Lanterne du 28 juillet
menaces, violation de domicile, arrestations illégales, le chef du parquet de Paris est désormais le subordonné du Préfet de police. Celui-ci et ses agents peuvent tout se permettre. Ils le savent bien.
A propos des manifestations des 9 et 11 mars 1883, M. Barbette, juge d'instruction, avait lancé un certain nombre de mandats d'amener. Nous pouvons affirmer cpie la Préfecture de police a refusé d'en exécuter au moins trois. M. Lœw, alors procureur de la République, sur le point d'être nommé procureur général, se garda bien d'insister .
Lors du procès de la Lanterne^ quand les faits de ligotage et de passage à tabac vinrent s'étaler au grand jour, tous les substituts qui avaient passé par le petit parquet, les magistrats qui avaient passé par l'instruction, disaient : — « Nous savions cela depuis longtemps 1 C'est encore plus grave que ne l'a dit la Lanterne! » Et ils citaient des exemples, des faits à l'appui, mais à voix basse, en conversation privée : jamais il ne leur était venu à l'idée que leur devoir à eux, magistrats, était de prendre la défense des faibles et de dénoncer et de poursuivre les crimes et les délits commis par la police. Non, ils protégeaient la police, tout en éprouvant pour elle une sorte de mépris terrifié.
J'ai été condamné, au mois de novembre 1876, ptf M. Blain de Cormiers, à six mois de prison, pour avoir dit de la police des mœurs, ce que tout le monde en pense maintenant*. Le Vieux petit employé d^ été condamné par M. Boulanger, dans la personne de M. Genay, à trois mois de prison pour avoir exposé des faits, que l'opinion publique adopta immédiatement comme vrais, que la commission d'enquête du ministère de l'intérieur trouva si exacts, que le ministre s'empressa de suspendre son œuvreH les hauts fonctionnaires qu'essayait de protéger et de défen-