II. Unité du droit de cité
plusieurs, entre autres cinq qui appartiennent à la phylè des Ἐφεσεῖς; ce sont les ‘Ploduou], “εβέδιοι, Ἀργαδεῖς, Βωρεῖς, Οἴνωπες. Partout donc l’idée de races mème dans les subdivisions: on remarquera spécialement les Aoyadets qui répondent à la phylè athénienne de ce nom. D'autre part, dans la phylè des Téiens, nous connaissons les Χιλιαστύες ‘Hyntoρείων, Ἐχεμπτολεμέων, Εὐρυπόμπου, dénommées, dit Scheffler,! d’après les chefs des immigrants Téiens.
B. Les synoecismes entre états, avec application du principe territorial.
J'ai essayé, dans le mémoire précédent, de montrer comment la Cité fut fondée à Athènes par la réunion de plusieurs états, et comment l’on fut obligé de donner une place au principe territorial en faisant de la phylè, en même temps, une subdivision administrative du sol et un groupement de phratries.
J'ai essayé, en outre, de faire ressortir le caractère très original de l’organisation athénienne: les genè sont des institutions aristocratiques, donc toute la Cité est aristocratique ; néanmoins les non-nobles sont dans les phylai et dans les phratries, parce qu'ils sont rattachés aux genè, mais comme membres passifs, comme des éléments subordonnés à la noblesse de naissance. Qu'on ne croie pas cependant qu’Athènes présente une exception unique: on rencontrera tout à l’heure un régime analogue en Élide, et Aristote signale encore un gouvernement aristocratique, établi sur le principe de la naissance, à Apollonie et à Théra. Dans cette dernière Cité, existaient les phylai doriennes: sans doute avaient-elles pris un caractère exclusif, aristocratique.?
Α Rhodes, trois états, Camiros, lalysos, Lindos se fusionnent et leurs territoires forment les trois phylai de l’État rhodien; elles sont subdivisées en communes, donc d’après le principe territorial.
1 Scheffler, De rebus Teiorum, Leipzig, 1882, p. 11.
5 Arist., Polit., VI (IV), 4, 9 (Bekker): ἐν τούτων γὰρ ἑχατέρᾳ τῶν πόλεων ἐν ταῖς τιμαῖς ἦσαν οἱ διαφέροντες κατ᾽ εὐγένειαν χαὶ πρῶτοι χατασχόντες τὰς ἀποιχίας, ὀλίγοι ὄντες πολλῶν.
120 Le synœcisme.
Autre exemple de synœcisme entre états: Stiris et Médéon. La forme dut être territoriale, car les deux villes subsistèrent. Cependant on lit dans le paragraphe 13 de l’acte du synœcisme que les Stiriens donneront à la phratrie des Médéoniens une certaine somme d’argent et un terrain: δόντων δὲ τοὶ Στίριοι τᾷ φατρίᾳ τῶν Μεδεωνίων . : . Feldmann et d’autres comprennent que les Médéoniens entreront dans la nouvelle Cité comme une phratrie; seulement la forme dans laquelle cela est dit est bien concise, et il n’est pas impossible qu’il n’y ait eu à Médéon plusieurs phratries dont l’une était ainsi dénommée et à laquelle, pour une raison ignorée, furent accordés des avantages spéciaux.! Les anciennes phratries auraient donc été respectées, tandis que l’État sorti du synœcisme recevait une organisation territoriale.
C. La réorganisation de la Cité d'après le principe gentilice ou d’après le principe territorial.
L'organisation de la Cité à la suite du synœcisme, tôt ou tard, doit être remaniée. Très souvent, elle l’est d’après le principe territorial. Parfois, d’après le principe gentilice.
D'abord, substitution du ‘principe territorial au principe gentilice, comme à Athènes. Quelles sont les raisons de ce changement?
Voici la première: les cadres anciens renfermaient tous les citoyens, mais pas au même titre; déjà dans la nation existaient des différences de classes, des riches et des pauvres, des nobles et des non-nobles. Quand la Cité se fonde, la démarcation devient plus forte. Les non-nobles sont dans les phratries; mais ils y sont comme membres passifs; les genè sont une institution aristocratique. Les non-nobles, pour la plupart des paysans, vivent à la campagne; beaucoup sont dans les liens d’une sorte de clientèle vis-à-vis des familles riches et nobles dont ils cultivent la terre; on leur refuse les droits politiques; ils sont bien citoyens, mais, dans la Cité comme dans la phratrie, sans participation active. Alors se marque la distance
1 À Magnésie, autre procédé: ure partie des habitants de cette ville seront versés dans les phylai de Smyrne.