‹ La policeChapitre 61 sur 139 · ACTION DÉPRESSIVE · texte numérisé non relu

ACTION DÉPRESSIVE

Œuvre démoralisante. -^ Le mouchard. — Le soupçon.

Chateaubriand.

Ce n'est pas là le pire cependant. Le pire, c'est l'œuvre moralisante de la police.

Voilà des ouvriers réunis : à qui se fier? il y a peut-être rmi eux des mouchards. De là des soupçons, des cannies, des duperies. — Tu es un mouchard. — C'est toi i en es un. Et puis, celui qui Test, c'est le troisième qui dit rien, mais qui les excite les uns contre les autres ; i les grise de ses grands mots ; qui parle toujours d'honur, de franchise et lance ses plus formidables impré- :ions contre la police qui le paye. Et puis, ces agents Dvocateurs! ils conduiront leurs dupes jusqu'au crime, 18 le moindre remords. Le crime, cela vaut une gratifîionl

Cette police politique a surtout pour but de semer la mé- Qce contre les représentants et les candidats, adversaires l'administration et du ministère en place : on a vu qu'elle reculait devant aucune calomnie : singulier moyen de ûprendre les mœurs politiques d'une démocratie ! chateaubriand, en 1815, parlant non pas des conditions lispensables à une République, mais simplement des éditions indispensables à une monarchie constitutionnelle, lit:

a Comment donc encore une fois souffrir un tel foyer de despotisme, un tel amas de pourriture, au milieu d^une monarchie constitutionnelle? Comment dans un pays tout doit marcher par les lois établir une administratloi dont la nature est de les violer toutes? Récompenser le j crime, punir la vertu, c'est toute la police. y>

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