‹ La policeChapitre 9 sur 139 · Ibid,j tome I", p · texte numérisé non relu

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établie par les règlements; et 3^ l'excès du luxe qu'elle doit retrancher. Elle passe son temps à tracasser les boulangers et les bouchers sous prétexte d'assurer l'approvisionnement de Paris. D'après une ordonnance de Charles IX, du 4 février 1567, nul ne pouvait faire le commerce de grains sans sa permission : des ordonnances du 27 novembre 1577 et de janvier 1629 substituent à la nécessité de l'autorisation une simple déclaration. Un arrêté de Louis XlVy du 13 août 1699, rétablit le privilège. Le commerce des grains est interdit aux laboureurs, aux boulangers, aux meuniers. Los marchands ne peuvent pas acheter du blé à une distance moindre de 10 lieues de Paris, les boulangers à une distance moindre de 8 lieues de Paris, sauf à Limours, qui est à 7 lieues 1/2. Le lieutenant de police était chargé d'assurer le respect de ces dispositions.

Toute cette théorie de la police est de prévenir le mal et de faire le bien. Elle veut conduire les individus au bonheur dans ce monde et même dans d'autres. S'ils résistent, elle les contraindra à suivre la voie qu'elle juge bon qu'ils suivent. Elle considère que tout individu est suspect de méchantes intentions. Elle déclare qu'il ne saurait se diriger lui-même, faire ses affaires lui-même, s'approvisionner lui-même. De plus, il ne saurait avoir que de mauvaices intentions à l'égard de ses concitoyens. S'il agit, c'est pour leur nuire. Par conséquent, il faut l'empêcher d'agir sans l'ingérence, l'autorisation, la direction de la police. Elle musèle chaque individu, elle l'enserre dans ses règlements, elle le soumet à l'arbitraire de ses agents, pour le moraliser, veiller à sa santé, l'empêcher de mal parler et même de mal penser, assurer le respect de l'autorité, l'infaillibilité du maître ; et quand elle a rendu ainsi le public son esclave, elle croit avoir rempli sa mission.

U est bon d'insister sur ce point, car beaucoup de gens se font encore l'écho du vieux préjugé « qu'il vaut mieux prévenir que réprimer ». M. Vivien, homme sage, qui fut préfet de police, dit : « Dans une société où régnent la justice et la modération, le législateur et le gouvernement

SA CONCEPTION DANS L'hISTOIRE. 31

se proposent de prévenir le mal *. » Ils ne s'aperçoivent pas que s'ils chargent la police de « prévenir », celle-ci finira par empêcher toute action, en dehors de la sienne. Elle englobera dans son activité toutes les activités. Gomme elle se méfiera avec raison des actions dont est susceptible chaque individu, elle multipliera les règlements, les précautions, pour l'empêcher d'agir. Son idéal sera de transformer chaque homme en momie.

Cette conception de la police était entièrement conforme aux principes du gouvernement de droit divin. Le roi incarnait toute sagesse; il la répartissait entre ses sujets. Le lieutenant de police était un de ses agents d'émanation . C'est la théorie de la justice distributive*.

Ces faits prouvent que les attributions de la police sont en raison inverse de la notion du droit de Vindividu.

Dans le dix- septième et le dix-huitième siècle, on appelait ce policé » un peuple avancé en évolution. C'est le contraire.

\, Études administratives j t. Il, p. 114.

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