Temps ^ 27 mai
^^H LE GOCVEBNËUENT ET 1
, 11 avait essayé de prendre les de\ projet de loi sur laPréfeclurede polie
n présentant un ;e, uniquement destiné às&uver M. Andrieus, Et, alors, il disait: — Dequoia'agitil? maie d'un projet de loi auquel nous ne Bougions pas hier, que nous présentons aujourd'hui, non pas parcequ'il y a un incident, mais uniquement parce que tel est notre bon plaisir. Le Conseil municipal pouyait croire qu'il ayait le droit d'adresser au préfet de police des questions ou des interpellalions qu'aucune loi n'inlerdiaait; le préfet de police refusait d'y répondre, de là des conflits fâcheux. Notra projet de loi lui interdisant de se rendre au conseil municipal, désormais cea discussions sont supprimées: mais noua ferons observer que ce projet deloi.loin de diminuer l'étendue des attributions 'du coneeil municipal, limite an contraire celles du préfet de police, puisque nous privons celui-ci du droit de paratlre devant celui-là : c'est donc le préfet de police qui devrait se plaindre eC non le Conseil municipal.
Pendant ce discours, je revoyais tous mes bons VersaiUaiB <tu bon vieux temps. Ils exultaient. La sécurité, pour les autres communes, peut être une atfairo communale; mais pour Paris, il n'en saurait être de même. Quand ilavait été question du retour à Paris, M. John Lemoine l'avait longuement expliqué. Hantés par je ne sais rpielles terreurs, il nous nommait; nous y sommes, mais nous en avons peur, et noua voulons y être campés et gardés par une armée de prétoriens, vivant de la haine du Parisien, habitués à taper sur lui, à l'arrêter sans motifs, et sachant que plus ils le molesteront, mieux ils seront notés et plus fortes seront leurs gratifications I
Il y a des gens qui ont l'appétit de la guerre civile à ' l'âtat latent.
S M. AndrieuK le sentait, avec son instinct pervers, lor»-
.1' (pi'il vantait l'obéissance passive de ses policiers, (tquisont
■ des soldats d prètsàrendre tous les services. En l'écoutant
et en regardant la Chambre des députés, je revoyaû
dans mon souvenir cette effroyabUséanceduSO mars 1871,
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istiné ^^H l'agitr ^^
dans laquelle Jules Favre et TAssemblée nationale vouèrent Paris à la destruction.
' Le préfet de police avait la haine de Paris, et c'est de cette haine que lui savait gré la majorité de la Chambre. Dans son discours à ses électeurs de TArbresle, M. An-» drieux se présenta comme le défenseur de la France contre Paris.
M. Floquet posa la question sur son véritable terrain, — ce Quoi I dit-il, M. Gonstans ne connaît pas M. Andrieux, ne sait pas qu'il y a un conflit entre le Conseil municipal et lui ; et tout d'un coup le gouvernement présente un projet de loi pour reconstituer un ministère de la poHcel Il veut transformer cette institution. Pourquoi ? Non pas dans un intérêt public, mais pour la mesurer à M. Andrieux. C'est pour lui, uniquement pour lui, qu'on veut confisquer le pouvoir municipal sur la police. »
Cette manière de comprendre le gouvernement et les réformes était si étrange, que tout le monde se demanda les motifs secrets de pareilles aberrations.
M. Andrieux répondit*. Toujours le même. Un petit journaliste qui prend les personnalités pour des raisons. Son discours se composa de deux parties : la première fut cynique, la seconde fut infâme.
Dans la première, il opposa les « théories dé l'opposition » aux « théories du pouvoir 5>. Jamais orateur n'a fait à la tribune, avec une pareille impudence, l'apologie des renégats. Il est vrai que M. Andrieux avait, en cette matière, une compétence toute particulière.
Dans la seconde, il se servit de ces procédés de calomnie dont nous avons déjà trop parlé pour y revenir.
Cet ancien délégué du congrès de Naples, Basile armé d'un casse-tête, ligotant, passant au tabac, arrêtant les gens, les salissait ensuite.
M. Brisson n'eut pas de peine à montrer que M. Andrieux, en refusant de répondre à toute interpellation du Conseil,
l. Voy. Prostitution.
^' avait point pris auparavant les ordres du ministre d»l l'intérieur; que le préfetde police avait une politique pei^a SODnelie. Ce n'est pas un subordonné du tninietre de l'in- f teneur; c'est le ministre de l'intérieur qui est son subordonné. M. Andrieux oblige le ministre à venir le couvrir/ I Le miaistre, obéissant, vient; la majorité, obéissante, suit^'V «t M. Andrieux expose ses vues, ses théories, — mèmel celle de l'apostasie.
M. Andrieux obtint un bill d'indemnité; le gouvernement resta plus que jamais embarrassé de son préfet de police. Que co prélet de polioo s'appelle Andrieux ou Camescasse, c'est, du reste, exactement la même chose.
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Tous avons raconté les exploits de la police du 27 mai 1882, pires que ceux des blouses iilanches de l'Empire; car elle n'avait même pas pour les excuser des motifs politiques.
Selon la coutume antique et simple, la police fit traduire ■ en police correctionnelle un certain nombre des assommé Seulement, celte fois, ce fut une maladresse.
Le 2juin, je devais, au Conseil municipal, adresser i préfet de police une interpellation, relativement aux faits \
certains engagements I .cipal^ relativement auZ I
du 27 mai. M. deFreyciaeti envers le bureau du conseil i
libertés communales. Avant de développer mon interpellation, je crus devoir demander à M. de Freycinet, à la J ~""i président du conseil et sénateur de la Seine, ses in- 1 ^^ Jions réelles, relativement à ses promesses et à la Pr^ I MBteture de police.
M- de Freycinet me reçut d'une manière fort aimable, | mais dès que j'eus ouvert la bouche, il n
■ Ah! oui, en effet, M. tioblet m'a dit qu'il y avait une I difficulté entre le Conseil municipal et le préfet de poHce, '
à propos des événements qui se seraient produits la semaine dernière.
— Gomment ! monsieur le ministre, vous ne savez pas que la Préfecture de police a tendu un guet-apens aux étudiants pour les assommer ensuite ! mais tous les journaux^ de toutes nuances, sont remplis de ces faits.
— Non, je n,e les connais pas du tout. J'ai été complètement absorbé par les événements d'Egypte.
' — Vous me donnez là un bien fort argument contre l'organisation actuelle de la Préfecture de police.
— Gomment?
— Puisque vous, chef du gouvernement, vous venez de me déclarer que vous êtes le seul habitant de Paris à ignorer cet événement. Gela prouve que les préoccupations extérieures sont in(5bmpatibles Avec les préoccupations intérieures. »
En quelques mots, j'exposai les faits. M. de Freycinet montra une ignorance complète, vraie ou affectée, et en tout cas, une indifférence sincère. J'en fus enchanté; c'était un nouvel argument pour la thèse que je n'ai cessé de soutenir.
Il ne frappa pas M. de Freycinet, trop occupé d'Arabi- Pacha, et M. Gamescasse répondit au président du Conseil municipal que le ministre de l'intérieur estimait qu'il y avait lieu pour lui d'ajourner la réponse aux | questions que quelques membres du Gonseil désiraient lui adresser.
En réponse à l'interpellation de Lanessan, le 6 jnin, M. Goblet substituait sa responsabilité à celle du préfet de police et réclamait pour lui les honneurs des assommades du 27 mai.
Les débats avaient lieu le même jour, en police correctionnelle. M. Goblet espérait qu'un jugement du tribunal viendrait, au bout de la séance, ajouter son autorité à ses explications.
Il disait:
C'est au ministre de l'intérieur à juger lui-môme^ après exameo,
l'attitude du préfet de police, qui est hiérarcliiquemeut son subordonné; S'il désapprouve sa conduite, il doit se séparer de lui; mais s'il en est autrement, il doit le couvrir devant la Chambre... (Bruit à gauche), et je n'étonnerai personne en disant que c'est à ce dernier parti que je me suis arrêté. (Applaudissements à gauche et au centre.)
J'en suis fâché pour M. Goblet et pour les députés qui l'applaudissaient; mais, nous allons confronter les déclarations de M. (joblet devant le parlement et les dépositions des témoins et des prévenus. Le lecteur tirera ensuite la morale.
M. Goblet s'est bien gardé d'expliquer pourquoi on n'avait pas poursuivi les jeunes gens qui avaient mis à sac une brasserie et jeté un brave homme dans le bassin du Luxembourg. Il dit que le 27 mai « le préfet de police aurait manqué à son devoir, s'il n'avait pas pris les précautions nécessaires ». Les précautions nécessaires, c'est le guet-apens, avec les réverbères éteints place Gerson,
Le préfet do police voulait empêcher le désordre, c'est-àdire empêcher que des groupes tumultueux ne voulussent passer la Seine et venir jusqu'à la Préfecture de police. Il suffisait donc de garder les ponts. Gomment expliquer, autrement que par une ironie pleine de charme et d'aménité, pourquoi les gardiens de la paix, fermant toutes les issues, ordonnaient en même temps^ aux étudiants de se disperser?
M. Goblet dit : « C'étaient lés deux brigades du V et du Tt arrondissement. » Il y en avait d'autres aussi. Au moment où M. Goblet lançait cette assertion, plusieurs agents de la brigade du XIIP arrondissement étaient entendus en police correctionnelle.
M* Delattre fait observer que ce témoin appartient au XIII» arrondissement et que 'les dépositions de. ces trois témoins ne sont pas conformes à leur rapport .
M. Goblet niait qu'on eût éteint les réverbères. Même jour, à la même heure, presque au même moment, voici
ce que disaient les témoins devant le tribunal de police correctionnelle* :
Allais, vingt-trois ans, avocat à la Cour d'appel. — Je remontais le boulevard Saint-Michel, quand, à la hauteur de la rue des Ecoles, on de mes amis, M. Magnier, avocat à la Cour d'appel, me dit de venir avec lui voir, place Gerson, des choses étranges. Nous y allâmes ; toui les becs de gaz étaient éteints^ et les sergents de ville se dissimulaient dans Tombre, le long du trottoir.
A un moment donné, les agents se sont précipités sur moi et me rouèrent de coups. La stupéfaction m'empêcha de répondre. Je m'empressai de rentrer chez moi, rue Gay-Lussac ; d'autres agents me maltraitèrent encore. J'allai trouver un officier de paix et je lui demandai de me faire rentrer chez moi. « Vous, me répondit-il, je vais vous faire f..... au blocl » Ce n'est qu'à une heure que je pus rentrer chez moi. Pour moi, les agents ont dû obéir à une consigne, car ils n'avaient été provoqués par personne, par aucun cri, par aucune menace.
Jean Magnierj avocat à la Cour d'appel, vingt-trois ans.
La déposition de ce témoin est identique à celle du précédent témoin ; il déclare avoir été si rapidement assailli par les agents qu'il ne les a môme pas entendus venir. — Je ne rentrai chez moi, dit-il, qœ lorsqu'il y eut sûreté à le faire, c'est-à-dire quand il n'y eut plus de sergents de ville. (Hilarité dans l'auditoire.)
M. Goblet disait au même moment
Est-ce que les agents étaient armés de casse-tête, de coup-depoing? Je le nie absolument; M. le préfet le nie absolument. (Exclamations sur divers bancs à gauche.)
Un membre. — C'est la question!
M. le ministre. — Messieurs, prenez acte de ma déclaration, je la fais sur la foi de M. le préfet de police : les agents n'étaient armés ni de casse-tête, ni de coup-de-poing; ils avaient leurs sabres, et il esl trop vrai que, dans le tumulte, dans la lutte, ils se sont servis de leur arme; j'aime à croire qu'ils ne se sont servis que du pommeau, c'est déjà trop qu'ils aient dû le faire. (Bruit.)
A rheure même où le ministre, sur la foi du préfet de
1. Toutes les citations sont empruntées au Droit et à la Gazette dei Tribunaux. II est facile de les vérifier et de les comparer avec le Journal officiel.
police, faisait cette déclaratioii, le tribanal de police correctionnelle entendait les déclarations suivantes :
CharUs Gobert. Tingt-<iiiat7e ans, STocat. — Ce témoin affirme aToir va les agents se senrir de casse-téte et avoir lui-même reça on coup de canne et des ooaps de poing.
Brunier. aTocat. dépose absolument dans les mêmes termes. Il déclare avoir vu un agent frapper an jeune homme avec une canne plombée^ et il affirme avoir vu les agents se livrer à de véritables violences avec des casse-téte.
Je dois déclarer et affirmer que ces agents n^étaient pas commandés et qu'ils paraissaient obéir à leur seule inspiration '.
Un témoin à décharge, étudiant en médecine^ blessé dans la bagarre, vient déposer avec peine qu'il a été frappé à coups de canne^ qu*il porte à la tête une blessure de neuf centimètres de longueur et qull craint d'avoir une côte cassée. 11 annonce qu'il a porté plainte au Parquet *.
Si le ministre niait les casse-tête, il reconnaissait que les agents avaient leurs sabres ; mais il déclarait que les agents ne s' étaient servis que du pommeau.
Au même instant, voici les dépositions qui se produisaient devant le tribunal.
Bonhorgue^ architecte. — Au coin de la rue Monsieur-le-Prince, j'ai entendu cd commandement : « En avant! chargez et dégainez! » J'ignore qui a donné ce commandemement.
Emile Moïse, limonadier, rue Soufflot. 18. — J'étais sur le seuil de ma porte quand Tescouade des sergents de ville a fait irruption chez moi, le sabre à la main. M. Duffaut était le premier sur la porte : on Ta pris, et j'affirme que M. Dafifaut n'a rien fait et qu'au contraire il a été indignement brutalisé.
M* Gatineau. — Avez-vous perdu de l'œil M. Duffaut?— R. Je ne l'ai pas perdu de l'œil jusqu'au poste. 11 n'a exercé aucune violence, et je n'ai entendu aucune parole menaçaute.
M* Trarieux, — Quand les agents ont-ils dégaiué? — R. Avant d'entrer chez moi, ou 'pour mieux dire ils ont tiré leur sabre en entrant chez moi et ils tout cassé dans mon établissement.
3" Bardenatj cinquante-deux ans, limonadier. — Je suis copropriétaire du café appelé le « Cercle des étudiants ». Dans la soirée du