II. Unité du droit de cité
Avant le synœcisme, les Éléens possédaient-ils des villes? D’après Éphore dans Strabon, non; d’après Diodore, oui. Les Éléens, dit Éphore,! vivaient dispersés dans un grand nombre de dèmes; ils occupaient, d’après Diodore, plusieurs petites villes.?
Α l'État éléen, fondé en 471, il faut une organisation une: nous en connaissons le cadre supérieur, la phylè,
Quel est son caractère? Si nous le connaïssions, nous pourrions nous prononcer, tout au moins avec une forte vraisemblance, sur les éléments du synœcisme. En effet, d’après la règle que nous avons posée tout à l’heure, phylai locales, donc synœcisme d’états. Ainsi la question essentielle est celle du caractère des phylai: reprenons-la rapidement. Tout, ou presque tout ce que nous en savons nous vient de Pausanias; son texte contient plus d’une difhculté et plus d’une obscurité; néanmoins il permet de conclure au caractère local des phylai. Il faut donc supposer que les peuplades éléennes, quelque temps avant le synœcisme, avaient développé leur organisation politique et s'étaient transformées en états.
Pausanias s’occupe, au livre V, 9, 5, de l’organisation des jeux d’Olympie et en particulier du nombre des Hellanodikes. Il faut lire le passage entier: les jeux furent d’abord présidés par leur fondateur, Iphitos; après lui, les Oxylides héritèrent de ce privilège. A la soe Olympiade, 580, deux hellanodikes ὃ
une citadelle, πόλις, où avaient résidé les anciens rois de la nation. C’est autour de cette citadelle que fut fondée ou que se développa la ville, en 471. Cf. E. Curtius, Der Synoikismos von Elis, Sitzungsber. d. Akademie, Berlin, 1895.
1 Strab., VII, p. 336: la ville d'Élis n’existait pas à l’époque d’'Homère, ἀλλ᾽ ἡ χώρα κωμηδὸν wxeiro; plus tard, après les guerres médiques, συνῆλϑον εἰς τὴν νῦν πόλιν Ἦλιν, μετὰ τὰ Περσιχά, ἐκ πολλῶν δήμων.
2? XI, 54: Ἠλεῖοι μὲν πλείους καὶ μιχρὰς πόλεις οἰκοῦντες, εἰς μίαν συνῳχίσϑησαν τὴν ὀνομαζομένην Ἦλιν.
83 D’après Pausanias, le nombre deux ne fut atteint qu’en 580. Cf. Strab., VIIL p.355. Gilbert, Handbuch, 11, p. 98, ἢ. 2, admet qu’il y eut un hellanodike éléen et un hellanodike pisate, de la rère à la 28e OI. D’autres, Dictionn. Antiqu. gr. et rom., s. v. Hellanodike, croient que les deux hellanodikes apparaissent à la 28e OI.; Pisa fut exclue à la soe, comme elle avait elle-même exclu auparavant les Éléens, Paus., VI, 22, 2. D’après
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tirés au sort parmi tous les Éléens. Plus tard, neuf puis dix: ici le texte est corrompu; il fixe pour les neuf hellanodikes la 25e Olympiade, ce qui est impossible, les dix apparaissent deux Olympiades après.
Il semble que pour les dix, on puisse prendre comme date la 77e OL, 471, et par conséquent reporter les neuf à la 75e, 480. Ce serait alors à la réforme de 471, faite à l’occasion du synœcisme de cette année, que s’appliquerait peut-être le texte d’Hellanicus: il y eut d’abord, dit cet historien, deux hellanodikes, puis dix, car il y avait autant de phylai des Éléens et on prenait un hellanodike dans chacune.!
Pausanias n’a rien dit jusqu'ici des phylai, mais il continue: à la 103e ΟἹ., 368, les Éléens étaient divisés en douze phylai et l’on prit un hellanodike dans chacune. Attaqués par les Arcadiens, ils perdirent une partie de leur territoire avec ies dèmes qui y étaient situés et ainsi, à la 104€ OI, 364, ils eurent huit phylai et huit hellanodikes. A la r08e OIL, 348, on rétablit le nombre de dix, qui depuis lors est resté immuable.
Première difhculté: à un autre endroit, Pausanias parle de huit phylai; c’est à l'endroit déjà cité, où il s’occupe des courses des jeunes filles: à la 48e OL, 520, on choisit seize juges d’après les seize πόλεις. Il donne encore quelques détails, puis il ajoute: Les Éléens gardent ce régime; divisés en huit phylai, ils choisissent deux femmes dans chacune? Α quel moment placer ces huit phylai?
Reportons-nous maintenant à la 103e Ol.: douze phylai; à la 104€: huit, le territoire ayant diminué; à la r08e: dix. Pausanias, pour ce dernier chiffre, ne nous dit pas, il est vrai, si le territoire s’est accru dans l'intervalle; dans l’ensemble,
M. Glotz, Sur la date d’une inscription trouvée à Olympie, Rev. Εἰ. Gr., 1903, p. 143, l'inscription qui a été citée plus haut, Ch. Michel, 195, ne parlant que d’un hellanodike, est antérieure à 580. Cf. Philippson, Elis, dans Pauly-Wissowa, V.
1 FHG, f. 90: τοσαῦται γὰρ αἱ τῶν Ἠλείων φυλαὶ xai ἀφ᾽ ἑχάστης εἷς ἦν “Ελλανοδίχης.
2 V,16,7: Φυλάσσουσι δὲ οὐδὲν ἧσσον Ἠλεῖοι χαὶ τάλλα (lacune) ὁμως τῶν πόλεων" νενεμημένοι γὰρ ἐς ὀχτὼ φυλὰς ἀφ᾽ ἑχάστης αἱροῦνται γυναῖχας δύο.