II. Unité du droit de cité
Ensuite, dans ces peuplades, avant le synœcisme, les cadres gentilices se sont brisés: toute cette hiérarchie en phylai, phratries, genë, était trop savante et trop compliquée pour elles. Ou plutôt, des peuplades, comme les Mainaliens, peut-être de formation relativement récente, ne l’ont jamais possédée; tout au plus quelques restes de l’organisation primitive, commune à tous les Grecs, se sont-ils conservés chez eux.
Lors de ces synœcismes, il fallut faire du neuf. Dans les deux cités, le système fut le même: les phylai furent désignées d’après des divinités, plus tard et en partie seulement, à Mégalopolis, d’après des peuplades. |
Quel fut le principe suivi: le principe gentilice ou le principe territorial? Le premier, sans aucun doute. Il est vrai qu'à Mantinée le synœcisme fut exécuté à la lettre; on aurait pu parquer les habitants des diverses bourgades dans des quartiers séparés; mais il faudrait admettre que la phylè, circonscription territoriale, n'aurait compris que la ville, laissant en dehors toute la campagne. L'exemple de Mégalopols est décisif: ici le transfèrement des citoyens dans la ville ne put être complet; certaines bourgades continuèrent à être occupées à titre de dèmes de Mégalopolis. Cependant leurs habitants faisaient partie des phylai; celles-ci ne représentaient donc pas des quartiers de la ville. Elles ne pouvaient être que des divisions gentilices où les individus étaient groupés d’après leur origine.
Il faut rappeler ici ce qui a déjà été dit et se vérifiera encore à propos de Cos: dans l’organisation gentilice, il peut y avoir des communes ou dèmes; mais elle se différencie de l’organisation territoriale en ce qu'ils ne sont pas à la base du système: ils sont à côté de la cité.
Comment ces phylai se subdivisaient-elles? Nous Εἰ βοϑονίβι Peut-être même, ne se subdivisaient-elles pas.
Le synœcisme de Héraia, d’après Strabon,? associa en un état neuf dèmes: il se fit vers le milieu du IVe siècle.
1 Notons l'existence de patrai, dans la ville arcadienne de Gortys: ἃ πάτρα τῶν Προσυμναίων Nixoudynv Ἀριστοϑέμιτος dudovynoacay, CIG, 1535; mais nous ignorons à quelle époque remonte leur établissement, peut-être seulement à l’époque de la fondation de cette cité.
NUE -p1337:
118 ΤῈ synœcisme.
Nous ignorons la date du synœcisme de Tégée: nous savons seulement qu’il porta aussi sur neuf dèmes. Quatre phylai sont citées dans CIG, 1513, 1514: Ἱπποϑοῖται, ἐπ᾿ Adavaiar, Κραριῶται, Ἀπολλωνιᾶται."
On a voulu voir dans ces phylai des quartiers de la ville dénommés d’après la divinité du sanctuaire principal;? mais n’étaient-elles pas plutôt gentilices comme à Mantinée et à Mégalopolis? Le point reste incertain, puisque nous ignorons si elles remontent au synœcisme primitif ou si elles ont été introduites après coup.
Ajoutons deux mots sur l’organisation de Cyrène et d'Éphèse, bien qu’il ne s’agisse pas, à proprement parler, dans ces deux cas, de synœcismes. Si nous nous y arrêtons, c’est qu’ils nous permettent de relever d’intéressantes applications du principe gentilice.
Cyrène. À la fondation de l’État prennent part des Grecs provenant de diverses régions; le synœcisme n’efface pas ces différences d’origine: chaque nation est rangée à part. Trois phylai, d’après l’origine des immigrants, celle des Théréens et des habitants des villes voisines, celle des Péloponésiens et des Crétois, celle des insulaires.$ C’est bien encore le principe gentilice ou personnel. Les individus s’offrent au fondateur de la Cité comme une matière qu'il dispose à son gré. Et cet exemple nous permet d’écarter la conclusion inexacte que l’on a si souvent tirée des noms des phylai: que ces noms soient pris à des peuplades ou même à des lieux, il n’en résulte pas du tout qu’elles soient locales. Ces noms marquent l’origine des individus ou rappellent l’endroit où ils habitent.
De même à Éphèse, cinq phylai: Βεμβινεῖς, Εὐώνυμοι, Ἐφεσεῖς, Καρηναῖοι, Τηϊοι; ces deux dernières représentent l’appoint de Karènè et de Téos à la fondation de la ville.ÿ Les phylai se subdivisaient en chiliastyes, nous en connaissons
1 — Ch. Michel, 888; Paus., VIII, 53, 6 cite les 4 phylai: KAaρεῶτις, Ἱπποϑοῖτις, Ἀπολλωνιᾶτις, ᾿Αϑανεᾶεις.
2 En dernier lieu, Bérard, BCH, XVII p. 1.
3 Herod., IV, 161.
4 Szanto, Griech. Phylen, commet fréquemment cette erreur.
5 Ephoros, ap. Steph. Byz., 5. v. Bévva.