‹ La poliomyéliteChapitre 6 sur 9 · PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE

Au point de vue de la physiologie pathologique, une notion de haute importance est à retenir : le virus poliomyélitique est neutralisé par le sang d’un singe, qui a guéri de cette infection (Landsteiner et Levaditi, Leiner et Wiesner, Roemer et Joseph, Flexner et Lewis).

Cette dernière constatation a conduit A. Netter et C. Levaditi à utiliser, pour la thérapeutique humaine, le sérum des sujets guéris de poliomyélite; c’est l’agent médicamenteux désigné couramment sous le nom de sérum de convalescent.

Bien qu’un certain nombre de médecins contestent ou même nient son pouvoir curatif, le sérum de convalescent constitue un médicament efficace; malheureusement, c’est un produit qui est toujours très peu abondant; au début des épidémies, les médecins en sont à peu près complètement démunis et ce n’est qu’au bout de plusieurs semaines que de maigres stocks peuvent être constitués.

Je n’aurais jamais tenté de produire du sérum antipoliomyélite’ au moyen d’un animal, si le sérum de convalescent pouvait être recueilli dans les conditions suivantes :

Stocks répondant approximativement aux besoins;

Pouvoir immunisant contrôlé; ‘

Impossibilité de transmettre une maladie infectieuse (tuberculose, syphilis, etc.). |

Pour titrer un sérum antipoliomyélite, deux singes sont nécessaires; d'autre part, je ne crois pas prudent de prélever sur un homme adulte, en deux prises mensuelles, plus de 900 centimètres cubes de sang (soit 250 cc. de sérum), dont le prix est de 1 fr. 25 le centimètre cube; la plupart des personnes, surtout les mères quand il s’agit de leurs enfants, répugnent à ces saignées qui, soigneusement surveillées, sont cependant sans inconvénients pour la santé.

Enfin, au cours de ces dernières années, la Société médicale des hôpitaux s’est préoccupée des cas de contagion, consécutive à la transfusion sanguine interhumaine.

1. Aux États-Unis, E.-C. Rosenow, Neustaedter, Banzhaf et Thro, J.-W. Nuzum et R. Willy ont préparé des sérums par inoculation au cheval de substances diverses, de bactéries, notamment de streptocoques isolés chez des poliomyélitiques.

mn .— ET PT PNR

Pratiquement, il est à peu près impossible, surtout au début d’une épidémie, de se procurer du sérum de convalescent dans la plupart des pays, en France notamment, où les demandes radiodiffusées de ce produit restent sans réponse et où même ceux d’entre mes confrères qui n’accordent leur confiance qu’à ce dernier me prient néanmoins de leur expédier du sérum d’origine animale.

La Belgique possède un service ministériel d’hygiène, dont l’organisation est remarquable; il est dirigé par le Dr Timbal, éminent hygiéniste, aussi dévoué qu'avisé. Lorsque, en 1929, l'épidémie de poliomyélite a éclaté en Belgique, la Direction de l’hygiène ne possédait pas le moindre stock de sérum de convalescent et elle n’a pu en obtenir d'aucun pays. Sur la demande du gouvernement belge, j’ai sur-le-champ envoyé une dizaine de litres de sérum équin et j'ai commencé incontinent la préparation de sérum simiesque dont plusieurs litres ont pu être expédiés au bout de quelques semaines. Depuis, le Dr Timbal tient en réserve un stock important de sérum antipoliomyélite simiesque et équin.

Lorsque j'ai abordé (1917) l'étude de cette question, Landsteiner et Popper, Kling, Flexner et Lewis, Noguchi, Levaditi, Leiner et Wiesner, etc., avaient établi nombre de notions de haute importance; je me fais un devoir de rappeler ici les recherches de collègues que je ne puis désigner tous nommément et dont les travaux m'ont été d’un grand secours.

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