‹ La politique allemandeChapitre 36 sur 68 · LE GOUVERNEMENT ET LES PARTIS · texte numérisé non relu

LE GOUVERNEMENT ET LES PARTIS

les. Aucun gouvernement ne peut travailler éternellement avec la môme majorité. Ce qui s'y oppose, ce sont les rapports réciproques des partis, le doctrinarisme de la plupart d'entre eux, leur tendance à entrer de temps en temps dans l'opposition pour cause de popularité, enfin la multiple diversité des tâches gouvernementales qui ne peuvent être accomplies qu'en partie avec une 'majorité déterminée. Dans Tintérêt d'une politique satisfaisant autant que possible la nation entière, il n'est pas bon non plus qu'un des partis avec lesquels on peut travailler utilement et dans l'intérêt de l'Etat, se tienne à l'écart de toute, collaboration. Pour tous les partis, il est salutaire de participer au travail législatif. Ceux qui persistent longuement dans l'opposition et dans un rôle négatif, et que le gouvernement laisse dans cette posture, s'ankylo.sent finalement dans les articles de leur programme, et retirent, tant qu'ils ne se meurent pas, des forces précieuses au corps vivant de notre vie politique. Voilà dans quelle impasse s'était fourvoyée, au cours des dernières décades d'années, en face d'importantes questions vitales pour la nation, l'aile gauche de notre libéralisme. Il fallait, dans l'intérêt de la nation, tenter de ramener le libéralisme radical dans le rang. Ce résultat fut obtenu par la politique du bloc; il sur\'it à cette politique, puisque, ces jours-ci, le libéralisme radical ne s'est pas abstenu et a voté l'augmentation très sensible de notre armée.

Bûlow.

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La politique du bloc.

Le groupement de partis, désigné sous le nom peutêtre pas très heureusement choisi de bloc, terme emprunté au vocabulaire des parlementaires français, fut un événement non seulement d'une importance particulièrement typique, mais aussi d'une valeur instructive. Cette question : l'ère du bloc a-t-ellc été plus qu'un épisode, je ne tiens pas à la discuter à fond ici, déjà parce que je n'aime pas faire le prophète. Il est incontestable que les événements pourront toujours ramener une situation sinon identique, du moins analogue. Cela ne veut pas dire que la politique du bloc se recommande comme une panacée pour n'importe quelle situation de politique intérieure. Je savais d'avance que cette combinaison serait d'une durée très restreinte, parce que je n'avais jamais admis dans mes calculs une durable exclusion du Centre. Mais cette époque par trop courte me paraît jeter une lumière particulière sur les problèmes les plus importants de notre politique intérieure. Ces problèmes si importants sont pour moi et la grande majorité de mes concitoyens : les questions nationales et la lutte contre la démocratie sociale. A côté de cela, il y a certes encore une masse d'autres problèmes. Mais leur solution ne remplacera jamais la solution de ces grands problèmes. Examinée à fond et bien comprise, notre politique intérieure est finalement subordonnée à ces deux grandes questions.

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