UN C
i DE LA POLICE.
Kronkersl, étudiant en drait, rue Royer-Collaril, 14;
Gui^ard, rue des BcrnardinB, 50;
Uvy [de Brest), rue Mazarine, 46;
Dnbut, ru« Halehranche, T ;
L'Ange, étudiant en droit, place de la Sorbonne, 3 ;
Clément Michel, étndianC en droit, rue SoufQol, 7;
Fual, étudiant ea droit, rua SoufQol, T.
Un reporter que je connais a tu nnjenne homme blond à qui un agent en bourgeois a enlevé aon chapeau, a donné un coup de casse-tète qui l'a jeté raidesur le trottoir, puis il s'est acharné sur lui à coups de pied et a ensuite écrasa son chapeau et brisé son parapluie.
Berlioz, un descendant du compositeur, porte les traces sanglantes des sériées dont il a été vitlimc.
Jacquot a déQlé entre deux haies d'agents qui lui donnaient des coups de poing Bur la tète el des coups de pieda dans les reine.
Guérin, dont le bruit de la mort a couru et qui est encore malade i l'HUel-Dieu.
Pinchon. vojageDr de commerce, 70, boulevard Saint-Michel, absent d« Paria depuis cinq mois et qui prenait paisiblement un bock, a rei:u in (orniidable coup de caese-téte sur le nez et sur l'œil.
Caloire, honorable néj^ciant do la rue de Rivoli, ra trouvait, par bakA sur le boulevard St-Michcl avec sa Temme. Un gardien de la paix Id a dit, en le menaçant de Sun revolver ; • Je te brûle la gueule. '.Il a Hé détenu jusqu'au lendemain, 4 heures.
Delarue, me Condorcet, 63, a été assommé & coups de casse-
Perrier, manufacturier, arrêté pour
r pris la défense i
Halavialle, élève de l'École normale. Un élève du Val-de-Grdce.
Roger-Bernionl, employé du miulstâre de l'intérieur.
EnSn comme aucune administrai! ou ne devait échapper aux foreurs de la Préfecture de police, Caltct attaché au cabinet de M. te préfet de la Seine.
De Courcelles, ancien officier de cavalerie. • Nous allons les saigner > disent les agents. Comme il proleete, ou le mène au poste.
Pierre Alexandrescn, officier roumain, abtmé pour avoir porté secours ■iaa vieillard. Ignace Kreiser, olQcîer hongrois ne socbant pas lefran- {■is. On l'assomuieparce qu'il aurait crié: • A basCsmcscassel - alors qu'il ignorait même le nom du Préfet de police.
Anbry, blessé d'un coup de sabre A la léte, laissé deux heures dans
Alphandery, étudiant en médecine, 30, rue Gay-Lassac, frappé, piétiné, arrèlé.
Levant a été blessé.
HefTorsen, étudiant en droit, coup de sabre à la léle.
Laferté auteur âl'Udéon, coupa l'ieil.
Mercier, étudiant en phaimacie, 166, boulevanl Muntparnisse,a vu un agent dégainer.
Jossier, étudiant en droit, mené au poste, était tranquillement au café Mahieu.
Collet; 18; rue Cujas, et Lecointe ont reçu des coups de poing.
ChampeaU; 26, rue Monge, blessé à la tête d*un coup de sabre.
Ventaut, 16, rue Cujas, blessure au pied.
Ckiezer, 37, rue Monge, blessé à la tète avec un instrument contondint.
Tauchard, 4 bis, place du Marcbé à Levallois-Perret. Coups.
Leblanc, étudiant en droit, là2; rue Saint-Jacques. Coups de pied au genoux et dans le dos.
Louis Bourdinj 44, rue Descartes^ blessé à la tempe, à la cuisse et an genou.
Durand, rue Saint- Jacques, 107. Un agent lui a jeté un bock à la tête.
Deux femmes furent renversées et piétinées par les agents. Ona'e& a pas eu de nouvelles.
M. CasauboH; étudiant en droit; fut terrassé au café Mabieu où il prenait un bock, et frappé sur les reins une fois à terre. Quand il fut conduit au poste du Pantbéon, il dut passer entre une haie de gardienidt la paix qui trouvaient plaisant de lui donner des coups de poing et 4es coups de pied.
De Lanessan cita des masses de faits, tous reproduisant les mêmes incidents. Nous en emprunterons deux on trois à son discours pour bien déterminer le caractère de cette agression.
« Nous soussignés, affirmons que le 37 mai à 4 heures et demi do so^t étant détenus au poste du Panthéon^ avons vu et entendu ce qui soit: les agents commandés pour le service de nuit formant le cercle à llotérieur du poste, au nombre d'environ 30, le brigadier prononça les paroles suivantes que nous avons nettement et clairement entendoes: . <L Vous poursuivrez les étudiants jusque dans les cafés, jusque daos les brasseries*
« Signé : Guignàbd, > Chimiste, 50, rue des BeniardiB6. *
« Xavier Sevras « Étudiant en médecine, 52, rue d'Assas. »
Voici maintenant la déposition d'un employé de la irassérie MûUer, rue Soufflot, 19 :
« Samedi soir; entre onze heures et minuit, les consommateurs de la terrasse du café Millier et lui-môme ont été maltraités par des agents de police dans les conditions suivantes :
« Un jeane homme ayant été frappé à la tête par des agents, d'autres jeunes gens^ venant du côté opposé, essayèrent de s'interposer, en disant qu'on assommait leur camarade. Quelques instants plus tard une cinquantaine d*agents^ armés de cannes plombées, de casse-têtes, se précipitèrent sans aucun motif, sans provocations, sur les consommateurs de la terrasse du café, les frappèrent à coups redoublés, se servant même des tables en fer pour porter les coups et lançant contre les consommateurs qui étaient à l'intérieur du csifé des porte-allumettes en porcelaine. »
Le garçon qui dépose et qui faisait son service fut lui-même frappé à coups de pied et à coups de poing, jeté par terre, bousculé et refoulé jusqu'à 6 ou 7 mètres du café. Il a été frappé si violemment qu'il a été dans l'impossibilité de travailler pendant deux jours. Il porte encore à la jambe droite des plaies contuses.
Voici maintenant la déposition de M. Sansonnens, propriétaire d'uR caft, situé au coin de la rue Cujas et du boulevard Saint-Michel.
■ Je déclare que vers onze heures et demie du soir, il est descendu 60 à 80 agents venant de Bullier. Arrivés au coin de la rue Cujas ils ont formé la haie et barré la rue Cujas. Un brigadier s'est alors écrié : Chargez, c'est le moment, tapons dur! Et ils se sont précipités sur les passants, sans en excepter personne : hommes, femmes et enfants. Au moment de cette charge, les passants n'étaient pas plus nombreux que d'habitude en face de chez moi. A cinquante mètres de là, entre la rue Cujas et la rue Soufilot, la bataille a été plus violente. Trois blessés sont arrivés chez moi, dont l'un perdait beaucoup de sang. Ils ont été soignés dans mon établissement.
• Les agents sont revenus à la charge, et voyant que je recevais les éladiants et les blessés, ils se sont précipités d'abord sur mes clients qui étaient à la terrasse ; ces derniers ont été obligés de se réfugier à l'intérieur. Voyant que mes clients leur échappaient, ils ont tout brisé : bancs, tables, chaises et verreries, puis ils se sont jetés sur moi et m'ont l&altraité et injurié. L'un d'entre eux m'a jeté un guéridon dans les junbes. Deux autres m'ont pris par le bras et m'ont arraché du seuil de ma porte et m'ont donné des coups de poing dans l'estomac. A mes protestations, ils ont répondu : a Si vous étiez fermé, cela né vous arriverait pas. 2> Or, il était à peine minuit.
c Un jeune homme de vingt-cinq ou trente ans passe sur le boulevard, 9tx agents se précipitent sur lui, le frappent à coups de poing, il veut ^ réfugier dans mon café : les agents l'entraînent brutalement.
De Lanessan avait également reçu la lettre suivante :
« Monsieur le député, j ai l'honneur de porter à votre connaissance le fait suivant :
• Mon frère, récemment reçu docteur en médecine, avait passé avec uoi toute la soirée du samedi 27 mai.
■ Il me quitta à onze heures trois quarts du soir à la Madeleine, prenant Tomnibus pour rentrer rue Berthollet où il habile.
« Arrivé au boulevard Saint-Michel, il descendait de Tomnibus et se préparait à regagner à pied son domicile, lorsque voyant un déploiemeDt inusité de forces, il demanda à un agent : < Qu'est-ce qui se passe donc? »
« Pour toute réponse, l'agent l'empoigna par le bras en lui disant: « F... moi le camp, vous! » En même temps deux ou trois autres agents saisissaient mon frère et le jetaient violemment à terre en travers de la voie du tramway de Montrouge.
a Un tramway arrivait au même moment, et, sans la présence d'esprit du cocher qui arrêta court, mon frère était certainement écrasé. > (Mouvement.)
M. de Baudry-d'Asson. C'est ignoble î
M, de Lanessan. « Cette agression est d'autant plus surprenaale qu'à Tendroit où se passait le fait, il n'y avait pas le moindre groope hostile.
< Les agents étaient tout simplement massés sur ce' point attendant des ordres.
« J'ajoute enfin que mon frère n'avait à la main aucun objet de nature à faire croire à de mauvaises intentions de sa part , pas même une canne. »
Voici d'autres dépositions :
Les agents avançaient toujours.
Une femme à demi renversée, s'accroche à mon bras; je veux la retenir, un agent, brandissant une canne dont il frappait à tort et à travers, renverse la femme et nous sépare ; un second me saisit à la gorge, pois me laisse tout étourdi.
Un troisième arrive :
— Remontez chez vous !
— • Mais je rentre chez moi, en haut du faubourg Montmartre; constatez, je...
— Remontez, ou sinon !
J'obéis, sans répondre; tout cela s'était passé si vite, que je commençais à voir trouble.
Au même instant, un autre ageut se précipite sur moi.
— Celui-là n'en est pas, crie une voix (un spectateur épargné sans doute).
— Tant pis, répondit-on, il n'a qu'à ne pas être làl
Je n'ai pas le temps de me retourner, je sens un coup terrible à U tête, je tombe inondé de sang, et je me retrouve au milieu d'une vingtaine de personnes qui me relèvent et m'entraînent au café, dit de la Rive-Gauche.
Là on procède à un pansement sommaire, on m'entoure la tête d*one serviette mouillée et on me transporte, car les forces m'abaodonnaienl.
DN GUET-APEN3 DK LA POLICE, qui est BD coin do la ruo de Alùdluis, dont on
k la phamii
loe portes.
Le pharmacien m'examine, reconnati la I i Tside d'un inatrarocnt contondant; une h s'était déclarËe, on l'srrjle comme on peul tare, et on me conduit chez moi.
Léon Deladue, 63, i
je Coodorcet.
Il est fimx, alisoluinent Taux, qne. dans la Eoîréc du 27 couraol, • étudiants dispersés et ea désarroi se rérugiérent au café dit Ceri:Iej olt'| armés de tabourets et de tout ce qui leur était tombé st ft«ppérent les gardiens de la paix. ■
Il est DDCore plus Taui si c'est poesible, d'ajouter : > Pli ci Turent atleints griérement de coups de couteau. >
Sons aftiriiions sur notre lionneur ef noua nous engageons à prouver J par plus de cinquante témoins, que notre maison n'a servi de refuge à. 1 {Mrsonne autre que nos clients habituels, qui «ont restés chez m râément pour ne se mêler en quoi que ce soit i, la m an i restation du 1 dchofs^quenous-niÉmeniflis avons fait enlever toutes les labiés, chaïseB J et consommations de la terrasse pour obliger d l'intérieur, et que c'est h cet instant qu'une nuée de trente à quarante^ 4 (genls, descendant du Panthi^on, s'est ruée ai lucuoe provocation de leur part, et a fait une irruplton dans l'intérieuii~l de rétablissement, au nombre de quinze à vingt, en violalion de uulre'^ domicile, et que c'est bion dans l'Intérieur de l'établissement qu'ils i opéré, contra tout droit, des arrestations avec violence, en brisant h | coups de fourreau de sabre nae glace de la devanture et te matériel qui ] s'Mt trouvé sur leur passage.
Il nous-jeste ii ajouter, monsieur, que le soir mémi!, nous avons fait au poste de la mairie notre déclaralion à M. le commissaire de police du quartier, qui nous a reijus et écoutés avec In plus grande bienveillance, et qui nous a promis de tenir compte de noire déposition en faveur de» lirïsoDDÏers que nous venions réclamer, et dont quatre, Kur cinq arrêtés, unt été relédiés le lendemain.
Veuillez agréer, moneiour le directeur.
déralion.
IIAKOE
iulTIol.
Beaucoup de personaes ne donnÈrent que leurs initiales, craigaaDt de se faire connaître; car habituellemenl les viciLDoes de la police deviennent des coupables et sont traduites en police correctionnelle. M. Jacquot, répËtileur . iycéc Louia-le-Grand, perdit sa place.
Les jeunes gens furent entassés au nombre d'une qui
â66 LA POLICE ET LA SURETE INDIVIDUELLE.
zaînedans une étroite cellule, où ils restèrent vingt-quatre heures.
Lès agents les accablèrent des plus mauvais traitements.
«Ah ! ils ont voulu la République, disaient des agents; on leur en f.....tra. »
Le docteur Margery, qui fut arrêté sans raison, fut enfermé dans ce poste; il étouffait et demanda à boire: un agent, décoré d'une médaille de sauvetage, lui cracha à la figure, en disant : « Qu'ils crèvent les cochons ! »
Encore un détail que je certifie authentique: le poste était rempli d'agents déguisés en souteneurs, avec casquettes et blouses, portant des bâtons et des casse-têtes. Ces agents étaient sans doute chargés de provoquer la manifestation.
Le Préfet de police refusa de répondre à l'interpellation que je lui adressai, le 2 juin, au conseil municipal: il voulait se faire couvrir par M. Goblet, le ministre de l'intérieur à la Chambre des députés. Celui-ci avait eu soin d'ajourner l'interpellation au 6 juin, jour où les victimes devaient passer en police correctionnelle, selon l'usage. On trouvera dans le chapitre où je montre la subordination du gouvernement au Préfet de police, la preuve flagrante des mensonges que celui-ci faisait débiter à M. Goblet, au moment même où les •débats judiciaires lui infligeaient le plus formel démentie
1, V. liv. V, ch. 11.