‹ La politique coloniale sous l'ancien régime [microforme]Chapitre 19 sur 126 · ALGÉRIE, TUNISIE, COCHINCHINE, TONQUIN, ETC · texte numérisé non relu

ALGÉRIE, TUNISIE, COCHINCHINE, TONQUIN, ETC

et des soldats dont il a fallu faire les frais avant d'arriver au deuxième traité de Tien-Tsin? Qui pourrait nous dire, d'autre part, ce que nous coûteront encore de sang et d'argent l'organisation et la pacitication du pays ? Puis, lorsque la paix n'y sera plus troublée, et que le commerce et la production auront repris partout, est-il bien certain qu'il ne faudra pas encore de longues années avant que le Tonquin puisse lui-même pourvoir à ses dépenses, et n'est-on pas en droit de supposer qu'il ne compensera jamais d'une manière appréciable les sacrilices énormes que nous avons dû faire pour lui, durant trois années, en raison de la déplorable direction donnée aux opérations ?

Sans doute, nous ne disconvenons pas qu on pourrait nous objecter ici que le régime des protectorats aura pour conséquence de produire, en Tunisie et au Tonquin, des résultats tout autres que ceux auxquels nous devrions nous attendre, si lon devait appliquer à ces pays la politique coloniale que nous avons suivie en Algérie, au Sénégal ou en Cochinchine, Cependant, comme, après tout, ces résultats sont encore dans les contingences de Favenir, et comme l'existence du régime des protectorats, datant

encore à peine d'une année, est elle-même soumise

ù tous les aléas de notre instabilité ministérielle, on 1,

ee me

cm TNT

10 NOTRE POLITIQUE COLONIALE AU XIXe SIÈCLE

comprendra que nous n'ayons point à en tenir compte ici, et que nous discutions uniquement la façon dont nos gouvernements en matière coloniale se sont conduits depuis la Révolution jusqu’à nos Jours.

Après ces aperçus rapides sur chacune de nos principales extensions coloniales au xix° siècle, il est manifeste, à moins d’être tout à fait dénué de bon sens, qu'on ne peut que partager Favis des économistes, c’est-à-dire des hommes dont la spécialité consiste à raisonner sur le doit et l'avoir de la société, lesquels, comme on l'a vu dans les débats qui ont eu lieu de 1882 à 1885, se sont pour la plupart déclarés hostiles à toute politique coloniale et à toute nouvelle acquisition de colonies. Chiffres en main, en effet, il est indiscutable, par l'exemple de l'Algérie, de la Tunisie, de la Cochinchine, du Ton: quin, ete., que des colonies ne sauraient être pour nous, à proprement parler, que des possessions de luxe, qu'on ne les acquiert qu'à des prix exorbitants et qu'elles ne rapportent jamais le revenu de ce qu'elles ont coûté, Aussi la conclusion logique qu'ils ont, avec juste raison, tirée de la connaissance des faits, a-t-elle été qu'une politique coloniale, poursuivie par la France sur une certaine

0, rien qu'au point de vue budgétaire, ne pou-

Page 1