‹ La politique coloniale sous l'ancien régime [microforme]Chapitre 24 sur 126 · DNS SERRES · texte numérisé non relu

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s'était. elle répandue en Europe des richesses immenses que Portugais et Espagnols tiraient de leurs possessions des Indes, que ç'avait été chez tous les esprits entreprenants du vieux monde un mouvement général pour se rendre dans les mêmes contrées.

Mais tous s'étaient heurtés à une interdiction absolue de la part de l'Espagne et du Portugal, lesquels, s'appuyant sur la bulle de 149%, s'arrogeaient le droit exclusif d'aller dans ces contrées pour y faire le commerce ou y coloniser. Les prétentions de ces deux pays à cet égard étaient de telle sorte et si entières, que, par le fait, les Indes orientales et les Indes occidentales se trouvaient absolument fermées aux nationaux de tous les autres États européens.

Nombre d’historiens se sont étonnés qu'à la Renaissance ct après, l'Espagne ait été de parti pris et systématiquement inféodée à la cause catholique. Les uns en ont cherché le motif dans la lutte séculaire qu'elle avait soutenue précédemment, au nom de la ‘oi chrétienne, contre les Maures, les autres dans le sombre fanatisme de sa dynastie, les autres enfin dans une prétendue impossibilité congénitale où seraient les Espagnols de raisonner leurs croyances et par suite de s'en dégager, Qu'il y ait eu de tout cela un peu, c'est possible; en tout cas, nous ne faisons aucun” difficulté de l’admettre. Mais toutes ces rai-

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sons, si tant est qu'elles aient existé, furent dominées alors selon nous par une autre, d'un ordre exclusivement économique et politique, Comme la grandeur de la Couronne espagnole, ses richesses, la source elle-même de sa puissance, résidaient dans ses colonies, et comme, d'autre part, ses titres de propriété sur ses colonies lui venaient uniquement d'une concession papale, ne conçoit-on point l'intérêt primordial qu'il y avait pour elle au maintien de la papauté? Il tombe, en effet, sous le sens que tout ébrantement du pouvoir papal aurait fatalement cu pour conséquence la mise en discussion ou en doute de ja validité des droits dont elle se targuait sur le nouveau monde, puisqu'elle ne les tenait que du Vatican. Nous ne voulons pas insister davantage sur ce point. Mais on sent à quels grands mobiles politiques dut obéir l'Espagne dans ces terribles années de la Réforme, Qu'elle le voulût ou non, sa for- Lune entière et sa destinée étaient engagées dans la défense du catholicisme romain et dans sa durée; elle devait tout faire au monde, et ne pas hésiter devant les plus grands crimes de lèse-humani €, pour que la papauté triomphât quand même de ses ennemis.

Si l'on tenait, du reste, à se faire une opinion des obstacles irritants que la bulle de 1494 apporta à

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