‹ La Polis GrecqueChapitre 68 sur 83 · II. Unité du droit de cité · texte numérisé non relu

II. Unité du droit de cité

plades, du moins au moment auquel se réfère l'inscription; car à d’autres moments, il a pu y avoir union d’états. En 471, synœcisme d'états.

A Téos,! les citoyens, d’après le catalogue des archontes, CIG, 3064, étaient désignés par le pyrgos, la tour, et par la symmorie auxquels ils appartenaient. De plus, nous connaissons l'existence de la phylè des Géléontes, CIG, 3078, 3079.

Il nous reste vingt-quatre noms de symmories, un vingtcinquième mutilé. Certains de ces noms se retrouvent comme noms de lieux; néanmoins, cette subdivision n’a aucun caractère local: la symmorie est une association gentilice dont, peut-être à l’origine, tous les membres ont cohabité en certains points du territoire. Elle est étrangère au pyrgos, puisque des individus de la même symmorie appartiennent à des pyrgoi différents et que, par contre, des individus du même pyrgos appartiennent à des symmories différentes.

Qu'est-ce que les pyrgoi? Scheffler a démontré que ce ne peuvent être les équivalents des dèmes athéniens: ce sont les tours de la ville. On comprendrait aisément que la ville eût été divisée en secteurs dénommés d’après les tours; mais alors cette division locale ne s’appliquerait qu’à la ville, et il faudrait admettre que les habitants de la campagne ou des localités situées en dehors de la ville ne sont pas compris parmi les membres des pyrgoi.? |

Cette hypothèse doit être écartée: elle est en opposition avec la loi de l’unité d’organisation qui apparait dans toutes les cités grecques.

Un passage de la Politique d’'Aristote nous met sur la voie d’une explication plus satisfaisante, VII, p. 1331 a 19: ἐπεὶ δὲ δεῖ τὸ μὲν πλῆϑος τῶν πολιτῶν ἐν συσσιτίοις κατανενεμῆσϑαι, τὰ δὲ τείχη διειλῆφϑαι φυλακτηρίοις καὶ πύργοις κατὰ τόπους ἐπικαίρους, δῆλον ὡς αὐτὰ προκαλεῖται παρασκευάζειν ἔνια τῶν συσσιτίων ἐν τούτοις τοῖς φυλακτηρίοις.

On pourrait donc croire que les pyrgoi n’ont rien de local; tous les citoyens sont répartis en groupes qui correspondent aux tours de la ville, sans que l’on ait à aucun moment

1 C. Scheffler, De rebus Teiorum, Leipzig, 1882, Diss. 2 C’est ce que semble admettre Scheffler, p. 46.

138 Le synœcisme.

tenu compte du domicile. De ces groupes font également partie citadins et campagnards, et peut-être, à l’origine, ont-ils un certain caractère militaire.

Chacun d’eux est préposé à la garde d’une tour; les membres se réunissent dans cette tour ou dans le voisinage pour le culte ou pour des fêtes.

La phylè forme sans doute le degré supérieur de lorganisation: de l’organisation en symmories ou de l’autre? Probablement de toutes les deux; mais où placer la phylè des Géléontes? Nous l’ignorons. Son nom indique, semble-t-il, une institution ancienne; on serait donc tenté de la mettre en rapport avec les symmories qui paraissent plus anciennes que les pyrgoi. Mais rien de certain ne peutêtre dit sur ce point.

Ainsi, à Téos, les citoyens auraient été répartis successivement dans deux classifications: les symmories et les pyrgoi, du même caractère gentilice ou personnel, subsistant côte à cote.l

Sparte. L’étude de l’organisation de cette Cité présente des difhcultés spéciales. Nous sommes sans renseignements précis pour la période la plus brillante de son histoire: ce n’est qu'aux derniers siècles avant notre ère qu’ils apparaissent; mais encore est-il malaisé de les mettre tout-à-fait d’accord.

Démétrius de Skepsis? (début du Ile siècle avant J. C.) décrit la fête des Carnea et insiste sur le caractère militaire qu’elle présente: ïl y a, dit-il, neuf τόποι que l’on appelle σχιάδες; on y édifie des constructions semblables à des tentes où neuf hommes mangent ensemble; tout se fait d’après des ordres donnés par l’intermédiaire de hérauts; chaque skias comprend trois phratries et la fête des Carnea dure neuf jours. Donc, il y avait, à Sparte, 27 phratries groupées trois par trois, ce qui pourrait faire croire à l’existence de neuf phylai, gentilices, comme l’étaient certainement les phratries. Mais nous

1 D’après J. P. Rogers, Americ. [. Arch., 1905, p.420, les nvoyou seraient ces énormes blocs de marbre taillés en gradins dont on a signalé une vingtaine autour de Téos: leurs parois multipliées à dessein auraient servi à graver les noms des habitants de chaque dème qui aurait fini par prendre le nom de πύργος (cité d’après Bull. épigr., Rev. ΕἸ. gr., 1907, p. 75).

2#Athen., ΤῊ; ΡῈ τ ἘΕ:

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