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LA POLITIQUE DU BLOC

jorité. Mais, abstraction faite de cette raison immédiate, un changement dans le groupement et la puissance des partis me parut absolument désirable, à moi et à un nombre imposant de mes concitoyens patriotes.

On a dit qu'en 1907 nous étions partis en campagne contre le Centre et que nous avionà pour ainsi dire par hasard battu les démocrates-socialistes. C'est évidemment une idée qui ne tient pas debout. Quand le gouvernement provoque de nouvelles élections, il ne part pas en guerre contre un parti isolé, il veut obtenir une modification de la majorité. Les élections du cartel en 1887 ne prirent pas un autre cours que les élections du bloc vingt ans après. Le Centre sortit indemne de ces deux élections. Mais toutes deux remplirent leur but en démolissant l'autre parti d'opposition allié au Centre, les libéraux en 1887, les démocrates-socialistes en 1907. La lutte était dirigée contre la majorité hostile. En face de cette tâche primordiale, la question de savoir quels partis d'opposition il importait d'affaiblir pour arriver à décimer la majorité était d'une importance secondaire. Dans les élections du bloc, l'affaiblissement de la Social-Démocratie me fut plus agréable qu'une diminution équivalente du nombre des mandats du Centre. A cette époque, j'ai, de ma propre initiative, lors des ballottages, donné le mot d'ordre en faveur du Centre contre la Social-Démocratie. Sur mon intervention directe, l'ex-bourgmestre de Cologne, Becker, a imité les électeurs à soutenir le Centre contre la

Social-Démocralie. Depuis ce temps, j'ai entendu souvent dire que c'était une faute, que j'avais ainsi prêté la main à la formation d'une majorité de conservateurs et de centristes unis pour me mettre des bâtons dans les roues. Or, c'est encore aujourd'hui mon idée que j'avais alors agi comme il le fallait. D'une part, je n'avais pas l'intention d'évincer le Centre d'une façon durable; d'autre part, je ne songeais pas pour moi à l'appui de la Social-Démocratie.

Le Centre.

Le Centre, c'est la forte bastille que s'est créée la partie catholique du peuple allemand, pour se garantir contre les empiétements de la majorité prolestante. L'histoire lointaine du Centre remonte jusqu'à l'époque où, dans l'ancien Empire, en face du Corpus evangelicorum, se dressait le Corpus calholicorum. Mais tandis que, dans l'ancien Empire, le catholicisme et le protestantisme se contrebalançaient à peu près, dans le nouvel Empire, le catholicisme est en minorité : à l'ancien Empire catholique a succédé un Empire protestant. Certes, la minorité catholique d'à présent a sur la majorité protestante le grand avantage d'une compacte unité. Bon prolestant moi-même, je ne conteste pourtant pas que, si les protestants ont souvent raison de se plaindre de ne pas être bien compris par les catholiques, ces mêmes protestants, de leur côté, ne se montrent pas toujours d'une tolérance suffisante à l'égard des ca-

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