Unité du droit de cité
On les retrouve encore à Mégare, Calymna, Cos, Corcyre, Agrigente, Argos (en plus la phylè des ᾿γρνάϑιοι); en Crète, les Dymanes, par exemple, à Hiérapytna et les Hylléens à Cydonia;! et c’est cette diffusion des trois phylai dans les cités doriennes qui nous permet d’afhrmer leur présence à Sparte.? Le législateur les garde donc et c’est à l’intérieur de ces grands cadres qu’il opère un classement nouveau: à Sparte, 27 phratries, peut-être 9 dans chaque phylè.$
Les villes arcadiennes nous offrent des exemples de synœcisme entre peuplades.
À Maniinée, l'État fut fondé, probablement à la fin du Ve siècle, par cinq villages, puis «diœcisé» en 385, enfin reconstitué après la bataille de Leuctres. Nous possédons une inscription qui nous fait connaitre les cinq phylai de ce second synœcisme: ἐπ᾿ AAéac, Ἐνυαλία, OnAoduia, Ποσοιόδλία, Favaκισία."
Les désignations ont un caractère religieux.
A Mégalopolis, le synœcisme se fit en 371, après la bataille de Leuctres. Pausanias® énumère les peuplades qui y prirent part et les bourgades de ces peuplades. Il nous donne ainsi une idée très nette de l’organisation de l’Arcadie: des peuplades qui occupaient un certain nombre de bourgs et de villages. 1] cite les peuplades des Maïnaliens, parmi les dix bourgs de ceux-ci, notons Pallantion; les Aigytoi; les Eutrésioi, parmi leurs bourgades, les Tricolonoi; les Parrhasiens, parmi lesquels les Lycosouriens, les Trapezountioi ; les Xynoureis, parmi les bourgs de ceux-ci, je remarque les “υκαιᾶται et Aliphéra; trois villes dépendant d’Orchomène; la Tripolis, c'est-à-dire un groupe de trois villes, parmi lesquelles Dipoina. En tout, son texte porte 48 villes et bourgades.f
1 Busolt, Sfaatsaltertümer, p. 121, n. 5. Voir surtout Szanto, Die griech. Phylen, qui ἃ réuni tout ce que l’épigraphie nous apprend sur les phylai doriennes. Cf. aussi Haussoullier, Mélanges Renier, p. 359.
? Il n'y a aucun témoignage formel de la présence de ces phylai à Sparte; mais elles y existaient certainement, puisqu’on les rencontre dans un si grand nombre de cités doriennes, cf. Gilbert, I, 42.
8 27 phratries d’après Démétrius de Skepsis, Athen., IV, 141 E—F.
4 Ch. Michel, 614. ΠῚ 27:
6.1] y ἃ une lacune dans les bourgades des Aïigytoi: Diodore dit
110 Le synœcisme.
Pausanias raconte ensuite comment s’exécuta le synœcisme. Ce ne fut pas sans difhcultés: les Lycaiatai, les Lycosouriens, les Trapezountioi, les Tricolonoi firent des résistances, mais une partie d’entre eux fut contrainte par la force; ! les Trapezountioi émigrèrent à Trébizonde dans le Pont-Euxin, les Lycosouriens se mirent à l’abri dans leur célèbre sanctuaire; «de toutes les autres villes que j'ai citées, les unes sont aujourd’hui désertes, les autres sont devenues des kômai de Mégalopolis», τὰς δὲ ἔχουσιν ot Μεγαλοπολῖται κώμας, et il nomme sept villes ou bourgades, parmi lesquelles Dipoina. Pallantion et Aliphéra restèrent indépendantes.?
Nous connaissons les noms de deux séries5 de phylai qui se sont succédé à Mégalopolis. La première, du IVe siècle, était de six phylai; il reste les noms que voici: Aopxadoiac, ᾿Ιπολλωνίας, Παναϑανείας, “Πρακλείας, Πανίας, ['Holaialg]. La seconde, de cinq phylai, appartient à la fin du Ille siècle: φυλὴ Mouvaiior, Πυκαειτῶν, Παῤῥασίων, Πανιατῶν, Απολλωζ[ζνια]τῶν. Dans la première série, les phylai sont dénommées, comme ἃ Tégée et à Mantinée d’après des divinités; dans la seconde apparaissent des noms de peuplades, Mainaliens, Parrhasiens.
Ces deux synœcismes appellent quelques observations. D’abord, ils se font dans la nation arcadienne: ce sont des peuplades appartenant à cette nation, qui se réunissent en groupes séparés, à Mantinée, à Mégalopolis et nous allons citer Héraia etuFéègée
La nation n’existe qu’au point de vue religieux: les Arcadiens honorent tous ensemble Zeus Lykaios. Plus tard, ils se constitueront en une unité politique par le moyen d’une confédération.
seulement que Mégalopolis absorba 40 χῶμαι des Maïnaliens et des Parrhasiens, XV, 72.
2 Il est curieux de constater comment l’histoire se répète aux mêmes lieux. Je lis dans le Guide en Grèce?, publié par Joanne, Il, p. 237, à propos de Tripolitza: «c’est une ville moderne, construite, comme son nom lindique, des débris des trois antiques cités de Pallantion, Tégée et Mantinée. Elle fut fondée vers 1770 et devint, sous les Turcs, la résidence du pacha de Morée.»
3 Szanto, Die griech. Phylen, p. 30.