat de Villain, les corruptions, les menées réactionnaires de la police, les habitudes de ligotage et de passage à tabac. La bande s'échappa en criant comme des chacals blessés.
Avons-nous considéré à ce moment l'œuvre comme terminée? Loin de là. Nous la reprîmes avec l'affaire Bornage. Gela valut la séance scandaleuse de la Ghambre (I*^ juillet 1879) où le préfet de police Andrieux commença contre vous ces procédés de calomnie qu'il essaya plus tard, contre moi, dans VEtoile française et la Révolution sociale *. Ge fut alors qu'ayant déclaré que la campagne était menée par « une bande bonapartiste embus-