En Arcadie, Étolie, Achaïe
3 En Béotie.
4 D’après Beloch, Die dorische Wanderung, Rhein. Mus., 45, p. 537, les Grecs commencent par le Gau (pagus) et plusieurs cantons forment la nation (Stamm}). Le lien est purement religieux: les Béotiens sont l’ensemble des cantons qui sacrifient à Onchestos. Aussi les noms de nations apparaissent-ils plus tard que ceux de cantons. Ed. Meyer soutient énergiquement l'opinion contraire, en dernier lieu au tome IT de ses Forschungen ; selon lui, elle permet seule de voir clair dans l’histoire grecque. Il n’y ἃ pas entre les deux opinions une aussi grande divergence qu’il paraît: avant l'État, il y a la nation; à quel moment remonte la nation? Voilà le point en discussion. Il est difficile de le trancher. Il y a entre les commencements de l’histoire grecque et l’histoire grecque, telle que nous la possédons, un intervalle très considérable. Nous ne connaissons les Grecs que dans la cité. Avant cela qu'y-a-t-il? Ces unités ethniques, que M. Meyer pose comme un fait certain, mais le moment où il les fait apparaître est à une telle distance au-delà de nos connaissances historiques qu’il serait téméraire de vouloir rien affirmer. Elles ont pu exister au commencement de cette longue période, comme elles ont eu le temps de s’y constituer.
Je crois donc que les Grecs, entrant dans leur pays, étaient groupés en nations; mais je n’oserais affirmer que les nations de l’époque historique remontent toutes aussi haut. |
L'organisation des Galates présente des analogies avec celle des Grecs telle qu’elle est décrite dans le texte. Mommsen s’en est occupé, Hermes, 19. Les Galates étaient divisés en trois grandes nations, ἔϑνη. Chacune se subdivisait en quatre peuplades, lesquelles étaient gouvernées par un
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régions principales ont donc été tracées de très bonne heure. Les grandes lignes ne renferment pas encore, à proprement parler, des états; car l’unité ne s’affirme pas par un gouvernement central régulier, mais plutôt par la communauté de certains cultes et par l’union momentanée qui s’établit entre tous dans un péril commun.
L'idée religieuse agit ici avec une force particulière: dès une haute antiquité, l’unité de la nation arcadienne, bien avant qu'il n’y eût une confédération arcadienne, s’affirme par le culte rendu à Zeus Lykaios à Lykosoura; les Achéens se rassemblent autour des autels de Zeus Amarios; les Béotiens ont leur centre religieux à Onchestos et à Chéronée. Les formes politiques dont nous allons parler, et spécialement le synœcisme et la sympolitie, resserrent l’unité, mais ne la créent pas. Ainsi, pour préciser par des exemples, il y avait une nation achéenne avant la confédération achéenne, une nation athénienne avant l'État athénien.
Puis les groupes familiaux. Les communautés familiales ne se dissolvent pas aussitôt; peut-être même la terre est-elle d’abord partagée entre elles. Mais, de très bonne heure, la propriété individuelle fait son apparition; ! chaque famille trouve la satisfaction de ses besoins, en dehors de la communauté; celle-ci reste comme un souvenir, dont on s’inspirera, quand, dans la cité, seront établis trois cadres superposés.
Ce changement affecte la phratrie: elle se compose des habitants de plusieurs villages voisins, unis par la communauté du culte; les relations de voisinage déterminent la formation de nouveaux groupements: la phratrie subsiste et, dans la phratrie, l’idée de la parenté des membres; mais, dans une certaine mesure, les phratries qui s’offriront au fondateur de la Cité seront le produit de la cohabitation des familles aux mêmes lieux.
tétrarque assisté d’un δικαστής, d’un στρατοφύλαξ, d’un ὑποστρατοφύλαξ. De plus, à la tête de chaque nation, un sénat de 100 membres qui réglait, avec les quatre tétrarques, les questions d’intérêt général. La tétrarchie était héréditaire.
1 Je dois me borner à renvoyer pour cette question à Pôhlmann, Antik. Kommunismus, I.
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De plus, les distinctions sociales qui existaient, dès les premiers temps, se marquent plus fortement; dans la phratrie, certaines familles ou communautés de familles, s’élèvent au-dessus des autres par la richesse, par le prestige de la gloire militaire; elles forment les genè aristocratiques.
Enfin, les phylai ou tribus se sont établies dans des régions différentes; mais la fixation sur le sol et les changements qu’elle a introduits dans la façon de vivre tendent à affaiblir leur cohésion. Encore une fois, le cadre subsiste, mais il a perdu de sa rigidité.
Que ce mouvement se prolonge et de l’ancienne organisation génétique ou familiale, il ne restera plus qu’un souvenir: tous les anciens groupements se désagrègeront; d’autres se constitueront beaucoup plus simples. Quelques villages voisins, unis d’une façon plus ou moins étroite, formeront ce que les anciens appelaient des groupes de dèmes, συστήματα δήμων.
Ce sont les peuplades, telles qu’elles se sont constituées à la longue, fort différentes des tribus de l’origine, car elles n’ont plus rien de commun avec les phratries, et, si jamais, dans ces régions, il se crée des cités, il faudra refaire les cadres tout à nouveau.t L’unité de la nation s’étant de plus en plus relâchée, l’élément vivant est la peuplade; c’est dans son sein que s’est concentrée et développée la vie politique.
Certaines régions de la Grèce, à l’époque historique, conservaient encore ce régime. Il ne sera pas inutile, pour nous en faire une idée précise, de réunir quelques exemples.
À l’époque de Thucydide, les Locriens Ozoles se subdivisaient en un grand nombre de petites peuplades, indépendantes les unes des autres. 1] cite les Amphisseis, les Myoneis, les Ipneis, les Tritaieis, les Messapioi, les Chalaioi, les Tolophonioi, les Hessioi, les Oiantheis, les Olpaioi, les Hyaioi.? Plus tard, même régime encore chez les Acarnaniens: un certain nombre de petites peuplades, ayant comme centres des
1 Le grec se sert du même mot φυλή pour désigner la tribu et la peuplade. Et, en effet, toutes deux sont des subdivisions de la nation, et si toute peuplade n’est pas une phylè, toute phylè par contre est une peuplade. Je parle, bien entendu, de la phylè avant la formation de la cité.
2 Thuc., UI, rot.
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châteaux forts; ce fut Cassandre qui les décida à se concentrer sur quelques villes, sur Stratos, Sauria, Agriorion.t La nation épirote se composait de quatorze peuplades, dispersées dans de nombreuses κῶμαι.5 En Arcadie, les Tégéates occupaient neuf villages; les Mantinéens cinq; les Mainaliens formaient un ensemble de dix κωμαι, les Eutrésioi en avaient six au moins, les Parrhasiens, dix.’ Les Étoliens, du temps de Thucydide, habitaient des villages ouverts, χατὰ κώμας ἀτειχίστους. Ils se divisaient en plusieurs peuplades, les Axodætor, les Ὀφιονεῖς, les Evovtärec, auxquels il faut ajouter les Aypatos.
Mais ailleurs, avant que les groupes gentilices ne soient complètement défaits, la cité est créée. Ce n’est point une œuvre tout à fait originale: le plan en est repris au passé le plus lointain de la race, et dans son exécution, on fait entrer le plus possible de vieux matériaux. (C’est à cette époque qu'appartiennent les synoœcismes d'Athènes et de Sparte. Ils seront imités plus tard, par exemple, en Arcadie; mais ils n’embrasseront pas la nation tout entière; ils se feront dans les peuplades. Ainsi à Tégée, à Mantinée, à Héraia, à Mégalopolis où un certain nombre de peuplades se fusionnent en un état.5
1 Diod., XIX, 67.
? Kuhn, Entstehung, pp. 89 et 141.
5. Tout cela avant la fondation de Tégée, Mantinée, Mégalopolis.
“obbuc, ΠῚ ΟΜ.
5 Fustel de Coulanges ἃ indiqué, d’une façon frappante, les causes de ce changement. Il faut se rappeler l’organisation de la Germanie à l’époque de Tacite: la communauté politique inférieure est le village, vicus, parfois habité par une seule famille, avec ses clients, ses serviteurs et ses esclaves; plusieurs villages forment le canton, pagus, administré par la réunion des chefs de village. Enfin plusieurs cantons constituent la civitas, sous un gouvernement monarchique.
Les Germains en restent là, car «le régime de la cité ne s'établit jamais chez eux avec cette régularité et cette rigueur qu’il eut à Athènes, à Sparte, à Rome. La famille resta plus longtemps forte et l'État resta toujours faible. Les petits groupes du canton et de la tribu qui s’étaient effacés d’assez bonne heure dans la cité grecque et italienne, conservèrent longtemps en Germanie leur indépendance et leur vie propre. Aussi les Germains se trouvaient-ils encore au temps de Tacite dans cet état social par lequel avaient passé les anciens Grecs avant que leurs cités fussent
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La différence entre la peuplade et l’état est tout entière dans le développement de leur gouvernement: dans la peuplade, simple encore, comme il peut l’être dans des villages; dans l'état, compliqué et régulier, comme 1] doit l’être dans une société où la vie politique est devenue plus intense et où les intérêts généraux tendent à se superposer plus nombreux aux intérêts particuliers.
Il ya généralement, comme nous le verrons, une seconde différence entre l’état et la peuplade; il n’y a guère d’états sans ville; le plus souvent, dans la peuplade il n’y a que des villages; et, pour désigner ceux-ci, je crois utile de faire observer que les anciens emploient souvent comme synonymes [65 mots δῆμος et κώμη.
Cependant, nous le constaterons, le mot δῆμος ἃ parfois un sens précis dans le langage du droit administratif et nous le marquerons en traduisant δῆμος par «commune», κώμη par «village».
Pourquoi cette irrégularité dans le mouvement? Pourquoi est-il si lent en Étolie ou en Acarnanie, si rapide à Athènes? Il va de pair avec la civilisation elle-même; encore une fois, il se vérifie que les institutions d’un peuple sont le plus sûr reflet de ses mœurs, de ses idées, de ses aspirations. Mais peu à peu, la scène de l’histoire s’ouvre pour les peuples restés d’abord en arrière, et, pour y jouer un rôle, il faut qu'ils se donnent de meilleures institutions: à leur tour, ils créeront des cités par synœcisme; souvent au lieu de s’unifier, de se fondre dans un état, ils préféreront se fédérer et créer des sympolities.
Enfin, les cités et les confédérations chercheront à s’agrandir. Deux procédés, deux politiques s’offrent à elles; celle des alliances et celle des conquêtes. Suivant qu’elles les adoptent lune ou l’autre, on verra naître des ligues qui associent les états en vue des intérêts communs; ou bien, l’état vainqueur absorbera l’état vaincu, mais en faisant aux citoyens de celui-ci une situation inférieure, subordonnée, en les réduisant à n’être plus que des vassaux, des périèques des conquérants.
fortement organisées.» Histoire des institutions politiques de l’ancienne France, 2e édit., Paris, 1877, p. 332.
Le synœcisme. 105
Avant le synœcisme, plusieurs souverainetés plus ou moins développées; elles disparaissent, et à leur place une seule souveraineté, un seul État.
Avant la sympolitie, plusieurs souverainetés qui vont subsister, mais en se subordonnant à une nouvelle souveraineté prédominante.
Avant le périœcisme, plusieurs états qui disparaissent devant un seul État, dont ils sont les sujets.
Enfin, dans la ligue, des états qui s’associent dans un but détermine.