CHAPITRE V
RAZIIAS ET BATTUES
Négations. *— Aveux. — L'Épuration. — Bulletin de razzias. — Organisation des attaques nocturnes par la police.
Dans les lettres du Vieux petit employé, j'avais accusé la Préfecture de police de se livrer à des razzias, à des battues, d'arrêter sans mandat. La préfecture de police nia. Le Procureur de la République nia. M. Delattre posa la qoefrtion suivante :
M* Delattre, — Quand les agents spnt envoyés pour arrdter, «t-ce en vertu de mandats précis?
M. le président, — Quand il y a flagrant délit, il ne faut pas de mandat .
M° Delattre. — Mais quand il n'y a pas de flagrant délit, n'ont-ilspis quelquefois des mandats en blanc? De quels mandats se servent-ils? Quels intermédiaires emploient-ils pour opérer les arrestations?
Crouzat. — Autrefois, il arrivait qu'on mettait des détenus au dépôt sans mandat et on les conduisait ensuite chez le commissaire de police pour voir si l'arrestation était motivée.
Il y avait deux mois que le procès de la Lanterne était jugé que la Préfecture de police faisait publier par Vagenc^ Havas des notes dans le genre de celle-ci :
Le nombre des vagabonds que la Préfecture de police met chaque jour à la disposition du parquet est en moyenne de 35 à 40.
Sur ce nombre, le parquet met ordinairement en liberté de 20 à 25 individus, quoique le délit de vagabondage soit absolument constaté, mais aûn d'éviter l'encombrement des audiences correctionnelles et des prisons.