CHAPITRE QUATRIÈME
LE PÉRIOECISME.
Je lai déjà défini: c’est simplement l’assujettissement d’un état à un autre état, ou à une confédération, ou à une ligue.
Cet état n’est plus qu'un village qui gère ses intérêts locaux, sans prendre aucune part à la gestion des intérêts généraux.l Telle est la situation des bourgs de la Laconie et celle des villes de l’Argolide et aussi des bourgs de l’Élide.? Telle est celle de l’ancienne cité d’Aegosthènes, devenue une kômèë des Mégariens.®
D’après M. Ed. Meyer,‘ le périœcisme est la phase par laquelle tous les états grecs, sauf ceux de l’ouest (Élide, Achaïe, Phocide, Locriens-Ozoles, Doriens, Acarnaniens, Étoliens, etc.), ont passé. La ville principale domine sur le plat pays et sur les bourgades; les habitants de celles-ci sont libres personnellement, ont leur droit local, peut-être même administrent librement leurs intérêts locaux; mais, privés de tout droit politique, ils sont les sujets de la capitale. Et pour donner des exemples, comme Romani répond à Latini, ainsi ϑηναῖοι à Ἀττικοί, Σπαρτιᾶται à Λακεδαιμόνιοι, Θηβαῖοι à Βοιωτοί."
Je ne puis admettre cette façon de voir: le périœcisme ne se produit généralement qu'après une conquête, il est l’œuvre de la force. La subordination des paysans athéniens n’est pas de même nature. En Béotie, autre situation encore; ici, ligue avec hégémonie. Les faits se ressemblent à certains égards; mais ils réclament des définitions juridiques différentes.
1 Isocr., Panath., 179: ὀνόμασι μὲν προσαγορευνομένους ὡς πόλεις οἰχοῦντας, τὴν δὲ δύναμιν ἔχοντας ἐλάττω τῶν δήμων τῶν παρ᾽ ἡμῖν.
nu 1 2ς: Xenm, Hell, 111 2, 23.
8 Ch. Michel, 166.
4 Forschungen, T, p. 305.
5 Ἀττιχός n'a jamais pu être un nom de peuple, comme le reconnaît Ed. Meyer, Forschungen, IX, p. 516.
180 Le Périœcisme.