AVANT-PROPOS XL
l'État que dans la façon de gérer les intérêts publies, — qu'un homme d'il ÿ a trente ou quarante aunces serait stupéfait des changements qui en ont été la conséquence dans la généralité des esprits. Qu'on le veuille effectivement ou non, on est forcé de remarquer qu'à beaucoup d'égards, dans le domaine des idées, durant cet espace de temps, une profonde transformation s’est accomplie chez nous.
Il n'est pas douteux par exemple que n'importe qui sent aujourd'hui que des changements sont nécessaires, et que les choses ne sauraient indéfiniment continuer comme elles marchent ; et l'on peut de plus observer que tout le monde désire pour le pays, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, une grandeur, un bien-être, d'excellents principes d’administration, dont on s'aperçoit que lon s'éloigne chaque jour davantage.
Mais la chose la plus singulière, au nulieu de tout ce travail d’aspirations et de désirs, c'est que les sentiments patriotiques l'emportent avec tant de puissance, surtout dans les rangs des monarchistes, qu'on rencontre actuellement de plus en plus d'hommes qui sont disposés à se détacher des questions de forme, auxquelles leurs pères auraient jadis aveuglément tout sacrifié, mème le fond. Aussi dans celte circonstance est-il permis d’aflirmer que jamais
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