LA TACHE DE
Centre, non pas une majorité nationale doù le Centre devait rester exclu, mais une majorité nationale, forte et assez solide en soi pour satisfaire aux exigences nationales môme sans l'aide du Centre. La réussite de ce plan détruisait pour le Centre la conviction corruptrice qu'il avait d'être indispensable, et elle atténuait le danger de voir se former une majorité composée du Centre et de la Social-Démocratie. Lorsque le parti du peuple, dans les votes sur les lois coloniales, s'associa aux conservateurs et aux libéraux nationaux, j'entrevis la possibilité de constituer une nouvelle majorité nationale. J'étais déjà convaincu de la possibilité d'un accommodement entre conservateurs et libéraux, je prévoyais les bienfaits et la valeur éducative d'une coopération entre conservateurs et libéraux; mais, même sans cela, j'aurais mis à profit cette possibilité ! Je remplis mon devoir en le faisant. La majorité du bloc fut constituée non contre le Centre en lui-même, mais contre le Centre parti d'opposition marchant d'accord avec la Social- Démocratie. Les élections du bloc furent comprises par la nation comme une affaire purement nationale. L'état d'âme de la nation, lorsque le coup réussit, ce ne fut pas la joie de voir triompher un parti, mais une patriotique satisfaction. Le bloc avait mûri dans les événements de politique intérieure au cours de près de vingt années. C'était une promesse pour les décades d'années suivantes, que cette conquête du dernier des partis bourgeois en faveur des tâches nationales de l'Empire.
L'idée qui inspira ce qu'on appela le bloc fut analogue à celle qui présida à la création du cartel. Je serais tenté de dire : le bloc fut la réalisation d'une vieille idée dans des conditions plus modernes, avec adaptation au changement de situation amené par le temps. Il ne fallait plus songer à un renouvellement du cartel composé de conservateurs et de nationaux-libéraux. Les anciens partis du cartel avaient été si bien pulvérisés entre les deux meules du Centre et de la Social-Démocratie qu'il n'y avait plus d'espoir de recréer en un temps donné la majorité du cartel. Afin de pouvoir, le cas échéant, se passer de l'aide du Centre pour former une majorité nationale, il fallait se rattacher le parti libéral radical. Lorsque ce parti nous tendit la main en 1906 pour coopérer au bien de la nation, le gouvernement dut prendre cette main — et la garder. Il ne s'agissait pas d'attacher un parti au gouvernement, mais de gagner un nouveau morceau de terrain pour l'idée nationale. Depuis la fondation de l'Empire, c'était la première fois que le vieux parti libéral se rangeait dans la ligne nationale. La façon dont il le fit laissait à peine un doute que ce changement de front n'était pas prévu pour un moment, mais pour longtemps. Ce qu'Eugène Richter m'avait prédit peu de temps avant de quitter l'arène politique s'était réalisé. La vraie signification du mouvement de 1906 fut parfaitement sentie et comprise dans les milieux les plus étendus, du peuple, jusqu'à ce que, plus tard, la netteté des faits fût obscurcie de nouveau, coname cela se pro-