I. Le synœcisme
Je me range donc à l’opinion de Thucydide et j’admets un synœcisme très différent de celui de Sparte: entre états et non pas entre quatre tribus représentées par les phylai.t
Philochore? donnait la liste de ces états: il y en avait 12; Décélie, Éleusis, etc. Je remarque dans cette liste, pour ne citer que cet exemple, Tétrapolis qui était une association de villages, σύστημα δήμων, plutôt qu’une ville ou un état: rien n’empêche d'admettre que réellement dans l’État athénien entrèrent de semblables groupes de dèmes en même temps que des πόλεις proprement dites, des peuplades en même temps que des états.
Ces états et ces peuplades avaient tous la conscience d’appartenir à une même nation. L’unité supérieure ne s'était pas brisée: elle continuait à s’afhrmer par des cultes communs à tous les habitants de l’Attique. Le synœcisme consolida ces liens en substituant la cité à la nation.
Ensuite, comme nous le verrons, le fondateur de la Cite reprit, pour en former les cadres, ce qui subsistait de l’ancienne organisation gentilice de la nation.
Ensuite encore, le synœcisme n’embrassa pas du premier coup tous les habitants de l’Attique: il semble notamment qu'Éleusis résista longtemps à l'absorption.
Enfin, le synœcisme n’eut pas de grandes conséquences géographiques. Cependant la ville d'Athènes, devenue le siège du gouvernement, vit s’accroiître le nombre de ses habitants: les eupatrides y bâtirent leurs palais à côté de celui du roi, ou du moins prirent l'habitude de fréquenter la ville pour y exercer leurs droits politiques.
1 Meier, De Gentilitate attica, Halle, 1832, p. 9, écrit: «antequam haec oppida in unam civitatem conjungerentur ne potuisse quidem divisionem institui quae sive Atticae totius sive incolarum omnium esset.»
2 Strab., IX, p. 397: le texte porte 11 noms.
8 Wilamowitz, Arist. u. Athen, 11, p. 38.
10 L'organisation de la Cité athénienne avant Clisthènes.